Titre : Auprès de toi
Auteur : Flore
Pairing : Tezuka Kunimitsu x Oishi Shûichirô
Fandom : Tennis no Ôji-sama (Prince of Tennis)
Thème : #8 : our own world - futari no sekai
Disclaimer : Pas à moi T_T

Si on lui avait demandé à ce moment, Oishi n'aurait pas pu cacher qu'il était heureux.
Et il avait vraiment de quoi être heureux, vu qu'il était amoureux, et en plus de ça, aimé en retour.

D'ailleurs ça faisait environ un mois qu'il était si heureux. Un mois que Tezuka était son petit ami.
Rien que d'y penser, l'idée faisait naître un sourire sur ses lèvres.
C'était... plus qu'il n'avait osé espéré... Non, sincèrement... il n'avait jamais osé penser qu'il sortirait un jour avec lui.
Ca avait d'ailleurs été un peu bizarre au début. Il avait beau ne pas douter un instant de l'amour qu'il pouvait porter à Tezuka, c'était quand même étrange d'embrasser... son meilleur ami.

Ah, non, il ne devait pas penser à ça... penser à embrasser Tezuka avait toujours quelques effets néfastes : il sentait sa poitrine se serrer, ses joues se rosirent et un sourire niais apparaître sur ses lèvres.
Et puis... il ne s'embrassaient pas tellement souvent.
En fait... Tezuka était tout sauf démonstratif.
Enfin... déjà, ce n'était pas la peine d'espérer quoi que ce soit en public. Même si Tezuka s'attardait plus fréquemment à ses côtés, il ne lui offrait aucune démonstration d'affection quand quelqu'un était à proximité.
Oishi ne savait pas vraiment ce qu'il espérait, vu que ça l'aurait aussi gêné de... de faire quelque chose avec Tezuka en public, mais des fois... des fois il aurait aimé que leurs mains se frôlent plus souvent. Ou que Tezuka lui lance un regard de temps à autres quand ils étaient côte à côte. Ou que sa jambe touche la sienne sous la table quand ils étaient à la bibliothèque. Pas grand chose mais... quelque chose, quoi.
Peut-être que Tezuka ne pensait pas à ça ? Peut-être que Tezuka n'en avait pas envie comme lui en avait envie.
... oui, c'était ça, Tezuka n'était juste pas gravement atteint comme il pouvait l'être lui-même.
Et il ne pouvait pas vraiment le lui reprocher, vu qu'il se trouvait vraiment vraiment atteint.

- Oishiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!

Suite à un vol plané qui le fit atterrir sur Momo -allez savoir pourquoi il criait le nom d'Oishi alors qu'il sautait sur Momo-, Eiji adressa un sourire à tout le monde dans la pièce.

- Oui ?
- Tu as ton sourire stupiiiide !

Eiji tripotait les cheveux de Momo après être descendu de son dos, ricanant légèrement.
Oishi rougit légèrement et rangea sa raquette dans son sac sans regarder son partenaire de doubles.

- Tu racontes n'importe quoi, Eiji...
- Alors pourquoi tu rougis ?????

Bien sûr, Oishi ne put s'empêcher de rougir plus et de bredouiller sa prochaine réponse.

- Parce que... parce que ce n'est pas une fierté d'avoir l'air stupide quand je souris ?

Momo se mit à rire, vite suivi par Eiji. Au bout de quelques secondes, un rire s'échappa aussi des lèvres d'Oishi.

- Moi je pense que tu es a-mou-reux.

Eiji s'était rapproché, un grand sourire aux lèvres et lui avait collé un doigt sous le nez, même si Oishi ne voyait que difficilement la raison de ce geste.

- Mais... non.
- Tu rougis encore pluuuus !
- Oishi-sempai, z'êtes piégé !

Inui entra dans la pièce accompagné de Fuji, et Oishi se savait fichu.
Si toutes les commères de Seigaku se réunissaient et entamaient une discussion sur le sujet de sa vie sentimentale, celle-ci serait plus que sûrement dévoilée au grand jour.

- Iiiiiiii-nuuuuuuuuuuuuu-iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Eiji avait entamé un nouveau vol plané, qui atterrit cette fois-ci sur Fuji, vu qu'apparemment le collégien avait décidé de ne plus sauter sur les gens dont il criait les noms.
Inui se contenta de redresser ses lunettes alors que Fuji caressait la tête d'Eiji avec son habituel sourire aux lèvres.

- Dis, Inuiiii, tu sais si Oishi est amoureux ??
- Eiji !

Inui ouvrit un cahier, sûrement pour se donner plus de contenance que pour y lire quelque chose, et donna les résultats de ses analyses concernant le vice-capitaine de Seigaku.

- Probabilité... 98,5%.
- Inui !
- Nyohoho, je le savais ^-^
- De qui de qui de qui ?
- 100 % que ce soit de...

- Oishi.

La porte s'était rouverte, laissant place à Tezuka, lequel n'hésita pas à couper toute conversation en sa qualité de capitaine de l'équipe.

- Oui ?
- Tu peux venir ?
- Hmm.

Oishi se hâta à la suite de Tezuka à l'extérieur, heureux d'avoir été sauvé de la conversation précédente.
Tezuka marchait vers le bâtiment principal, le regard fixe, les sourcils froncés, sans lui adresser un mot.
A quoi pensait-il ? Et puis où allaient-ils ? Voir Ryûzaki-sensei, peut-être ?

- ... Tezuka ?
- Hmm ?
- Euh... rien.

Oish ne savait pas pourquoi il se sentait tout à coup mal à l'aise.
Est-ce que Tezuka avait entendu la conversation ? Est-ce que... est-ce qu'il était fâché parce que d'autres avaient pu deviner qu'il était amoureux de lui ? Est-ce qu'il le prendrait mal que... enfin, que leurs amis soient au courant ?
Oishi s'en voulut d'être si transparent. Il ne voulait pas gêner Tezuka avec ses sentiments, et il avait encore dû faire des gestes qui avait dû le trahir auprès d'Inui, peut-être des regards trop insistants, peut-être... il ne savait pas. Pourquoi il ne pouvait pas feindre une attitude normale en attendant qu'ils soient seuls, comme le faisait Tezuka ?

- Comment ça, "rien" ?
- Euh...
- Oishi, tu as quelque chose à dire. Dis-le.
- Tu... tu es fâché ?
- ... ai-je des raisons de l'être ?

Ils avaient désormais pénétré dans le bâtiment principal, dont l'activité était plus que réduite à cette heure. La majorité des clubs avaient fini leurs entraînements, et les élèves étaient pour la plupart rentrés chez eux.

- Je ne sais pas. Je... en fait, je... je crois que tout le monde a deviné pour... enfin, tu vois. Et je n'aime pas leur mentir, mais si toi ça te dérange de... je...
- Oishi...

Il avait suivi Tezuka jusqu'au deuxième étage, et celui-ci l'avait mené jusqu'à la salle du conseil des élèves.
Si Tezuka avait quelque chose à régler qui avait à voir avec le conseil, pourquoi l'avait-il cherché lui ?
Et... et puis pourquoi Tezuka était si inexpressif ? Pourquoi il ne lui disait pas s'il était fâché ou non ?

La porte se referma sur eux et Tezuka la boucla à clef.

- Tu fermes derrière nous ?

Tezuka se retourna à nouveau vers Oishi, ses sourcils légèrement moins froncés tout à coup.

- ... hmm.
- Je peux demander pourquoi ?

Tezuka attrapa la main d'Oishi dans la sienne, ce qui étonna plutôt Oishi vu que Tezuka n'avait jamais fait ce geste dans l'enceinte de l'école. Ni même d'ailleurs en-dehors de leurs chambres respectives.

- Je...

Tezuka s'était rapproché légèrement, fixant le sol entre eux deux.

- ... j'avais envie de te toucher.

Un silence s'installa durant lequel aucun des deux ne bougea, même si un léger sourire apparut sur les lèvres d'Oishi.
Tout à coup, toute peur d'avoir fâché Tezuka quitta Oishi et tous ses doutes disparurent... il avait juste senti sa poitrine se resserrer à cet aveu qui l'avait rendu... heureux. Plus qu'heureux...
Alors comme ça Tezuka aussi trouvait dur d'être si proches sans pouvoir se toucher ? Et c'était pour ça qu'il l'avait amené dans cette pièce dont il avait la clef ?

- ... pardon, Oishi, j'ai agi de façon égoïste.

Oishi se rapprocha encore un peu plus, cherchant le regard de Tezuka du sien.

- Et tu ne sais pas à quel point je suis heureux que tu l'aies fait.

Les yeux de Tezuka se décollèrent enfin du sol pour rencontrer les siens. Ils affichaient une certaine lueur de surprise.

- Ah ?
- Hmm... je n'en pouvais plus de... d'attendre pour qu'on soit proches comme ça.
- ... ah.
- ... tu rougis.
- Moins que toi.

Oishi répondit par un léger rire, qui résonna dans la pièce.
Les mains qui étaient restées libres juqu'à présent s'étaient trouvées, et leurs corps étaient maintenant vraiment proches l'un de l'autre.

- ... Oishi...... je t'aime.
- ...... moi aussi, je t'aime.

La main gauche de Tezuka lâcha prise et encercla la taille d'Oishi, alors que leurs visages se rapprochaient encore un peu.

- Tezuka...
- ... hmm ?
- ...... embrasse-moi, imbécile.

Leurs lèvres se retrouvèrent, tout doucement.
C'était encore étrange d'embrasser Tezuka. Etrange de l'entendre dire qu'il l'aimait. Etrange de voir son expression légèrement changer, quand ils n'étaient plus que tous les deux.
Oishi laissa sa main libre remonter jusqu'aux cheveux de Tezuka, alors que leurs lèvres s'offraient de douces caresses, durant chacune moins de quelques secondes, mais s'intensifiant légèrement plus à chaque fois.

C'était dans ces moments-là, où Oishi pensait qu'il serait plus normal de ne -pas- penser, qu'il se mettait à réfléchir sur le lien qui l'unissait à Tezuka.
Comment en étaient-ils arrivés là ? Pourquoi Tezuka l'aimait-il ? Et pourquoi ces baisers ne pouvaient-ils pas durer éternellement ?

Leurs lèvres s'écartèrent légèrement, leurs fronts rentrant en contact à la place.

- Tu devrais m'embrasser plus souvent.
- ... vraiment ?
- Oui. Pourquoi, tu n'aimes pas ça, toi ?
- Si... c'est juste que... tout ça est encore un peu nouveau pour moi...

Alors Tezuka pouvait lui aussi avoir des doutes ?

- Je comprends... la première fois qu'on s'est embrassés... j'ai trouvé ça bizarre. Enfin, pas dans le sens de désagréable... c'était juste le fait de... de t'embrasser, quoi.
- ... je vois un peu ce que tu veux dire.
- Mais maintenant, je ne fais plus qu'attendre la prochaine fois où tu te décideras à le faire.

Un léger rire s'échappa de la bouche d'Oishi, mais celui-ci fut vite étouffé par les lèvres de Tezuka sur les siennes, insistantes.
Oishi ferma les yeux et se plia à la caresse, leur échange précédent l'ayant en fait laissé légèrement sur sa faim.
Cette fois-ci, le contact était plus long, mais encore plus lent, leurs lèvres ne se déplaçant que légèrement l'une sur l'autre.
Oishi se sentait tremblant. Quelque part, il savait que ce baiser serait différent de tous ceux qu'ils avaient pu partager, et il ne se sentait peut-être juste pas assez sûr de lui.
Au bout d'un temps qu'il aurait qualifié de long, les mouvements s'intensifièrent, leurs bouches se séparant l'une ou l'autre fois d'un millimètre, mais se retrouvant dans l'instant, glissant l'une sur l'autre.
Oishi se sentit frissonner quand les lèvres de Tezuka attrapèrent sa lèvre inférieure, la suçant légèrement, mais la relâchant dans l'instant.
Timidement, il imita le geste, sentant ses joues rougir mais n'osant pas ouvrir les yeux pour voir s'il n'était pas le seul.
Le baiser s'intensifia doucement, jusqu'à ce qu'Oishi sente le bout de la langue de Tezuka glisser sur sa lèvre supérieure.
Durant un instant, il crut que ses jambes n'allaient plus le soutenir, et la main qu'il avait dans les cheveux de Tezuka descendit jusqu'à l'épaule de celui-ci pour se soutenir légèrement.
A moitié inconsciemment, ses lèvres s'écartèrent, sa langue partant timidement à la recherche de celle de Tezuka, mais celui-ci avait légèrement refermé sa bouche, et Oishi se heurta à une lèvre, qu'il caressa un instant avant de s'écarter légèrement.
Le deuxième essai fut plus concluant, Tezuka ouvrant délicatement les lèvres d'Oishi des siennes avant de lancer sa langue à la rencontre de celle d'Oishi.
Le collégien se sentit trembler à nouveau, mais rendit ses caresses à Tezuka, même si un peu craintivement.
Il... il n'était pas vraiment préparé à ça, non. Après tout, ils étaient allé plus que doucement pour l'instant avec Tezuka, et déjà qu'il trouvait bizarre de l'embrasser, alors l'embrasser... comme ça...
C'était peut-être un peu trop... ou peut-être pas assez, il ne savait pas très bien, même s'il laissait Tezuka faire ce qu'il voulait de sa bouche.
Il sentit sa gorge émettre un son qu'il aurait préféré retenir, et qui ne fit qu'accentuer les mouvements de Tezuka.
Oishi sentit son coeur accélérer, mais finalement leurs lèvres se séparèrent et Tezuka passa une main sur la joue de son petit ami, avant de lui faire retrouver sa place sur la hanche d'Oishi.

- Oishi, sois sûr d'une chose : je veux être proche de toi. C'est juste que je ne suis pas encore sûr de comment m'y prendre.
- ... Tezuka...

Oishi embrassa la joue de son petit ami avant de reposer son visage dans le creux de l'épaule de celui-ci.

- Tezuka... si je t'invite chez moi ce dimanche après-midi juste pour me prélasser dans tes bras, tu...

Tezuka interrompit Oishi en déposant un baiser sur sa tempe.

- Je viendrai avec plaisir.
- ... je suis sûr qu'on se débrouillera de mieux en mieux... Allons-y doucement mais sûrement. *????? ^o^*

Tezuka ne répondit rien, se contentant de serrer le corps d'Oishi contre le sien.

- Oishi... Il faut y aller, sinon les autres vont partir en laissant les vestiaires ouverts.
- ... hmm.

Les doigts d'Oishi se serrèrent un instant sur ceux de Tezuka.

- Tezuka ?
- Hmm ?
- Une fois qu'on sera sortis de cette pièce... je pourrais tenir ta main encore un peu ? Juste... un peu.
- ....... hmm.

Les deux garçons s'écartèrent, se tenant toujours la main, mais finissant par se lâcher à la porte pour que Tezuka ressorte les clefs.
La porte s'ouvrit, et les deux collégiens sortirent dans le couloir, Tezuka fermant à nouveau la porte derrière eux.
Après avoir rangé la clef dans sa poche, il tendit sa main à Oishi, qui l'attrapa avec un petit sourire.
Lentement, ils se mirent en marche, peu pressés de mettre fin à ce moment.
Arrivés aux escaliers, cependant, ils entendirent le bruit de quelqu'un les montant et qu'ils ne tarderaient pas à croiser.
Leurs doigts se délièrent, et les deux collégiens se regardèrent une seconde.
Dans la pénombre qui régnait dans le collège à cette heure-ci, Oishi crut presque déceler un sourire sur le visage de Tezuka.
... mais ce n'était sûrement qu'une impression.