Titre : Déclaration
Auteur : (Satan Petite) Flore
Disclaimer : Les personnages de cette fic appartiennent à Matsushita Yoko et pas à ma pauvre personne qui aimerait pourtant bien les posséder T-T
Petit mot de l'autatrice : Plus ou moins suite de la fic "Discussions autour d'une chouette", même si dans un style totalement différent. En concurrence pour le titre du Cucu Power d'Or de cette année !
 
 
 

Je m'en suis rendu compte... oh, il n'y a pas si longtemps que ça, je pense.
C'était une journée comme une autre et je m'ennuyais à mourir, croulant sous la paperasse qui m'était assignée.
Mes yeux vagabondaient dans la pièce, sans but précis, errant d'un endroit à un autre, tout comme mes pensées.
Enfin, non, mes pensées n'erraient pas n'importe comment, mais se focalisaient sur une seule et unique chose.
Trouver une excuse pour aller voir Tatsumi.
Je cherchai et cherchai encore, me demandant comment pouvoir faire irruption dans le bureau du shinigami sans me faire mettre à la porte dans la seconde vu tout le travail que j'avais en retard.
C'est à ce moment que je réalisai.
Enfin, non, pas vraiment... je me demandai pourquoi j'avais tant envie de voir Tatsumi.
C'est là que je me suis dit pour la première fois que je ressentais peut-être quelque chose pour lui.
Je ne savais pas quoi, je ne savais pas à quel point, je ne savais pas si ça allait durer, mais c'était là, et je ne pouvais pas le nier.

Pendant quelques jours, je me forçai à ne pas le déranger, à le voir le moins possible, à tester mes sentiments.
Ma seule confidente était 003, à qui je partageais tous mes doutes et qui, je le savais, partait espionner Tatsumi juste pour mon bien.
Oui, je pense sincèrement que cette chouette est intelligente.
Et qu'elle me comprend.
Je suis tellement bizarre que seule une boule de plume peut me comprendre...
 

Mon coeur fit un bond quand je le vis apparaître au bout de plusieurs longues journées à la porte de mon labo, un air un peu curieux caché sous ses froides apparences de secrétaire de la division Shokan.
Je me levais, un peu perturbé par sa présence, mais voulant à tout prix savoir le plus vite possible ce qu'il faisait là.

- Watari-san ?
- Qu'est-ce qui se passe ?

Il me regarda des pieds à la tête, semblant réfléchir intensément.

- Vous allez bien ?
- Euh... oui.
- Bien, bien. Bon, excusez-moi de vous avoir dérangé.

Et Tatsumi tourna les talons, comme si de rien n'était.

- Hey !

Je n'avais pu m'empêcher de crier pour le retenir.
Il se retourna vers moi à nouveau, et j'eus toutes les peines du monde pour le regarder en face.

- Pourquoi êtes-vous passé ?

Il remonta ses lunettes sur son nez d'un geste inquisiteur et je regrettai tout de suite ma question.

- Ca fait plusieurs jours que vous êtes particulièrement discret. Non pas que ça me dérange, c'est plutôt agréable, mais je me posais des questions.
- Oh, je... j'ai été plutôt occupé et... enfin, j'ai beaucoup de travail.

Il fit un petit sourire. Je sentis mon coeur fondre.

- Je suis content quue vous preniez enfin votre travail un tant soit peu sérieusement.

Je regardais mes pieds, sachant pertinemment que je n'avais rien fait méritant ce compliment durant les quelques jours précédents.

- Vous êtes sûr que ça va, Watari-san ?

Je redressai la tête tout en émettant un "hmm" affirmatif.

- Bon, je ne vais pas vous dérangez plus longtemps, puisque vous travaillez.

Mon coeur se déchira. J'aurais tellement aimé qu'il reste encore un peu...
Après quelques minutes, je réalisai combien cette simple entrevue m'avait marquée et m'avouai mes propres sentiments.
J'étais tombé amoureux de Tatsumi, sans m'en apercevoir, sans l'avoir vu venir, mais le sentiment était bel et bien là, particulièrement fort, et je n'avais aucune idée de ce que je devais faire.

Après consultation de 003 et un bon bain chaud, je me décidai à ne rien faire et à reprendre mon attitude habituelle, sans trop savoir si j'en serais capable, ni où cela allait me mener, mais certain que c'était la meilleure chose à faire.

Je me suis vite rendu compte qu'en plus d'être amoureux de Tatsumi, j'étais furieusement jaloux de Tsuzuki et de toutes les attentions que lui portait celui que j'aimais. Je trouvais la vie -enfin, la mort- injuste de me faire ça, m'interdisant ne serait-ce que le petit bonheur de pouvoir douter sur les sentiments de Tatsumi à mon égard.
Mais non, c'était clair comme de l'eau de roche. Il aimait Tsuzuki, l'aimait depuis longtemps...

J'essayais tant bien que mal de rester joyeux, enthousiaste, mais des fois... c'était simplement trop dur.
Je n'arrivais pas à être fâché avec Tsuzuki, le shinigami étant toujours d'aussi agréable compagnie, ni à en vouloir à Tatsumi de l'aimer... après tout... c'était comme ça, et ce n'était pas de leur faute...

Je m'étais résigné jusqu'à un certain soir.
Un soir où Tatsumi m'avait pris dans ses bras.

J'admets, il n'y avait rien d'autre que de la compassion dans son geste, mais... mais je me rendai compte que je l'aimais trop pour ne rien faire.
D'une façon ou d'une autre, je devais le lui dire, même si c'était pour me faire rejeter ensuite. Je voulais qu'il le sache.

Le temps passait, et je ne savais pas comment le lui dire, comment présenter la chose, et je reportai encore et encore la date de ma déclaration. Au final, je me fixai un ultimatum à son anniversaire, décidant de lui dire tout en lui offrant son cadeau.
La journée passa difficilement et j'angoissai au fur et à mesure que les heures s'écoulaient et que Tatsumi prouvait encore et encore son affection pour Tsuzuki...
Je me sentais mal, désespéré, je ne savais plus si j'avais pris la bonne décision.

Au soir, je m'asseyai dans mon labo devant le cadeau que j'avais compté lui offrir, le contemplant tout en réfléchissant activement à la suite des événements.
Je finis par m'endormir sans m'être décidé.

Je me réveillai assis et courbaturé le lendemain matin, désorienté d'avoir dormi avec mes lunettes.
*Oui, ça me désoriente de dormir avec mes lunettes, parce que je les cherche pendant une demie-heure le lendemain matin avant de réaliser que j'ai dormi avec.*
Enfin, je me rendai vite compte que le cadeau que j'avais destiné à Tatsumi n'était plus là et qu'à la place était griffonné -euh, non, pas griffonné, oubliez ça, c'était super bien écrit, en fait-... donc était écrites quelques lignes sur un bout de papier.
"Je vous avais dit que je ne fêtais pas mon anniversaire. En tout cas merci pour le cadeau. (Ca peut se revendre cher ?)"

Je fis un petit sourire triste.
J'étais sensé tout lui avouer en le lui donnant.
Je poussai un soupir avant de me lever et d'aller prendre une douche.
Un bruit me fit sortir précipitemment de là, juste une serviette autour de la taille.
J'avais oublié de nourrir mon pingouin la veille ! Il devait mourir de faim et s'en prendre à mon labo !
Je fus quelques peu surpris de découvrir que ce qui faisait du bruit dans mon labo n'était pas un animal mais Tatsumi, qui parut étonné de me voir débouler dans la pièce en particulièrement petite tenue.
Je stoppai net, rougissant un peu, n'osant pas dire grand chose.
Heureusement, Tatsumi prit la parole.

- Désolé de vous déranger, je pensais que vous seriez déjà en train de travailler à cette heure-ci... euh, je repasserai plus tard.
- Non, non, restez, je vais passer quelque chose !!!

Je n'avais pas pu m'en empêcher. Je voulais qu'il reste. A tout prix.
Je me précipitai dans ma chambre, enfilant vitesse grand V les premiers vêtements qui me tombaient sous la main avant de retourner dans mon labo.
Je remerciai le ciel que Tatsumi soit encore là.

- Excusez-moi.

Je mis de longs instants à comprendre qu'il s'excusait d'être entré sans y être invité et de m'avoir surpris... sortant de la douche.

- Euh... ce n'est rien, c'est moi... je me suis réveillé tard et... enfin. Qu'est-ce qui vous amenait ?

J'essayais de changer de sujet le plus vite possible pour que Tatsumi ne me reproche pas de ne pas encore travailler à une heure si tardive.

- Je voulais vous remercier... pour le cadeau. Même si ce n'était vraiment pas la peine. Et que je n'ai aucune idée de ce que c'est ni de comment ça marche.
- Ah euh... c'est une machine qui enregistre les rêves.
- Je ne veux pas savoir comment ça peut bien exister...
- Vous voudrez que... je vous montre son fonctionnement ?
- Oui, ce serait sympathique.
- Une heure qui vous arrange ?
- Je vous attendrai ce soir à huit heures.
- Je viendrais !

Tatsumi se dirigea vers la porte.
Je baissai la tête, songeur, un peu triste qu'il parte si vite.

- Et, Watari-san...?

Je relevai la tête.

- Vous êtes sensé travailler à cette heure-ci.
- Ca ne se reproduira plus, promis.
- J'y compte bien.

Et il sortit, me laissant essouflé, émoustillé, retourné... amoureux.
J'attrapai 003 dans mes bras et dansait avec elle réalisant que j'avais rendez-vous avec Tatsumi pour le soir-même.
Bon, il est vrai que ça ne m'avançait pas énormément, mais j'avais mon occasion pour faire ma déclaration. Car, oui, il fallait toujours que je la fasse et j'y étais décidé.

La journée passa à une lenteur considérable.
Je m'ennuyais profondément, ressassant encore et encore les paroles de Tatsumi, me demandant comment je m'y prendrais le soir-même, élaborant scénarios et plans qui la plupart du temps finissaient trop bien pour être vrais.
Finalement, je passai plusieurs heures à me préparer avant d'arriver avec un quart d'heure d'avance (en m'étant forcé à marcher lentement sur le chemin) devant chez lui.
C'était peut-être la troisième fois que je venais chez Tatsumi.
La première fois que j'y venais seul, en tout cas.
Je pris une longue inspiration avant de sonner, me demandant tout à coup si je ne ferais pas mieux d'être ailleurs, loin, très loin, caché, enfin, pas devant la porte de Tatsumi.

Finalement, il apparut dans l'encadrure, apparemment étonné de me voir.

- Je ne vous attendais pas si tôt.

Il était horriblement beau dans les habits qu'il portait, qui le changeait radicalement du Tatsumi en costume que je voyais tous les jours. Un peu plus décontracté, mais toujours aussi élégant.

- Euh, désolé.

Je n'avais aucune excuse, je n'avais pas pris la peine d'en préparer une.
Il m'invita à rentrer et je le suivais jusqu'à sa salle à manger où le couvert était mis pour deux personnes.

- Oh, je vous dérangeais ? Vous n'avez peut-être pas fini de manger ?

Il fit un petit sourire.

- Je vous attendais. C'est pour vous remercier.
- Oh, euh, il ne fallait pas.

Je ne croyais pas à ce qui m'arrivait et restait planté là, incapable de bouger, de dire quoi que ce soit d'autre.
J'étais à la fois horriblement heureux et horriblement anxieux.
Il m'invita à m'asseoir à table, ce que je fis, et il s'excusa pour repartir en cuisine.

Je restai seul avec un trac immonde, ne sachant comment prendre cette attitude de la part de Tatsumi. Peut-être aurait-il fait ça pour n'importe qui ?

Il revint un plat à la main et nous servit avant de s'asseoir face à moi.
Je n'arrivais pas à me focaliser sur le repas tellement je le trouvais désirable. J'aurais donné n'importe quoi pour pouvoir lui sauter dessus à ce moment précis, pour qu'il soit à moi, pour que cette soirée dure éternellement.
Je finissais par goûter sa cuisine.
Et en plus, il cuisinait comme un chef.
Arg.

Finalement, la conversation prit des tours divers et variés et nous nous découvrîmes quelques rares passions communes, comme deux ou trois écrivains et les couvertures en laine polaire.
Sur n'importe quel sujet la discussion était enjouée, enthousiaste et je réalisai au fur et à mesure que je passai une des plus belle soirées de ma vie -euh, de ma mort-, que tout ce que je souhaitais était de pouvoir être ainsi à ses côtés.
Un long soupir finit par s'échapper de ma bouche pendant un des temps de silence de notre repas.

- Ca ne va pas ?
- Si, si, très bien. J'ai rarement passé aussi agréable soirée. Vous cuisinez 'vraiment' très bien.
- Je suis heureux de vous l'entendre dire.

Un autre silence se fit.
Je sus que c'était le moment.
Il fallait que je le dise.

- Euh... Tatsumi ?
- Oui ?
- J'ai quelque chose à vous dire.
- Je vous écoute.
- C'est important, alors j'aimerais avoir toute votre attention.
- Vous l'avez.
- Je... en fait... c'est que...
- Watari-san, si c'était pour bafouiller, vous pouviez vous passer de mon attention.
- Mais euh !!! Deux secondes !

Je pris une longue inspiration, sentant ma dernière heure arriver.

- Je vous aime.
- Je sais.

Je me retins pour ne pas tomber de ma chaise à la réponse de Tatsumi.
Je le fixais d'un oeil incrédule, ne voyant pas comment le shinigami l'avait appris.
Mon attitude avait-elle été si évidente que ça ?

- Je vous dois une explication. En fait, j'ai compris tout à l'heure comment votre machine fonctionnait. Enfin, pas vraiment et j'ai vu un de vos rêves plutôt que d'en enregistrer des miens. Et disons... que j'y avais une place... plsu ou moins prépondérante.
- Oh. Et ?
- Et...

Il se leva et se rapprocha de ma chaise, s'accroupissant à côté de moi avant de saisir une de mes mains.

- Et je suis touché par vos sentiments.

J'avais envie de pleurer.
Je voulais partir.
Je savais pertinemment qu'il ne m'aimait pas, mais l'entendre de sa bouche me fendait le coeur, même s'il essayait de me ménager.
Je faisai un geste pour me lever mais il me retint, me clouant à la chaise.
Je n'osai le regarder, de peur que cette vue fasse couler les larmes qui s'accumulaient dans mes yeux.
Sa main caressa doucement la mienne.

- Laissez-moi terminer, je vous prie. Je me suis posé la question... de ce que je ressentais pour vous. Je savais que c'était un sentiment à part, quelque chose de particulier que je ne ressens que pour vous. Je tiens à vous, Watari-san. Plus que je ne tiendrais à un simple ami...
- ... mais vous ne m'aimez pas.
- Je n'ai pas dit ça.

Il poussa un soupir.

- Disons qu'il me faudra un minimum de temps pour discerner mes sentiments. C'est un peu... soudain et je n'avais pas réalisé... combien vous étiez important à mes yeux. Or je ne veux pas gâcher une si belle opportunité en me précipitant. Cette soirée était magnifique. Laissez-moi juste le temps... d'être sûr que mon coeur vous appartienne comme je pense que c'est le cas.

J'eus le souffle coupé.
Jamais je n'avais espéré autant.
Mon regard se porta sur celui de Tatsumi, si profond que je m'y perdai, n'arrivant à y lire que ce qu'il venait de me dire.
Il se releva et je mimiquai le geste, machinalement.
Il passa tendrement une main sur ma joue avant de s'écarter et de commencer à empiler les plats vides qui ornaient la table.

- Je vous aide ?

Je n'avais rien de plus intelligent à dire.
Il émit un petit rire.

- Je vous ai invité, il n'en est pas question.

Il reposa les plats qu'il tenait, voyant que j'étais mal à l'aise.

- Je crois... je crois que je ferais mieux de partir.

Il réfléchit deux secondes, tentant peut-être de trouver un argument pour me faire rester puis répondit.

- Si vous le pensez.

Il me raccompagna jusqu'à la porte, me proposant de me ramener jusque chez moi.
Je refusais poliment.
Mais je n'arrivais pas à me décider à partir.

- Vous reviendrez ?
- Plutôt deux fois qu'une.
- Dites-moi que vous ne me fuyez pas à l'heure qu'il est.
- Non, non. J'ai juste besoin... de penser un peu.
- C'est vrai que ça vous ferait du bien de temps en temps.
- Grmpf.

Il sourit. Il était beau.
Il attrapa mon visage d'une main et déposa un court baiser sur mes lèvres.

- Alors... à une prochaine fois.

J'attirais son visage vers le mien une seconde fois pour pouvoir mieux goûter à ses lèvres, pour être sûr que ce qui était arrivé n'était pas un rêve.
Il se laissa faire, me laissant savourer sa bouche de longs instants, passant même un bras autour de ma taille.
Je finis par m'écarter.

- A une prochaine fois.

Je fis un petit sourire puis me dirigeai vers chez moi, horriblement impatient de raconter ça à 003.
Je sais, je suis bizarre.