Titre : L'intrus
Auteur : (Satan Petite) Flore
Pairing : Tezuka Kunimitsu x Oishi Shûichirô
Fandom : Tennis no Ôji-sama (Prince of Tennis)
Thème : #14 - Radio-cassette player
Disclaimer : Pas à moi T_T
Note : Ahem ^^; Je me suis laissée emporter trop loin par le thème, je crois ^^; (je décline toute responsabilité si vous vous mettez à penser que Tezuka est un vieux pervers après ça !)


Quand Oishi était abandonné seul dans la chambre de Tezuka, il se posait toujours la même question.

Il faisait un tour de la chambre, contemplant ce qui la meublait et qui caractérisait le garçon qui y dormait.
Le bureau impeccablement rangé correspondait parfaitement au président du conseil des élèves. Sur un mur, l'unique affiche présente dans la chambre de Tezuka rappelait sa passion pour la montagne, comme le meuble contenant ses leurres de pêche rappelait celle qu'il avait pour ce sport d'extérieur. Deux étagères remplies de livres montraient que le jeune homme était un avide lecteur, et le sac de sport qui venait d'être déposé dans l'entrée prouvait la place importante du tennis dans sa vie. Même le lit, bien plus dou et confortable qu'il ne le paraissait au premier abord, reflétait d'une certaine manière la personnalité du propriétaire de la chambre.
Mais au milieu de toutes ces affaires, il y avait... ça.
Un lecteur radio-cassette. Ce genre d'appareil sur lequel Oishi se souvenait avoir écouté des comptines pour enfants quand il était en maternelle.
Bien sûr, il savait que Tezuka n'était pas particulièrement versé en technologies modernes, mais quitte à avoir de quoi écouter de la musique, il aurait au moins pu avoir de quoi écouter des CDs... D'ailleurs Oishi se demandait sincèrement s'il était encore possible de trouver des cassettes dans le commerce.
De toute façon, ce n'est pas comme s'il avait jamais vu une seule cassette dans la chambre de Tezuka.
Juste ce radio-cassette, toujours à la même place, et qui l'intriguait à chaque fois qu'on lui laissait assez de temps pour être intrigué.

C'était le cas ce jour-là, Tezuka s'étant absenté quelques minutes pour chercher à boire.
Quand il pénetra dans la pièce, il tendit un verre à Oishi et l'invita à s'asseoir par la même occasion.
Le jeune homme s'assit sur le lit alors que Tezuka s'asseyait à son bureau, rangeant rapidement ses affaires de classe de la journée dans les tiroirs.

- Tezuka ?
- ... hmm ?
- Je peux te poser une question ?
- Tout dépend de la question.

Oishi réfléchit un instant, mais réalisa qu'il n'avait aucun moyen de savoir quel genre de questions Tezuka n'avait pas envie qu'on lui pose.

- Euh...
- Pose-la.
- Qu'est-ce que tu écoutes, avec ton radio-cassette ?

Tezuka releva les sourcils, étonné de la question.

- ... J'ai une ou deux cassettes que j'aime bien.
- Vraiment ? Qu'est-ce que tu écoutes comme musique ?
- ... ce n'est pas de la musique.
- Ah bon ? C'est quoi alors ?
- ...... disons quelque chose pour la relaxation.
- ... ah.

Oishi voyait à peu près le genre. Quelque chose avec de petits bruits naturels, genre ambiance forêt vierge ou vagues de l'océan.
Il n'avait jamais trouvé ça particulièrement intéressant -ou relaxant-, mais si Tezuka écoutait ça...

- Et ça marche ?
- Hein ?
- Ca relaxe ?
- ... disons que... ça peut aider.
- Tu m'en prêterais une ? Je n'ai jamais écouté ce genre de choses...
- ...... je ne suis pas sûr que ça te plaise.
- Ah ? Ce n'est pas le genre de cassettes avec le bruit des vagues et des mouettes pendant 90 minutes ?
- ... pas exactement.
- Comment ça pas exactement ? Un truc avec des petits cris d'animaux et une rivière qui s'écoule ?
- Oui, à peu près, on va dire.
- Ben j'écouterais bien, moi.
- ...
- Bon, d'accord, si tu ne veux pas me la prêter, je ne te forcerai pas. Mais tu pourrais la mettre dans le fond, là, non ?
- Non.
- Pfff...

Tezuka se leva de sa chaise et rejoignit Oishi sur son lit, passant un bras autour du jeune homme.

- Je te la prête si tu arrives à trouver de quel animal on entend le cri.

Oishi releva un sourcil, peu habitué à ce que son petit ami propose ce genre de jeu, mais déterminé à trouver. Il avala une gorgée de jus d'orange avant de tenter sa chance.

- Une marmotte.
- Non. Moins poilu.
- Un serpent.
- Plus gros. Je te laisse dix essais.
- Dix ? Pff... un iguane ?
- Plus gros encore.
- Un reptile plus gros ? Un dragon de Komodo ?
- Je n'ai pas dit que c'était un reptile.
- Un oiseau ?
- Non.
- Un mammifère ?
- Oui.
- Donc moins poilu qu'une marmotte... Un éléphant ?
- Pas aussi gros.
- J'ai un gros trou en ce qui concerne les mammifères peu poilus, là... ah je sais ! Un dauphin !
- Non plus. Il te reste deux essais.
- Donne-moi un indice.
- .... On le trouve en ville.
- Un chien ? Un chat ?
- Nous arrivons à dix, je garde ma cassette.
- Pff... dis-moi au moins quel animal c'était, ton mammifère peu poilu...
- ... non.

Tezuka se pencha vers Oishi, laissant ses lèvres se poser sur la tempe du jeune homme.
Celui-ci se tourna vers lui, et bien qu'il n'eût rien contre les marques d'affection de Tezuka, Oishi décida qu'il avait encore un moyen de contre-attaquer.

- Pfff....

Oishi tourna à nouveau son regard sur son verre en s'écartant légèrement de Tezuka, prenant un air abattu par la même occasion.

- ... Oishi.

Ca marchait.
Oishi savait pertinemment que Tezuka ne savait absolument pas quoi faire quand il faisait cette tête.
Il ne savait pas s'il devait s'approcher ou s'écarter, ne savait pas s'il devait se taire ou glisser des mots d'amour à son oreille, et à chaque fois, il se contentait de prononcer le nom de son petit ami en espérant qu'Oishi allait lui expliquer ce qu'il devait faire pour faire disparaître cet air de chien battu du visage de son petit ami.
Quelque part, Oishi était fier de ce pouvoir qu'il avait sur Tezuka.
Il était aussi fier de s'en être rendu compte et de pouvoir feindre avec un naturel étonnant un air particulièrement triste.

- ... qu'est-ce que ça te coûte de me dire ce que c'est ?
- ....... pourquoi en as-tu quelque chose à faire ?

Oishi tourna à nouveau son regard vers Tezuka, espérant que sa stratégie fonctionnerait comme il l'entendait.

- Parce que ça te concerne... et puis je suis curieux... alors comme en plus tu le caches, ça me donne encore plus envie de savoir.
- ... c'est que je ne sais pas comment tu vas le prendre.
- Hein ?

Tezuka n'expliqua pas plus, se leva et rapprocha le lecteur de cassette, sortant une cassette et un casque d'un tiroir de son bureau.
Il retourna auprès d'Oishi sur le lit, et après avoir mis la cassette en route, lui tendit le casque.

- Promets-moi de ne pas m'en vouloir pour ça.

Oishi comprenait vraiment de moins en moins de quoi il pouvait s'agir. Il hocha rapidement de la tête et enfila le casque, sa curiosité piquée au maximum.
Il entendit une voix. Celle de Tezuka.
Puis une autre. Il reconnaissait la structure de phrase et l'intonation, mais certainement pas le timbre. Il ne lui fallut que quelques secondes pour deviner que c'était la sienne.

- Tu as des cassettes de discussions entre nous ?
- ... on peut dire ça comme ça. Et pas "des". Juste celle-là. Et je te prie de croire que je n'ai pas fait exprès de l'enregistrer.

Oishi retira le casque et sourit à Tezuka.

- Pourquoi je t'en voudrais pour ça ? C'est plus mignon qu'autre chose.
- ...... est-ce que... est-ce que tu as réalisé de quel jour date cet enregistrement ?
- Non, pas fait attention.

Oishi remit le casque sur les oreilles.
La cassette avait continué à tourner, et on n'entendait toujours que leurs deux voix.
La conversation était familière à Oishi, mais il n'arrivait pas à la replacer précisément jusqu'à... jusqu'à une phrase de Tezuka.
Une phrase qu'il avait prononcée juste avant la première fois où ils...

Oishi retira brutalement le casque, son visage devenant écarlate au même moment.

- Ne me dis pas que l'enregistrement continue après !

Tezuka hocha de la tête.

- Je n'ai pas fait exprès... c'était une cassette pour un exercice d'anglais où il fallait enregistrer ses réponses. J'ai dû laisser le bouton appuyé...
- Alors... alors tu nous as enregistrer en.... en train de... ?

Tezuka opina à nouveau, une légère rougeur apparaissant sur ses joues.

- C'est euh... et tu l'écoutes régulièrement ?
- Pas si fréquemment que ça. Je sais que j'aurais dû l'effacer, mais je n'ai jamais réussi à m'y résoudre...

Oishi réenfila le casque par curiosité.
Cette fois, plus aucune voix. Juste quelques bruits peu clairs et puis...

- Oh mon Dieu, ne me dis pas que je fais ce bruit-là quand je... quand on... !!

Tezuka se contenta de rougir légèrement plus tout en remontant ses lunettes sur son nez.

- Oh la la...
- ... ça te rassure si je te dis que ça a plus ou moins changé avec le temps ?
- ... ah ?
- Hmm...

Oishi contempla ses mains qui tenaient le casque.

- Tu arrives vraiment à... à écouter ça ?
- ............. des fois je me contente de la conversation qui précédait tes cris de passion acharnés.
- Oh, ça va...

Oishi réenfila le casque, vu qu'il ne pouvait de toute façon pas rougir plus et qu'il ne croyait toujours pas aux sonorités qu'il pouvait émettre.

- ... et puis tu parles, mais on t'entend bien aussi.
- ..........
- Ah... tu disais mon nom avec tellement de fougue...
- ...... Oishi...

Oishi se tourna vers Tezuka, un léger sourire aux lèvres.

- ... je me demande si tu le crierais encore avec autant de passion aujourd'hui.
- ....... Oishi...

Il retira le casque et le posa à terre.

- Je vais m'arrêter là parce que ça donne des envies de...

Il releva son visage vers celui de Tezuka.

- ... enfin, tu vois, quoi...

Un léger rire sortit de ses lèvres mais fut vite interrompu par la bouche de Tezuka venant se poser sur la sienne, tout le corps du jeune homme le poussant à s'étendre sur le lit.
L'instant d'après, la langue de Tezuka venait frôler ses lèvres, juste un instant, avant que la bouche du jeune homme ne quitte la sienne et vienne rejoindre son oreille.

- ... des envies comme ça ?

Oishi sourit comme toute réponse et retira ses lunettes à Tezuka.
Leurs lèvres se retrouvèrent à nouveau alors que leurs corps se serraient l'un contre l'autre, les mains se perdant plutôt rapidement sous les vêtements.

- ... tu veux t'enregistrer une nouvelle cassette ?
- Pour que tu puisses entendre si tu cries toujours de la même façon ?
- Pour que tu voies qu'en fait tu dis mon nom encore plus fort qu'avant ?
- ....... tu ramèneras une cassette vierge la prochaine fois.