Titre : From Boston With Love
Auteur : (Satan Petite) Flore
Disclaimer : Crawford et Schuldig ne sont pas nés de mon esprit et de ce fait ne m'appartiennent pas. Les personnages que vous ne reconnaissez pas comme sortant de WK, sytle Lawrence ou Ian sont na moi, merci de ne pas les détester  ^-^
Sinon, toutes les chansons appartiennent à Queen et c'est juste un challenge que je me suis fait à moi-même d'écrire tous les chapitres comme des songfics ^^ *Et puis Queen c'est bien*
Pairing : Brad x Schu, peut-être un peu d'autre chose plus tard, on verra ^^
Avertissement : yaoi, lemon dans certaines parties, peut-être un peu de angst, de sap, ainsi que quelques OOCismes (voui, ben tout ce à quoi il fallait s'attendre pour une Brad x Schu écrites de mes mains, quoi ^^;)
Dédicace : Pour Christou-la-trop-polie car il n'y a qu'en sa présence que je peux associer les Schwarz à Queen ^________^
 
 
 

Un bruit inhabituel réveilla Schuldig.
La première chose dont il s'aperçut, c'est que malgré le fait qu'il fasse encore nuit, Crawford n'était pas à côté de lui dans ce qui était devenu "leur" lit.
Il ne mit pas longtemps à repérer l'Américain entrain d'empiler des vêtements dans une valise.
Valise ?
Schuldig se redressa d'un coup.

- Qu'est-ce qui se passe ?

Crawford s'arrêta une seconde, se retournant vers le télépathe.

- Je prends le premier avion pour Boston.

Ayant dit ça, Crawford continua de remplir sa valise.

- Pourquoi ?
- Je dois empêcher mon meilleur ami de se faire tuer.
- Hein ?!?

Cette discussion avait lieu de bien trop bonne heure pour Schuldig.

- Parce que tu as des amis maintenant ?
- Disons que j'en ai eu. Et si je ne fais rien on pourra effectivement dire que je n'en ai pas.

Il s'arrêta à nouveau, comprenant l'étonnement de Schuldig et s'avouant qu'il lui devait peut-être une explication un peu plus poussée.

- J'ai eu une vision... Il va se faire écraser... dans 3 jours... en tout cas si je ne fais rien.
- Ce ne serait pas plus simple de l'appeler ?
- Je n'ai pas son numéro. Il a plutôt tendance à se cacher.

Schuldig émit un "hmpf" et se leva, laissant Crawford contempler sa nudité et oublier sa valise durant quelques instants.
Le télépathe attrapa quelques habits qu'il se hâta d'enfiler et poussa un baillement à se décrocher la machoire.
Il se dirigea vers une armoire qu'il ouvrit et en sortit un sac de sport.

- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je m'incruste dans ton voyage, ça ne se voit pas ?
- Schuldig, ce n'est pas possible.
- Pourquoi ? Tu as honte de ton bel allemand ?

Disant ça, Schuldig passa derrière Crawford et attrapa la taille de ce dernier, reposant sa tête contre le dos de son amant.
Crawford se détendit dans les bras du jeune homme puis répondit, dans un murmure :

- Tu sais bien que j'aimerais t'emmener, mais j'ai besoin de quelqu'un d'à peu près sensé et de plus de 15 ans pour s'occuper des Schwarz pendant mon absence.
- Ca laisse peu de choix.
- Je sais.

Schuldig tourna Crawford vers lui, le regardant dans les yeux.

- Tu me dis tout ?
- Oui.
- Tu ne vas pas faire de bêtises, au moins ?
- Non. Je trouve Ian...
- Il s'appelle Ian ?
- Oui, Ian Hobbs. Je le trouve, je l'enferme quelque part le temps que la voiture passe et je reviens.
- D'où vous vous connaissez ?
- Nous avons fait le lycée ensemble.

Schuldig sembla réfléchir une seconde, puis posa un baiser sur les lèvres de Crawford et laissa s'échapper un "Reviens vite" avant de s'écarter de son amant et de rejoindre le lit.
Crawford le rattrapa par le bras et le ramena vers lui pour lui donner un baiser moins chaste et plus passionné.
Après quelques instants, l'Américain mit fin au baiser, mais ne se résolut pas à lâcher Schuldig.
Ce dernier rapprocha sa bouche de l'oreille de Crawford.

- Ton avion est à quelle heure ?
- Six heures moins dix.

Schuldig jeta un regard vers son réveil matin.

- Ca nous laisse un peu plus de trois heures...

Joignant les gestes à la parole pour se faire comprendre, le télépathe fit glisser un doigt le long du torse de Crawford.
Ce dernier poussa un soupir.

- Schuldig...

L'intéressé émit un "hmmm" interrogatif tout en commençant à défaire la cravate de Crawford.

- Schuldig...

Crawford essayait d'arrêter le télépathe par la parole vu qu'il n'arrivait pas à se résoudre à le faire "à la main".
Ca ne marchait pas bien.
Finalement, Schuldig s'arrêta et le regarda dans les yeux.

- Tu as plus de trois heures ! Tu préfères attendre 2 heures à l'aéroport ou passer un petit moment avec moi ?
- Hmmmm...

Crawford avait de plus en plus de mal à résister aux mains de Schuldig qui parcouraient son corps.

- Allez, on ne se verra plus pendant plusieurs jours... S'il te plaît...

Crawford passa une main dans les cheveux de Schuldig.
Il n'avait pas tort.
Et c'était vrai qu'il serait en avance en partant maintenant.

- Un jour il faudra qu'on m'explique pourquoi on fait toujours ce que tu veux...
- Parce que c'est aussi ce que tu veux.

Avec un petit sourire malicieux, Schuldig attira Crawford à lui et le tira vers le lit.

___________________
 

- Je dois y aller.
- Encore deux minutes...
- Schuldig...
- Hmmm...
- Tu t'endors, ça ne sert à rien que je reste. Je vais juste râter mon avion.
- Hmmm...

Crawford se leva doucement, prenant soin de ne pas déranger Schuldig.
Il renfila vite ses vêtements, prit sa valise et partit.
Après avoir fait un petit détour par son bureau pour emmener son ordinateur portable, il sortit et se dirigea vers sa voiture.

- Brad !

Il se retourna en entendant son prénom et aperçut Schuldig, habillé et essouflé, qui tentait de le rattraper avant qu'il ne monte en voiture.
Avait-il oublié quelque chose ?

- Qu'est-ce qui se passe ?
- Je peux venir avec jusqu'à l'aéroport ?
 
 

Chapitre 1 : Teo Torriatte (Let Us Cling Together)
 

Crawford poussa un soupir en sortant de l'avion qui l'avait amené à Boston.
Durant tout le voyage, il n'avait cessé de repenser à la matinée... enfin...
Même si Schuldig l'avait plus qu'embarassé à l'aéroport, il allait lui manquer.
Depuis quand l'absence du télépathe lui causait-elle tant de tristesse ?
Ce n'était que trois jours.
Trois jours où il ne subirait pas les agressions constantes, les remarques désobligeantes et autres marques d'affection 'particulières' de Schuldig.
Il devrait s'en réjouir.
Et pourtant.
Il aurait bien aimé que le télépathe soit à ses côtés.
 

  When I'm gone
  Don't stop to wonder if I ever think of you
 

Après une courte halte à son hôtel, Crawford se dirigea vers le futur lieu de l'accident.
Ironie du destin que de faire en sorte que son meilleur ami se fasse écraser dans un endroit où ils avaient vécu tant de choses...
Au moins il n'aurait pas à chercher l'endroit s'il ne trouvait pas Ian dans les trois jours...

L'Américain eut du mal à détourner son regard quand il passa devant ce qui avait été un jour la résidence Crawford.
Un petit sourire passa sur son visage quand il reconnut un de ses anciens voisins, devenu bien vieux mais n'ayant pas vraiment changé.
Et lui ?
Ressemblait-il à celui qu'il avait été du temps où il arpentait ces rues accompagné de Ian et Lawrence ?
Lawrence... Ca faisait bien cinq ans qu'il ne l'avait pas vu.
S'il avait l'occasion, il pourrait voir si le jeune homme habitait toujours à Boston.
Crawford poussa un soupir et s'assit sur un banc.
Il ne pensait pas que ce court voyage le rendrait si nostalgique...
Et pourtant...
Sa vie actuelle le satisfaisait pleinement.

Crawford se releva, décidant d'aller manger et de se reposer.
Il irait chercher Ian ce soir.
Le jeune homme avait toujours été plus simple à trouver de nuit.

__________________

Par où commencer ?
D'abord chercher dans les endroits où Ian avait l'habitude d'aller.
Enfin...
Où irait Ian par une soirée telle que celle-là ?
Si seulement il était dans l'esprit de son ex-meill...
Dans l'esprit...
Crawford poussa un soupir et leva les yeux au ciel, réalisant que la lune était presque pleine et que c'était elle qui éclairait ses pas.
Schuldig lui manquait vraiment.
 

  The same moon shines
  The same wind blows
 

3 jours.
Ce n'était vraiment pas la fin du monde.
Il le reverrait bientôt.
 

  For both of us, and time is but a paper moon
 

/...ad...?/

Crawford s'arrêta instantanément de marcher.
Il avait entendu...
Non, ça ne pouvait pas être Schuldig...
L'Américain commença à s'inquiéter, n'ayant jamais eu d'hallucinations auparavant et se demanda si fréquenter le télépathe était bon pour sa santé, autant mentale que physique.

/Eh oh, Braaaaad, tu m'entends ??/

C'était très clairement Schuldig, et il l'entendait très bien.

/Dans ta tête, baka./

Ah c'est vrai qu'il n'y avait pas pensé.

/Des fois je doute de ton intelligence supérieure, Bradley.../
/Oh... merci... Qu'est-ce qu'il y a ?/
/Tu me manquais./
/Ca ne fait même pas une journée qu'on s'est quitté, Schuldig./
/Laisse-moi être romantique./

Crawford émit un petit rire.

/Ne fais pas le malin, je t'ai manqué aussi./
/Si j'avais su que je pourrais te subir dans ma tête à des milliers de kilomètres de distance, j'aurais très certainement moins penser à toi...
Et les autres, ça va ? Le travail ?/
/Comme d'habitude... Je suis triste que tu n'aies pas été là quand Farfie a pris un pince-lettres et/

Le silence.

/Schu ? Schuldig ?/

Rien à faire, le télépathe n'était très clairement plus dans son esprit.
Qu'est-ce qui c'était passé ?

Crawford ne put s'empêcher de s'inquiéter, même s'il savait qu'il n'y avait rien à faire.
Il appelerait Schuldig une fois rentré à son hôtel.
 

  Be not gone
 

Après une intense réflexion, Crawford se résolut à parcourir ses ex-quartiers préférés pour trouver son ex-meilleur ami.
Mais qui fréquenterait les mêmes quartiers pendant des années et des années ?

Boston n'avait pas vraiment changé, même si certains des repères de Crawford avait été modifiés...
Une autre bande d'adolescents squattait une place fétiche, un bar avait changé de look, enfin... tout était pareil dans son ensemble, mais différent dans les détails.
Crawford prenait bizarrement plaisir a juste parcourir les rues, à écouter les gens autour de lui parler dans sa langue natale.

- Bradley ? Bradley Crawford ?

Crawford se retourna instantanément et vit un jeune homme, châtain aux yeux très clairs, qui semblait ne pas tenir en place.
Il le connaissait.

- Richard... Donnings, c'est ça ?
- Oui !!

Richard s'empressa d'attraper la main de Crawford pour la secouer fortement.
Crawford avait perdu l'habitude de ce geste au Japon et fut un peu secoué.

- Tu viens voir Lawrence ?
- Disons que je ne suis pas venu 'techniquement' pour ça, mais que je profiterais bien de mon passage pour le voir.
- Il sera content. La dernière fois que je l'ai vu, il comptait aller te voir au Japon... Alors, comment ça se passe là-bas ? Qu'est-ce que tu fais de beau ?

Crawford avait oublié combien ses anciennes fréquentations pouvaient être bavardes.
Enfin, pas 'ses' fréquentations... celles de Lawrence.
C'était un peu la même chose.

- Des choses et d'autres. Et toi ?

Crawford avait demandé par politesse mais ne fit pas très attention à la réponse, son interlocuteur parlant de son métier, sortant des photos de sa femme de son porte-feuille et autres choses du style...

- Et toi, tu es marié ?

Crawford émit un petit rire en remontant ses lunettes sur son nez.

- Oups, pardon, j'avais oublié. Enfin... tu as quelqu'un ?
- Hmmm... oui, plus ou moins.
- Tant mieux. La famille... enin, avoir quelqu'un qui compte pour soi,  c'est ce qu'il y a de plus important, tu sais... D'ailleurs, Lawrence m'avait raconté l'autre fois que...

Et le revoilà parti dans des divaguages sans intérêt.
Enfin... bizarrement, Crawford supportait très bien l'attitude de Richard. C'était peut-être qu'il le connaissait... ou rien que l'atmosphère dans laquelle il était replongé...

- Mais je parle, je parle, et je ne te laisse pas en placer une. Qu'est-ce que tu es venu faire à Boston ?
- Je cherche Ian. Tu te souviens ?
- Ian ! Bien sûr ! Comment peut-on oublier Ian ? Il était encore plus bizarre que Lawrence et toi réunis, et Dieu sait que vous étiez déjà gratinés dans votre genre !
- Tu sais où je peux le trouver ?

Richard éclata de rire.

- Tu ne sais pas ?
- Non. Pourquoi ?
- Il habite dans la 34e. Au 235.
- Deux cent... Trente cinq ???
- La "résidence Crawford" a toujours été sa maison, Bradley.
- Ca ne m'étonne même pas, en fait. Et dire que je suis passé devant tout à l'heure.

Richard était toujours entrain de rire.

- Tu lui passeras le bonjour de ma part.
- Sans problème.
- Et bien, Bradley, ça m'a fait très plaisir de te revoir. Si tu trouves le temps, viens manger à la maison un de ces jours !
- J'essayaerai, mais je ne garantis rien.

Crawford quitta Richard, plus ou moins soulagé.
Même si le type était un peu trop... expansif pour lui, il lui avait
dit où trouver Ian.
Chez lui.
 
 

Chapitre 2 : These Are The Days Of Our Lives I

Il se faisait vraiment tard, et n'étant pas particulièrement pressé, Crawford décida de remettre au lendemain sa visite à Ian.
Il erra encore quelques temps dans les rues, le décalage horaire puis la sieste qu'il avait faite le laissant bien réveillé à cette heure tardive.
 

  Sometimes I get to feelin'
  I was back in the old days - long ago
 

Un jour, il devrait ramener Schuldig ici.
Il faillit se dire "chez lui", mais non, ce n'était plus sa place.
Le fait qu'il couchait à l'hôtel suffisait à le prouver.

Poussant un soupir, à la fois de nostalgie et d'envie de rentrer dans son 'vrai' chez lui, Crawford se décida à aller dormir.
Les prochaines journées allaient être longues.

___________________

Sur le pas de la porte, Crawford hésita une seconde.
Il sonda le futur pour voir la réaction de Ian quand il le verrait mais n'arriva pas à se concentrer assez.
Il réalisait que Ian et lui ne s'étaient pas quittés dans les meilleurs des termes et qu'il risquait juste d'être mis à la porte.

Il sonna, entendant un bruit particulièrement familier.
Ca faisait bizarre d'être le visiteur dans la maison de son enfance.

Un jeune homme à moitié habillé et mal réveillé vint ouvrir la porte.

- Vous savez l'heure qu'il est ?!?!?!?

Crawford regarda sa montre.

- 13 heures 42.
- B... B... B...
- Bonjour, Ian.
- Brad ?!?

Crawford fit un petit sourire et fit un pas pour entrer, se permettant de mettre les pieds dans ce qui avait été sa maison et passant devant son nouveau propriétaire.

- BRAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAD !!!!!!!!!!!!!!

La seconde d'après il était par terre, renversé par un sauvage lui ayant sauté dessus.

- IAAAAAAAAAAAAAAN !!! Combien de fois je t'ai dit qu'on ne frappait pas les gens qui portent des lunettes ?!?
- Mais c'était une démonstration d'affection ^__________________^
- Pas une raison.

Crawford se releva, épousseta son costume *la maison était largement moins bien tenue qu'auparavant*, remonta ses lunettes sur son nez et attendit que son... euh... hôte se relève.

Celui-ci passa une main dans ses cheveux en bataille (roux, juste assez longs pour tomber dans ses yeux), fit un petit sourire en se relevant et passa devant Crawford, l'invitant à aller jusqu'au salon.

Crawford suivit, observant celui qui avait été son meilleur ami.
Richard avait raison.
Ian 'était' bizarre.
On ne se prend pas les pieds trois fois de suite en cinq mètres.
Enfin, c'était peut-être ce qui faisait son charme.

La maison n'avait pas changé.
La décoration et les meubles étaient identiques.
Il s'attendait à voir déferler Lawrence d'un des escaliers et...

- Braaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadleeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy !!!!!!!!!!!!!!!!!
- Hey, Lawrence. Tu as grandi.
- Même pas vrai. J'étais déjà plus grand que toi la dernière fois qu'on s'est vu, espèce de faux frère, lâcheur et... Iaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, tu n'as pas vu Sytoh ?

Les retrouvailles avec la maison était dures.

- Sytoh ?
- Son écureuil.

Ian avait précisé, tout en mettant la table pour un brunch plutôt tardif.

- Non, Lawrence, je ne l'ai pas vu. Et va t'habiller, je t'ai déjà dit que je ne tolérais pas ta présence dans ma maison si elle était en caleçon.
- Tu peux causer.
- Moi au moins, je suis chez moi.
- Avec écrit en gros Crawford à l'entrée ? Laisse-moi rire...

Crawford assistait plus ou moins ébahi à l'échange entre le grand décoloré (il n'était pas décoloré la dernière fois qu'il l'avait vu) et le plus petit rouquin, qui avait réussi à s'ébouillanter.

Lawrence vint s'assoir à côté de Crawford.

- Alors, c'est bien le Japon ? Pourquoi tu ne donnes pas de nouvelles ? Tu mets toujours une cravate pour rendre visite à un ami ?
- Oui. Pas le temps. Pour ce que j'ai d'amis.

Lawrence fit un immense sourire, puis se leva, sous les regards malveillants de Ian qui en avait assez de le voir déambuler si peu habillé malgré ses imprécations.

- Bon, je vais m'habiller. Faites pas de cochonneries sur la table pendant que je suis pas là.
- LAWRENCE !

Ian chassa Lawrence avec le grille-pain, s'électrocutant à moitié par la même occasion.
Le calme retomba et Crawford se dit tout à coup que sa vie au Japon était en fait bien tranquille.

- Excuse-le, j'aurais du changer la table.

Crawford mit deux minutes à comprendre pourquoi il aurait fallut changé de table.
Ca faisait si longtemps qu'il était parti qu'il avait oublié ce 'détail'.

Un silence s'installa.
Ian finit par le briser.

- Ca fait bizarre de t'avoir ici. J'ai l'impression... d'avoir remonté le temps.
 

  When we were kids when we were young
  Thing seemed so perfect - you know
 

- Pourtant, avec Lawrence, tu devrais avoir l'habitude.

Ian esquissa un petit sourire.

- Il n'en parle plus, tu sais. Il porte des gants en quasi-permanence et a arrété de s'en vanter.
- De toute façon, il a toujours haï ce pouvoir.
- Non, il a toujours haï le fait que le tien soit plus utile...

Nouveau silence.

- Sinon, je suppose qu'il y a une raison à ta venue impromptue ?
- Hmm, oui, je te dirai après... Dis-moi plutôt comment vous allez... et pourquoi cette maison t'appartient, par exemple.

Ian émit un petit rire.

- Je vivais presqu'ici avant que tu t'en ailles... C'est dur de quitter son chez-soi. J'avais l'argent, je ne savais pas trop où emménager, Lawrence a eu cette idée...
- J'aurais du me douter que c'était lui... Et il squatte, c'est ça ?
- Pas vraiment, mais je lui permets de vivre ici. C'est grand. Puis on ne peut pas le laisser seul, tu sais...
- Je te rappelle que j'ai été son tuteur officiel pendant 4 loooongues années... De quoi vivre un vrai cauchemar.
- C'était le bon temps.
- On ne faisait absolument rien de productif.
- C'est ça qui est merveilleux.
 

  The days were endless we were crazy we were young
  The sun was always shinin' - we just lived for fun
 

- Et toi ? Tu utilises toujours tes dons pour vivre ?
- Lesquels ?
- J'avais oublié que notre cher Bradley ici présent était doué en tout...
- Avec Lawrence et toi je ne souffrais pas trop de la concurrence, il est vrai.
- J'avais oublié à quel point tu pouvais être méchant...
- C'était une marque d'affection.
- Ca n'excuse rien.

Lawrence redescendit, habillé d'un t-shirt troué et d'un jean encore plus troué. Crawford se demandait même s'il n'y avait pas plus de trous que de tissu.
Seul le gant beige qu'il portait à la main droite était impeccablement parfait.

Il s'assit à table alors que Ian servait les derniers plats, invitant chacun à se servir.
Bien qu'ayant déjà déjeuner, Crawford s'obligea à prendre quelque chose et opta pour un toast.
Alors qu'il venait de le mettre en bouche, il remarqua que Ian et Lawrence le regardaient avec de grands yeux.
En personne bien élevée qu'il était, il finit sa bouchée avant de demander :

- Qu'est-ce qui se passe ?
- Tu manges un toast trop grillé.

Crawford commença à se demander comment il avait pu grandir sereinement dans un environnement comme celui-là.

- Et ?
- Lawrence est à table. Lawrence.

Crawford réfléchit.
Pourtant Lawrence n'avait eu aucun traumatisme du à un toast trop grillé, il lui semblait.

- Et ?
- Mon Dieu !!!! Tu es parti trop longtemps !!! Tu as perdu toutes tes bonnes habitudes...
- Tu n'es plus un Crawford !
- Parce que je mange du pain grillé un peu trop grillé ?
- C'est comme si on te demandait de lire un panneau à 200 mètres sans tes lunettes alors qu'on a Lawrence sous la main !!!

Crawford se souvint alors.
Oui, c'était vrai.
Comme pour lui, le pouvoir de Lawrence s'était accompagnée d'un tare sensorielle.
Si Lawrence n'avait pas une mauvaise vue, il n'avait pas le sens du goût.
Enfin, presque pas.
C'était devenu une habitude de lui donner tout ce qui était râté.

- Oh, excuse-moi, Lawrence.

Il tendit la fin de son toast au jeune homme qui lui fit un énorme sourire, tartinant le bout de pain noirâtre de la confiture la plus immonde que Ian ait jamais goûté avant de l'enfourner en bouche en une seul fois.
Le brunch se continua sans incident notable (mis à part le grand retour de Sytoh, l'écureuil unijambiste de Lawrence), Crawford écoutant des histoires sur Boston, sur ses vieux amis, sur ce qui avait été son enfance.
Non, définitivement, celui qui se faisait appeler Bradley à Boston n'était pas le même que celui qui se faisait appeler Crawford au Japon...
...
Ca n'aurait peut-être pas été si désagréable d'être resté Bradley.
 

  Sometimes it seems like lately - I just don't know
  The rest of my life's been just a show
 
 

Chapitre 3 : Get Down Make Love I
 

- Heyyyyy !
 

  Get down make love
 

- Schu !!
 

  Get down make love
 

- Schuldig... pas ici... Schu...
 

  Get down make love
 

- Tu dis toujours ça...
- Je t'assure...hnn... que ce serait... vraiment mieux 500 mètres plus loin.
 

  Get down make love
 

- Trop tard pour regretter, on fera pas 500 mètres... hmmm... aah... Brad !!
 

  You take my body
 

- Brad ! Hey, Brad ! Qu'est-ce que tu fais ??
- Je fais les 500 mètres restants.
- Repose-moi par terre !!!
- Dans 500 mètres.
- C'est embarassant !
- Moins que d'être déshabillé en public.
- Ce n'est pas toi qui est porté !
- De quoi tu te plains ? C'est moi qui fatigue...
- Dis tout de suite que je devrais me mettre au régime...
- Tu es assez squelettique comme ça. Et voilà, 500 mètres. ... hn... Schu... tu es si pressé que ça ?
 

  I give you heat
 

- Ose dire que tu n'en meurs pas d'envie.

Crawford fit un petit sourire et plaquant Schu contre le mur le plus proche ravagea sa bouche dans un baiser sauvage et affamé.
 

  You say you're hungry
 

Schuldig se plia avec plaisir aux caresses divines de la langue de Crawford sur la sienne, laissant ce dernier savourer chaque parcelle de sa bouche et redécouvrir pour une énième fois ce goût suave et énivrant qui faisait sa personne.
 

  I give you meat
 

Laissant Crawford se satisfaire de sa chair, Schuldig s'infiltra dans l'esprit de Crawford.
Le flot d'émotions intenses qui s'y trouvaient valaient tout l'or du monde et Schuldig se plongea dedans comme dans une immense piscine où il pouvait savourer le désir, l'excitation, le plaisir et tout ce qui passait dans la tête de Crawford.
 

  I suck your mind
 

Une vague de plaisir intense fit voir des étoiles à Schuldig, son propre désir additionné à celui de Crawford pulsant dans sa tête au point de ne plus savoir où il était, de ne plus voir autour de lui.
 

  You blow my head
 

Schu quitta docilement l'esprit de Crawford pour revenir à la réalité, dévorant à son tour les lèvres de son amant, se plongeant avec autant de délice dans ses propres sensations que dans celles de Crawford.
 

  Make love
 

Il sentit une main le soulever de terre une nouvelle fois et le coucher sur un lit quelques mètres plus loin.
 

  Inside your bed - everybody
 

Schu attira son amant à lui et fit en sorte de se retrouver au-dessus de lui.
 

  Get down make love
 

Il lui retira ses lunettes et les posa hors de portée.
Crawford fit un soubresaut pour que ses lèvres atteignent à nouveau celles de Schuldig mais ce dernier le garda fermement en-dessous de lui à distance.
 

  Get down make love
 

Il commença à déshabiller son partenaire, prenant son temps et se réjouissant de frustrer Crawford un maximum.
Ca lui apprendrait à l'avoir fait attendre quelques instants plus tôt.
Mais son corps ne réagit pas de la même façon que son esprit sadique et sa bouche vint rejoindre la peau que ses mains exposaient.
 

  Get down make love
 

Crawford laissa échapper une longue expiration quand les mains de Schuldig s'attaquèrent à son pantalon, se préparant à ce qui allait venir.
 

- BBBBBRRRRAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAADDDDDDDDDDDDDDD !!!!!!

Crawford se réveilla brusquement, réalisant où il était et par là-même que Schuldig était à plusieurs milliers de kilomètres.

- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Le dîner est serviiiiiiii !!
- Tu es obligé de crier, Lawrence ?
- Je suis de bonne humeur !!

Crawford attrapa ses lunettes et contempla la pièce, vérifiant que Lawrence était bien derrière la porte comme il le pensait.
La chambre d'amis.
Sa chambre était devenu celle de Ian...
Il poussa un soupir.
Il n'aurait pas dû s'endormir.

- J'arrive...
- Okiii, je dis à Ian que tu descends !!

Il entendit le bruit familier de Lawrence descendre l'escalier fdamilial, reconnaissant entre mille le craquement de certaines marches et la chansonnette que fredonnait le jeune homme.
Il jeta ensuite un regard vers son pantalon et poussa un autre soupir.
Il était vraiment retombé en adolescence...

  Get down make love
 

Chapitre 4 : Sheer Heart Attack

- Qu'est-ce que c'est ?
- Un album photo ^-^
- Tu avais besoin de le ressortir ?
- Rooo, regarde comme j'étais mignon, là !

Lawrence pointe une photo colorée.
Crawford se reconnait dessus.
Il devait être en fin de lycée au moment de la photo...
Ian est aussi dessus et ne regarde pas l'objectif, perdu dans des pensées qui devait déjà être farfelues, ses cheveux toujours devant ses yeux.
Et Lawrence est au milieu, fier. Lui devait être encore au collège au moment de la photo...
Il pose, inconscient que derrière lui, un des jeunes hommes n'a pas conscience d'être là et l'autre donnerait beaucoup pour être ailleurs.
 

  Well you're just 17 and all you wanna do is disappear
 

Crawford regarda longuement Lawrence.

- Tu te décideras à grandir un de ces jours ou tu as l'nitention de rester immature et stupide pour le reste de ta vie ?
 

  You know what I mean there's a lot of space between your ears
 

- Bah, tu ne peux pas comprendre...

Lawrence saisit la photo de sa main gauche, dégantée, et ferma les yeux un instant.
Crawford avait conscience que le jeune homme était entrain de se replonger dans le passé, de savoir tout ce qui était arrivé autour de cette simple photographie.

- Pfff, personne n'a jamais aimé cette photo... je ne comprends pas pourquoi, je si pourtant bien dessus...
 

  The way that you touch don't feel nothin'
 

- Lawrence, qu'est-ce que tu cherches à faire ?
- Hein ?
- J'admets que je devais être plus... communicatif il y a quelques années, mais... on ne s'est jamais particulièrement bien entendus alors... pourquoi cette attitude ?
- C'est normal, non ?

Crawford réfléchit un instant.
Il ne savait pas trop s'il était d'accord avec Lawrence ou non.
Parce qu'il devait admettre que le jeune homme n'avait pas vraiment tort...

Il fut interrompu dans ses pensées quand il remarqua que Lawrence allait saisir son étui à lunettes qui reposait sur la table de sa main non gantée.
Quelle négligence.
Il savait qu'il ne suffisait à Lawrence que de le toucher pour... enfin, pour savoir tout de lui, mais il savait que le jeune homme n'aurait pas eu l'audace de le faire, Crawford lui ayant strictement interdit plusieurs années auparavant.
Par contre, il n'avait rien interdit sur son étui à lunettes et il voyait que Lawrence comptait en profiter.

- Lawrence Edward Benjamin Crawford, si tu touches cet étui, tu recevras la correction de ta vie.
 

  Hey hey hey hey, it was the DNA
  Hey hey hey hey, that made me this way
 

- Bradley Stewart Nevill Crawford, n'essaye pas de te faire passer pour ma mère, tu n'as jamais été très doué pour ça. Et puis j'ai commencé le karaté depuis que tu es parti.
- Tu en as fait assez pour battre un ex-champion de boxe ?
- Pourquoi faut-il que tu aies toujours le dernier mot ?
 

  Do you know, do you know, do you know, just how I feel
 

- Parce que je suis le grand frère.
 

  Do you know, do you know, do you know, just how I feel
 

- La vie est injuste.