Titre : A nouveau
Disclaimer : peut-être que Konomi-sensei me les offrira en échange de roses des sables ?
Petite note : J'avais dit que c'était nul ! (et la première personne qui me dit que Oishi est OOC.... baaaaaah euh... il a une bonne raison de l'être ???)


1.

Je m'appelle Oishi Shûichirô, j'ai 15 ans.
En fait je suis né le 30 avril. Ca fait de moi un taureau. Et mon groupe sanguin est O.
Je suis en troisième et je vis avec mes parents et ma petite soeur.
Ce que j'aime ? Les poissons, j'en ai dans deux aquariums différents dans ma chambre. J'aime aussi la natation, mais mon sport favori est le tennis.
D'ailleurs je suis le vice-capitaine de l'équipe de mon collège. Un joueur de doubles.

Ce sont en gros les informations que j'ai pu recevoir, en deux semaines.
Oh, bien sûr, on m'en a dit bien d'autres : les prénoms de mes cousins, le chemin pour aller en cours et mon goût prononcé pour les karaage, mais il faut savoir se limiter.

Ca fait deux semaines.
Que je me suis réveillé.
A vrai dire, je n'ai dormi que deux jours, mais ce réveil-là a été dur.
Le constat à mon réveil était :
- beaucoup d'hématomes sur le flanc gauche qui commençaient déjà à prendre de jolies couleurs et qui me font encore bien mal deux semaines après
- une paralysie de deux doigts de la main gauche, heureusement pas les plus utiles *pas très envie de me faire opérer, mais le docteur a dit que ce n'était pas encore certain que ce soit une obligation*
- un traumatisme crânien engendrant de nombreux vomissements (qui se sont heureusement arrêtés au bout de deux jours environ) et une perte de mémoire massive.
C'est bien cet élément-là le plus gênant. Je ne me souviens plus du tout des gens, ou des situations que j'ai vécues. Bizarrement je suis encore capable d'écrire ou de résoudre une équation, même si je suis incapable de dire en quelles circonstances j'ai appris à faire ça. Et à côté de ça j'ai été incapable de reconnaître ma mère à mon réveil.
On m'a dit d'être confiant, que ça reviendrait. Que ça revenait souvent dans le même genre de cas.
A vrai dire, je suis confiant, même si je me contente très bien de la vie que j'ai.
Bien sûr, il faut que je réapprenne à quel point ma petite soeur peut être énervante quand on la contredit, mais ça n'a pas été désagréable de se réveiller et de se découvrir une vie pour le moins sympathique.
C'est un peu comme si ça ne faisait que deux semaines que je les connaissais, mais j'adore déjà mes parents (et ma petite soeur aussi).
Et puis ma mère fait de ces karaage.

En plus, je suis le vice-capitaine d'une équipe de sport qui a remporté le tournoi national cet été. Il y aurait de quoi être fier, mais on m'a dit que j'étais d'un naturel modeste. Je suis encore en train de me demander si c'est feint ou naturel.
Parce que bon, je suis plutôt fier d'avoir remporté les nationales, même si je ne m'en souviens pas.

Je ne prends peut-être pas cette perte de mémoire assez sérieusement.

En fait j'ai cherché un journal quelque part dans ma chambre pour voir si je n'avais pas eu la bonne idée d'écrire ma biographie avant l'accident, mais ce n'était malheureusement pas le cas.

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Aujourd'hui, j'ai redécouvert un petit appareil qui m'a fait me poser l'une ou l'autre question. Mon téléphone portable.
D'ailleurs je suis allé demander à ma mère, vu qu'elle reste avec moi toute la journée depuis mon accident.
A vrai dire, elles étaient simples, mes questions : je voulais juste savoir qui étaient les gens dont j'avais les numéros en mémoire.

D'après ma mère, et parmi ceux qu'elle connaissait, le répertoire se constituait de numéros appartenant à :
- ma famille
- des camarades de classe
- des camarades de club
- deux magasins où j'achetais des trucs pour mes poissons.

De là, j'ai déduit :
- que j'aime les liste à tirets (c'est beau de redécouvrir les petits éléments de sa personnalité propre)
- que je suis grave au point d'avoir le numéro de magasins d'accessoires pour aquarium en mémoire dans mon portable.

Ma mère a tout de même pu me donner des détails sur trois personnes qu'elle pensait être proches de moi (je vous épargne les tirets).

Kikumaru Eiji est mon partenaire de doubles. Il est venu plusieurs fois à la maison. C'est un garçon rieur et enjoué, avec qui je m'entends apparemment plus que bien. Ma mère doit dire des quelques matchs qu'elle nous a vus jouer ensemble qu'elle a trouvé que nous formions une très bonne équipe. D'ailleurs on nous appelle la Golden Pair.
(On veut vraiment me faire croire que je suis modeste et que je me laisse appeler "golden" ?)

Tezuka Kunimitsu est aussi un ami du club. C'en est même le capitaine. Apparemment, je m'entends très bien avec lui depuis notre première année de collège, et lui aussi est venu plusieurs fois à la maison, surtout pour que l'on révise ensemble. De plus, il prend le même bus que moi pour aller en cours, et nous faisons fréquemment le chemin ensemble. D'après ma mère, c'est un garçon calme à l'air très sérieux, et elle ne l'a jamais vu sourire. Par contre, elle doit dire qu'il n'est pas capitaine du club de tennis pour rien et qu'il est très très impressionnant sur un court de tennis.

Harada Emi est une camarade de classe. En fait, nous sommes tous les deux délégués, et, elle aussi, fait partie des gens que j'ai déjà ramenés à la maison. Comme c'est d'ailleurs la seule fille dans le cas, ma mère se demande si ce n'est pas ma petite amie, mais c'est juste une supposition.
A cette déclaration, j'ai quand même senti mon coeur se serrer, parce que si j'avais vraiment une petite amie et que je l'eus oubliée, ç'aurait été... triste, non ? En plus ça lui aurait sûrement fait de la peine...

En tout cas, les trois ont appelé à diverses reprises pour prendre des nouvelles pendant ma convalescence, ainsi que d'autres amis.
Vu mon état, le docteur avait tout débord interdit des visites hors de la famille. Surtout de la part d'autres enfants de mon âge.
Apparemment, ça peut être mauvais dans certains cas.
Pourtant, hier, il a déclaré que je pouvais tenter de voir plus de monde. Apparemment, je ne prenais pas ma perte de mémoire de façon traumatisante et je n'allais pas me trouver mal en présence d'autant de personnes me connaissant mais que je ne connaissais pas.
J'ai demandé à mes parents à retourner en cours. Si j'allais revoir mes amis, je voulais tous les voir. Je voulais voir à quoi ressemblait ma -probable- petite amie, combien Tezuka Kunimitsu pouvait être bon au tennis et si les gens m'appelaient vraiment Golden Quelque chose.

J'avais l'aval du docteur et mes parents savaient qu'au moindre problème, je n'aurais qu'à rentrer à la maison, ce qui fait que j'ai eu l'autorisation.

Dans quelques jours, je pourrais retourner en cours.

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Mes parents ont prévenu l'établissement. Mon professeur principal ainsi que l'entraîneur du club ont fait passer le mot de mon accident et de ses conséquences auprès de mes petits camarades, avec le mot d'ordre de ne pas me harceler.

Trouver l'école n'a pas été si facile que ça.
Le plan de mon père était à moitié faux, mais il m'a suffi de suivre quelques élèves portant le même uniforme que moi.
Je me demandais sincèrement qui je pouvais connaître ou pas, quels étaient mes amis, mes ennemis... Avais-je seulement des ennemis ? D'après ma famille, je suis un garçon tellement aimé que c'en est dur à croire...

Ce ne fut qu'une fois dans l'enceinte de l'école que j'entendis le cri fatidique que j'attendais.

- Oishi ! Ca va mieux ?

Quelqu'un qui me connaissait.
Etait-ce mon partenaire de doubles ? Ou bien le fameux capitaine inébranlable ?
Je me tournais vers le garçon, qui était un peu plus petit que moi, avec les cheveux d'un noir brillant.

- Euh...

Vu le nombre de personnes dans le collège, j'avais une chance sur 500 de trouver le bon nom du premier coup.
J'aurais peut-être dû réfléchir à quoi dire dans ce cas-là.

- Tu vas être en retard si tu ne t'actives pas ! On a Satô en première heure !

Ah, Satô-sensei, c'était un de mes professeurs, on m'avait dit.
Au même moment, je réalisai n'avoir aucune idée d'où se trouvait ma salle de classe.

- Euh... hmm...

Tout à coup, le jeune homme face à moi sembla avoir un éclair de génie.

- C'est vrai que tu as perdu la mémoire ?

Je rougis légèrement, un peu mal à l'aise.

- Hmm. Oui. Je... en fait je ne sais plus où est notre classe.

Le garçon éclata de rire.

- Viens avec moi. Mais dépêche-toi, le prof qu'on a en première heure est un monstre.

Ah ben ça c'était une bonne nouvelle.
Je suivais tout de même le garçon, me décidant à formuler une autre question.

- Tu... euh... tu...
- Itô Keisuke. Je suis ton voisin de classe.
- Euh... enchanté ?

Il répondit en riant à nouveau, lâchant un "moi de même" avant que nous n'entrions dans la classe.

Nous n'étions pas les premiers, et bien sûr mon entrée attira l'attention.
Surtout quand Itô Keisuke cria "Oishi est revenu", en fait.

Je ne savais plus vraiment où me mettre, ne sachant pas vraiment que faire dans une telle situation.

- Alors tu vas mieux ?
- Euh... oui.
- Takahashi-sensei a dit que tu avais perdu la mémoire, c'est vrai ?
- C'est... c'est vrai.
- Comment tu vas faire pour suivre les cours ???
- Euh... je me souviens encore de ce que j'ai appris. Juste euh... pas de ce que j'ai vécu.
- Qu'est-ce que tu as fait à tes cheveux ?
- ... hein ?

Les questions fusaient et je sentais mon coeur s'accélérer sans savoir pourquoi.
Au bout de trois questions auxquelles je n'avais pas répondu, pourtant, le brouhaha arriva à une halte, et les élèves s'écartèrent légèrement de moi, réalisant qu'on leur avait dit la veille de ne pas me harceler à mon retour.
Il était temps de prendre la parole !
J'avais remporté les nationales, j'avais une (probable) petite amie charmante, j'étais un Golden Truc-bidule... je pouvais prendre la parole devant le reste de ma classe !

- Je... euh... vous... vous pourriez juste me rappeler vos noms ? Je... enfin, je ne les retiendrai peut-être pas tous aujourd'hui, mais je vais faire un effort !

Tout le monde ou presque se mit à rire.

- Hayashi Makoto.
- Kurata Junko.
- Katsuragi Jin.
- Harada Emi.

Ah, ma probable petite amie.
Elle était plutôt mignonne, mais pas extraordinaire.
Mais elle devait être adorable pour être ma petite amie. Si elle l'était. Pour sûr je me jouais déjà un film.

En tout cas, je répondais à tout le monde avec un sourire, tâchant de me rappeler le maximum, quand notre professeur entra et tout le monde courut à sa place. Sauf moi qui ne savais plus où elle était.
Après une seconde d'hésitation, je réalisais qu'Itô Keisuke était assis près de la fenêtre et que j'étais censé être son voisin. Effectivement, une place était libre à côté de lui, et je m'y assis rapidement.

Le cours commença et se révéla être ennuyeux à mourir.
Je prenais des notes, en sachant que de toute façon, personne ne s'attendait à ce que mes résultats scolaires ne brillent après mon accident.

Je découvrais cependant bien vite que tous les cours n'étaient pas comme ça, même si les interclasses étaient à tous les coups bien plus intéressants.
Je réalisais aussi qu'au final j'étais quelqu'un de plus discret que ce que je pensais. Et de moins confiant.
Etre le centre de l'attention pouvait être agréable, mais me mettait tout de même mal à l'aise.
Je ne sais pas si c'est dû à ma perte de mémoire ou quoi que ce soit, mais je rougis facilement, et bafouille plutôt que de contredire quelqu'un.

Plus vite que je ne l'aurais cru, le repas de midi arriva. Ma mère m'avais préparé un bentô et mes camarades de classe s'étaient en partie assemblés autour de moi, me posant encore des questions... et répondant aux miennes.
Je découvrais quels avaient été mes meilleurs amis dans ma classe. J'avais vite deviné aux conversations que Harada Emi et Itô Keisuke devaient être ceux dont j'étais le plus proche, mais d'autres étaient venus s'asseoir avec nous. Peut-être des amis proches, peut-être juste des camarades curieux de mon état.

C'est là que je l'apperçus.
A la porte.
Un garçon grand, brun, qui me regardait fixement avec un air sévère.
Il devait me connaître, vu qu'il me regardait très clairement.
Je m'attendais à ce qu'il entre, si c'était un de mes amis, mais il quitta le pas de la porte au bout de quelques instants.

- Euh... vous avez vu le garçon à la porte, celui avec des lunettes ?
- Hmm. C'était Tezuka-kun.

Ah, Tezuka Kunimitsu. La légende du club de tennis.
Pourquoi il n'était pas rentré, alors ? Ou alors...

- Tezuka... Tezuka Kunimitsu ? Celui du club de tennis ?
- Celui-là même.
- ... je croyais qu'on était amis.
- Mais vous l'êtes.
- Et c'est pour ça qu'il m'a regardé avec cet air sévère sans dire un mot alors qu'il ne m'a pas vu depuis environ un mois ?

Tout le monde pouffa de rire.

- Tezuka-kun a toujours cette tête. Et il parle peu.
- ... quand même. Pourquoi il est parti ?
- Bah... il a peut-être vu que tu allais bien. On nous a dit il y a trois jours que tu allais bientôt revenir. Il est venu chaque jour à la pause déjeuner pour voir si tu étais là.
- ... ah.

Je trouvais tout de même son attitude étrange.

- Quelqu'un sait dans quelle classe il est ?
- 3e1.
- Vous croyez qu'il va le prendre mal si je vais lui parler ?

Personne ne répondit.

- Ben ?
- Tu sais, Oishi, personne ne le connaît vraiment à part toi, ici. Mais à te croire, ce n'est pas quelqu'un d'antipathique.
- ... ça me rassure, ça.

Harada Emi me fit un léger sourire.

- Tu devrais aller le voir. Il est peut-être intimidé par ton retour, c'est tout.
- Hmm.

Je me levai, me dirigeant vers la porte quand tout à coup, mon cerveau réalisa quelque chose.
Je me tournai vers mes camarades.

- Euh... la
- A droite, trois classes plus loin !

Apparemment, Itô Keisuke trouvait que mon manque d'orientation était définitivement matière à rire.

(Pourquoi est-ce que je me souviens des kanji et pas d'où est ma salle de classe, aussi ? Ca me paraît très illogique, tout ça.)

Sur le chemin, je ne croisai qu'une seule personne, qui ne m'adressa pas la parole, ce qui quelque part me rassura.
Une seule retrouvaille à la fois serait suffisant.

Je rentrai dans la salle des 3e1 et n'eus aucun mal à le repérer, assis vers le milieu, en train de lire un livre.
Je m'approchai, un peu hésitant, et il repéra mon arrivée avant que je ne lui adresse la parole.
Il posa son livre, mais ne dit rien.

... ah ben, c'était un sacré ami que j'avais là.

- Je... euh...

Comment je devais l'appeler ? Je me décidai pourtant rapidement.

- Euh... Tezuka-kun.
- ... hmm ?
- Je, euh... je t'ai vu tout à l'heure à la porte de ma classe. Tu... euh... on a dû te dire pour mon accident.
- ... oui.

................. arg.

- Et que, euh... j'ai perdu la mémoire. Mais... on m'a dit que nous étions amis alors je me suis dit que.............

C'était le moment où interrompre ma phrase, vu que je ne savais pas comment la finir, mais il semblait que Tezuka-kun (vu que j'avais penché pour cette option pour l'appeler) était muet comme une carpe.

- Tu... euh... je peux m'asseoir ?
- Bien entendu.

C'était la plus longue phrase qui était sortie de sa bouche.
Je tirai une chaise et m'asseyai rapidement, observant ce garçon qui était censé être mon ami.

- Tu... alors... on s'entend bien ?
- ... oui.
- Tu parles toujours aussi peu ?
- ... souvent, oui. Excuse-moi.
- Ah non, pardon... c'est juste que...
- Ne t'inquiète pas. Ca fait ça à tous les gens qui ne me connaissent pas.

Je sentis mon coeur se serrer à cette déclaration.
Est-ce que pour lui je ne valais plus rien si je n'avais plus de mémoire ? Ou alors je n'étais plus le même ?

- Je... pardon de t'avoir dérangé.

J'esquissai un mouvement alors que je réalisais que Tezuka Kunimitsu redeviendrait mon ami quand j'aurais retrouvé la mémoire, et sûrement pas avant.
Je sentis une main sur mon épaule avant que je n'aie eu le temps de me relever et restai à ma place.

- Pardon. Je... Je dois t'avouer que je ne sais pas quoi faire dans une situation pareille.
- Euh... est-ce que... est-ce qu'on s'était fâchés avant mon accident ?
- ... non. Pourquoi ?
- Tu donnais cette impression.

La main de Tezuka-kun quitta mon épaule.

- Ne m'en veux pas, s'il te plaît.

... tout porte à croire que je suis d'un naturel généreux.

- ... hmm. Je... ça ne te dérange pas que je te pose quelques questions ?
- Non.
- On est de très bons amis ?
- ... très. En tout cas tu es mon meilleur ami. J'ose espérer que c'est... enfin, que c'était réciproque.

Ah ben tiens, je l'avais bien choisi, mon meilleur ami.
Tout de même, je lui offrai un sourire, au moins pour le féliciter d'une phrase aussi longue.

- Depuis le début du collège, c'est ça ?
- Oui.
- Par le club ?
- C'est ça.
- Et nous sommes champions nationaux.

Tezuka-kun remonta ses lunettes sur son nez.

- ... oui.
- Je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression que c'est très important.
- ... tu as pleuré quand tu as tenu la coupe.
- ... non.
- Si.
- Je suis si sensible que ça ?
- ... hmm. Disons que tu es un peu émotif. Et tu tiens beaucoup de choses à coeur. Comme ce titre national.
- Ah ?
- Hmm...
- C'est dommage de ne pas se souvenir des matchs, alors...
- Oui, ils étaient mémorables.

Je poussai un léger soupir, me sentant un peu mal.
Au final, Tezuka-kun n'était peut-être pas si désagréable. Peut-être juste un peu laconique.
Mais il me faisait regretter ma mémoire. Il me faisait regretter le fait d'être inhabitué à son manque cruel de choses à dire encore plus que d'avoir oublié les matchs qui nous avaient faits champions, en fait.
Un petit silence s'installa, et Tezuka en profita pour boire une gorgée de la bouteille de thé qui traînait sur sa table.
C'est là que je réalisai.

- Tezuka-kun, tu es gaucher ?

Pendant une seconde, je crus lire une expression peinée dans ses yeux.
Je me ravisai aussitôt. Son expression n'avait pas changé, j'imaginais des choses.

- ... hmm.
- C'est connu que les gauchers sont forts au tennis ! On en a d'autres dans l'équipe ?
- ... un.
- Qui ?
- Echizen.
- Le garçon en première année, c'est ça ?
- C'est ça.

La sonnerie de fin de la pause-déjeuner retentit et je me levai pour retourner dans ma classe.

- ... Oishi.

C'était la première fois que j'entendais mon nom dans sa bouche.
Enfin, la première fois depuis l'accident.
Quelque part, je me disais que ce son était familier... que mon nom avait sa place, quand il était prononcé par lui.
Pour la première fois, je voulais bien croire que Tezuka-kun avait été... mon meilleur ami.

Au final, je répondis seulement par un sourire.

- Je viendrai te chercher pour aller au club. Après les cours.

Le club. Beaucoup de retrouvailles en perspective.

- ... avec plaisir.