Titre : Nandemonai
Auteur : (Satan Petite) Flore
Rang : Hmmmm... Allez, on va dire NC-17... Y a des scènes mais ce sont pas les plus graphiques que j'ai pu écrire, quoi ^^
Disclaimer : *pleure déjà* Les personnages de Shojo Kakumei Utena (Naaaaaaan, pourquoi la musique de l'ascenseur de Mikage se déclenche-t-elle MAINTENANT ?? comme si j'étais pas assez désespérée !!) donc, euh... bon, ils ne sont... ils ne sont... pas à moi... La vie est cruelle et injuste... Note, Saionji est tellement OOC qu'il peut être à moi celui-là, ne ?
Pairings : Akio x tout le campus, Toga x presque tout le campus, Saionji x Toga, Miki x Akio (naaaan, j'déconne... quoique...)
Dédicace : A mon DAAAAAAAAD pour toutes les discussions passionnées sur Utena qu'on a pu avoir les vendredi soirs ^^ Merci de m'avoir tant écoutée déblatérer sur Saionji et Nanami !!!
Spoiler : La fic se passe au niveau de la fin de la cassette 8, à savoir l'épisode 32 mais je spoile pas trop sur ce qui se passe avant... Vaut mieux ne pas avoir loupé l'épisode 9 pour comprendre ma psychologie de Saionji, aussi, je pense...
Avertissement : Toga est un salaud. Akio est un pervers. Saionji et Nanami sont des anges innocents de pureté qui ne méritent que l'admiration des foules. Bon, même si vous n'êtes pas d'accord avec moi, lisez quand même ma fic, mais après faudra pas m'incendier pour me dire que Toga n'est pas SI salaud ou Akio SI pervers, hein ^^
 
 
 
 

/- Kyo-chan ?

Il se retourne et répond par un sourire.
Mais de la façon dont il cherche mon regard du coin de l'oeil, je sais que ce sourire m'est en partie adressé.
Il passe la main dans ses cheveux, faisant rebondir ses boucles sur ses épaules.
Il sait faire le charmeur quand il le veut, c'est clair.

- Maman demande si tu veux rester manger ce soir ?
- Non, merci, il est temps que je rentre...

Il se lève doucement, prenant appui sur sa main gauche.

- ... n'est-ce pas, Toga ?

J'ai toujours aimé sa voix. La façon dont il prononce mon prénom.

- Tu fais ce que tu veux, Saionji.

Je me lève aussi.
Et d'autres yeux se dressent vers moi.
Je vais bientôt être assailli.

- Onii-sama, demande à Kyo-chan de rester s'il te plaît !!

J'emets le petit rire que je sais qu'elle adore.

- Sois raisonnable, Nanami, il vient assez souvent.

Je l'avais dit, la voilà entrain de m'attraper au niveau de ma taille.

- Mais je sais que tu veux qu'il reste, onii-sama.

Je ne comprendrai jamais Nanami.
Elle fait tout pour que je ne pense qu'à elle et déteste qu'autre chose accapare mon attention, mais quand il s'agit de Saionji, elle agit différemment.
En parlant de Saionji, il s'est mis à rire.
Ma petite soeur l'a toujours amusé.
Je le vois enfiler sa veste.
Nanami a raison, je n'ai pas envie qu'il parte.
Mais je ne le retiendrai pas, aujourd'hui.
Nanami, sans me lâcher, tourne la tête vers Saionji.

- Kyo-chan, j'ai 6 ans demain, tu seras là ?

De nouveau, Saionji rit, de sa voix cristalline et on ne peut plus féminine. - J'aime cette voix. Le jour où il muera, je sais que je serai déçu de perdre ce son.-
Il se baisse au niveau de Nanami et lui promet de venir, puis se redressant, me regarde droit dans les yeux.

- Tu ne me jetteras pas dehors, Toga ?

Je ris.
Pourquoi je le jetterais dehors ?
J'aime bien avoir les choses qui m'appartiennent près de moi.
Parce qu'il m'appartient.
Tout comme la petite fille qui s'agrippe à moi.
Ces deux-là sont à moi, quoi qu'on en dise./
 

Je pousse un soupir.
Un rire.
Je sens deux mains qui explorent mon corps, pourtant encore habillé.

- A quoi penses-tu, Kiryu-san ?
- A rien.

Je me laisse faire. Il le sait.
Ses mains expérimentées passent sous ma veste au niveau du ventre et entament un voyage vers le haut.
Je pousse un autre soupir.
Peut-être pas de la même nature.

C'est relaxant.
C'est peut-être bizarre, mais j'apprécie de n'avoir rien à faire en ce moment.
Et je ne peux pas me plaindre de mon partenaire.
Il comprend tout mieux que personne.
Parfois, ça en devient même un peu frustrant.
Quand ce sourire angélique flotte sur son visage au teint basané, je suis sûre qu'il est capable d'atteindre le fond de mes pensées.

Mais pourquoi l'en empêcherais-je ?
A vrai dire, il clame déjà mon corps comme sien dès qu'il le souhaite.
Et ce n'est pas comme si j'avais envie de mettre fin au baiser que nous échangeons en ce moment.
Doucement, il retire ma veste, accompagnant chaque geste de baisers et de caresses de ses mains si talentueuses.
Il descend vers moi et une de ses jambes se cale entre les miennes.
Je souris.

- Je croyais que tu n'aimais pas les hommes ?

Il dit ça sur un air moqueur.
Ce n'est pas la première fois qu'il est au-dessus de moi comme aujourd'hui.
Et il sait très bien que j'apprécie ce qu'il peut bien me faire.
Mais il est vrai que ma réputation m'a précédée.
Que voulez-vous, quand on est passé au-dessus de toute la population féminine d'un campus, la population masculine du même campus commence à être jalouse.

- Effectivement, Akio-san, je ne déprave que les jeunes filles en fleurs.

Son sourire est énervant.
Magnifique mais énervant.
Il fait son charme et son mystère, ainsi que son côté diabolique.
Et c'est ce qui me donne l'impression qu'il peut faire avec moi ce que je fais avec tout le monde.
Trahir. Etre hypocrite.
Est-ce qu'Akio se pense supérieur à moi ? Comment me voit-il ?
Ce sont les questions que je me pose le plus souvent à son propos.
C'est dans des moments comme ça que je me rend compte à quel point je peux être égocentrique.

Depuis longtemps mon pantalon et tout ce que je pouvais porter est allé rejoindre ma veste un peu plus loin.
Akio vient de finir de se déshabiller, aussi.
C'est une vision merveilleuse que celle qui m'est donnée, bien que je ne doute pas que celle dont il jouit soit aussi des plus agréables.
D'ailleurs son sourire devient carnassier et ses yeux se remplissent de ce que j'appelerais du désir.
Je peux parler, les miens doivent être pareil.
Et je dois afficher un sourire qui l'invite à faire tout ce qu'il me fait.

De nouveau, il m'embrasse. C'est quelque chose que je fais mieux que lui, j'en suis sûr. Par contre, pour tout le reste, je souffre peut-être un peu de la comparaison.
Lentement, ses lèvres quittent les miennes pour descendre le long de ma jugulaire jusqu'à mon torse et entament un voyage particulièrement plaisant vers une partie de mon anatomie qui ne demande que ça.

C'est dans des moments comme celui-là que je comprends pourquoi je reviens le voir.
Il est particulièrement doué.
Ma respiration s'accélère et j'entends ma voix, si grave et sensuelle d'habitude, partir dans des gémissements un peu trop aïgus à mon goût.
Je vais exploser.

Il s'arrête, me laissant gémissant.
Il attrape quelque chose sur la table de nuit.
Je n'ai pas besoin de voir quoi pour savoir ce que c'est.

- Moi, je pense que si tu délaisses les hommes, c'est que tu as du être déçu par l'un d'entre eux.

Ses doigts glissent à l'intérieur de moi alors que j'ai la vision d'un visage qui a une époque était empreint d'une innocence qui me fait presque pitié aujourd'hui.
Je n'arrive pas à culpabiliser, même si je sais que je devrais.

Akio sourit tel le diable que je sais qu'il est et s'insinue en moi.
Je réprime un gémissement.
Au bout de quelques secondes, le plaisir est tel que je n'arrive plus à penser à rien.
A part à la dernière phrase d'Akio.
Cet homme est machiavélique.

Et terriblement doué dans un lit.

Son rythme a accéléré et je m'entends à nouveau pousser des cris, de plus en plus fort.

La fin est arrivé à la fois trop lentement et trop vite.
Comme à chaque fois.
Son front s'est reposé sur mon épaule quelques instants, alors que je poussais un long soupir qui cette fois s'apparentait à de l'épuisement, puis il s'est retiré de moi et s'est glissé en-dehors du lit.
Mes yeux se ferment lentement.
Je sais que quand je les rouvrirai, il ne sera plus là mais je m'en moque.

Lui, je n'ai pas besoin de le savoir mien.
 
 

1re partie.

J'ai toujours regretté le passé.
Aussi loin que je puisse me souvenir, je regrettais les temps heureux où mon frère n'était qu'à moi.
J'ai toujours su que je devrais le partager, mais je ne pensais pas qu'au fil des années il s'écarterait autant de moi.
J'ai souvent eu l'impression qu'il me trahissait.
Mais je l'aime, et je n'y peux rien.

- Nanami-saaaaaaaaaan !!!

C'est dans des moments comme celui-là que je me rends compte que je passe mes journées à penser à lui.
Je pousse un soupir.

- Qu'est-ce qu'il y a, Tsuwabuki ?

Comme d'habitude, Tsuwabuki parle de choses inintéressantes comme de mon déjeuner de demain ou de mes affaires de piscine.
Mais il est mignon.
Il me manquerait s'il n'était pas là.
Par contre, il faudrait me tuer pour que je l'avoue.

En fait, Tsuwabuki est la preuve vivante que quelqu'un de normal peut m'aimer.
Enfin...
Des fois je me demande si Tsuwabuki est bien normal.

Quand j'y pense, il ne manque pas grand chose à Tsuwabuki.
Il a un an de moins que moi, soit.
Un an n'est pas la pire différence d'âge qui existe.
Il est plutôt petit.
Je ne peux pas l'accuser de ça, ce n'est pas sa faute si les garçons grandissent plus tard que les filles.
Mais à part ça...
D'ici quelques années, Tsuwabuki sera un jeune homme qui fera bien des envies, j'en suis sûre.

Pourquoi est-ce que ça tombe toujours sur moi ?
Pourquoi je ne pourrais pas avoir une vie normale ?
Pourquoi suis-je amoureuse de mon frère alors qu'il se fiche de moi ?
Pourquoi mon seul prétendant potable est un gamin de primaire ?

La vie est injuste.
J'admets ne pas être un ange, mais il y a des jours où tout s'acharne contre vous, et vous n'avez pas envie d'être simplement gentille.
Manière, il n'y a que des imbéciles pour être gentils avec tout le monde.

- Nanami-san, tu m'écoutes ?

Comme j'aime bien Tsuwabuki, je suis franche avec lui.
Je me demande s'il m'en veut.

- Non, pourquoi ?

Ce regard déçu.
Je réalise que si la scène avait été la même où j'aurais pris la place de Tsuwabuki et mon frère la mienne, j'aurais une tête à peu près comme celle de Tsuwabuki.
De ce fait je sympathise avec lui.
Tsuwabuki est un peu bête, quand même...
M'enfin, c'est un garçon, aussi.
Ils développent leur cerveau encore plus tard que leur taille, s'il le développe bien un jour.

_________________________________

/- Toga !

Il ne m'entend pas.
Je sais qu'il me cherche, mais je n'ai peut-être pas assez de force pour crier.
Je lui avais dit que c'était une mauvaise idée.
Dès qu'on fait quelque chose d'un tant soit peu dangereux, c'est toujours sur moi que ça tombe.
Note, je l'ai un peu cherché, vu qu'on ne se serait pas séparé si je ne lui avais pas dit de rentrer.

Je me redresse.
Je me sens mal.
Je jette un regard désespéré vers sa forme qui s'éloigne et essaye de reprendre mon souffle pour l'appeler encore une fois.
Il se retourne comme mu par une impression juste avant qu'un son puisse sortir de ma bouche.

Rien ne pourrait décrire à quel point je suis heureux et soulagé.
Il accourt, et je vois bien que son regard est plein d'inquiétude.
Pour moi.
Mon coeur se serre encore plus en voyant ça.

Il arrive à mon niveau et s'agenouille à côté de moi.
Je ne dois pas être très beau à voir.
Il me sourit très gentiment et prend ma main entre les siennes.
Pendant quelques secondes, je crois voir une larme perler de ses yeux.
Mais je dois me tromper, Toga ne peut pas verser de larme pour moi. Il ne peut pas culpabiliser.
Fatigué et conscient d'être à présent en sécurité, je ferme doucement les yeux alors que sa voix murmure mon nom encore et encore./
 

- ...ji... Saionji...

Quelque chose me secoue le bras.
J'étais plus ou moins entrain de dormir.
En classe.
Ce n'est pas comme si je me souciais de ce qui se passait en cours, mais je me préoccupe tout de même un minimum de mes études.

La personne qui m'a réveillée n'est pas celle que j'espèrais.
Mais après tout, Toga ne vient plus en cours depuis plusieurs semaines, à présent.
Ca ne l'empêche pas de se ballader sur le campus en toute impunité, personne ne peut rien lui dire.

Non, la personne qui m'a réveillée est une des rares personnes qui m'adressent encore la parole dans ma classe.
Pourtant nous n'avons jamais été très liés et il m'a toujours semblé qu'elle ne m'appréciait guère.
Mais peut-être que le minimum de paroles qu'elle m'adressait avant est devenu plus important maintenant que je ne suis plus un des gars les plus populaires du campus.
Il faut dire que toutes les filles de cette classe ont du coucher avec Toga.
Que je le blesse ne les a peut-être pas réjouies.
Et moi ?
Personne ne se soucie de ce que j'ai pu ressentir en découvrant mon meilleur ami au bout de ma lame ?

Arisugawa a replongé son nez dans son livre.
Elle ne devait pas s'attendre à un remerciement quelconque de ma part, ou quelque chose comme ça.

Je glisse un "merci" en me penchant vers elle.
Elle se retourne vers moi, surprise.

Et, quoi ? Elle pense que je suis le pire des salauds, ou quoi ?
Je sais être gentil.
Je sais être charmeur, aussi.
Et je sais que le sourire que j'ai aux lèvres ne peut pas être pris comme antipathique ou hypocrite, car il n'est aucun des deux.

Elle rit.
D'un petit rire mignon qui ne la prend que de temps en temps, la plupart du temps quand elle charrie Miki.

C'est à son tour de se pencher vers ma table.

- De rien.

Elle sourit.
Je comprends pourquoi elle est considérée comme l'une des plus belles filles du campus.
Elle est magnifique.

Et je me demande ce qu'Anthy peut bien avoir de plus qu'une fille comme Juri.
Ou même Wakaba-kun, si on y réfléchit.
C'est juste la Fiancée de la Rose.

Je n'ai pas envie d'y réfléchir.
Car je ne veux pas savoir ce qu'il y a au fond de moi.
Je ne m'apitoyerai pas sur mon sort.

Quand j'y réfléchis, je me trouve juste pathétique la plupart du temps.
J'ai honte, des fois.
Je n'ai jamais, ou rarement, pris la peine de réfléchir à ce que les autres pensaient de moi.
Mis à part Toga.

Mais en ce moment Toga est un sujet tabou dans ma tête.

Enfin, j'essaye d'en faire un sujet tabou depuis deux ou trois ans maintenant.
Depuis que...
Des souvenirs remontent à ma mémoire.
Des souvenirs qui me sont chers d'une certaine manière mais que je préfèrerais ne pas avoir.

C'est quelque chose de naturel chez l'homme de regretter certains faits accomplis, non ?
 
 

2e partie.

Pour toujours auprès de moi.
Je repense souvent à cette phrase, qui se voulait innocente.
Mais c'est normal, celui qui l'a écrite est l'innocence même.
Nous avions quel âge ?
Huit ou neuf ans, peut-être.
C'était juste une carte d'anniversaire, et à l'époque, je l'ai pris dans mes bras et l'ai embrassé, comme c'était commun de le faire.
Puis j'y ai réfléchi.

Pour toujours auprès de moi.
Mais on ne m'en laisse pas le choix.

A de nombreuses reprises, j'ai fait en sorte qu'il me haisse.
Qu'il ne soit plus si attentif envers moi.

Mais il est tellement... tellement...
Enfin, il se fait du souci pour tout le monde. Il est trop gentil.
Trop gentil.

Sutout avec moi, il ne devrait pas.

Je n'ai jamais vu Miki mal s'entendre avec quelqu'un.
Je l'ai vu rire avec des personnes que je déteste.
Je l'ai vu parler avec des personnes qui, je le sais, le mettent mal à l'aise.

Mais à y réfléchir Miki est bien mal entouré.
Moi tout d'abord.
Puis ensuite, la personne qu'il fréquente le plus doit être Kiryu Nanami.

Quelqu'un de sain d'esprit ne fréquente pas Nanami.
Enfin, je crois.

En plus, si elle est comme son frère, je crains pour la pureté de mon pauvre petit frère.

J'éclate de rire toute seule.
On me regarde d'un drôle d'air.
Je m'en fiche.
Je suis une fille différente.

Je pousse un soupir.
Je m'ennuie.
En parlant de Nanami...
Je vais aller voir Toga.

_____________________

Je m'ennuie.
Il y a encore peu de temps, quand je m'ennuyais de cette façon, je passais voir Mikage.
Il m'a toujours beaucoup amusé.
Et puis bon, sa compagnie n'était pas désagréable.

A y réfléchir, je couche avec des femmes par intérêt.
Avec des hommes, plus pour le plaisir.
Enfin, les deux se mêlent.

Ne me demandez pas comment je passe de Mikage à mes préférences sexuelles, je n'en ai aucune idée.

Il me faudrait un nouveau but.
Mais je n'ai pas envie de réfléchir.

Je rigole.
Je repense à Toga, hier soir.
Ce garçon est... comment dire... étrange.
Mais je le cerne sans trop de difficultés.
En fait, ses peines lui sont infligées par des choses qu'il considère comme peu importantes.

A penser à Toga, je trouve mon nouveau but.
Enfin, je crois.
Hier j'ai touché juste quand je l'ai dit déçu par un homme.

Et pas besoin d'être très fut-fut pour deviner de qui il s'agit.

Je regarde au dehors.

Les étudiants ressemblent à des fourmis vus d'ici.
J'attrape de petites jumelles.

Mes yeux sont tout de suite attirés vers Nanami.
La soeur de Toga.
Hmmm.
Intéressant.
Note, je crois que je serais plus amusé de la réaction qu'il aura quand j'aurais touché à son meilleur ami plutôt que celle qu'il pourrait avoir si je touchais à sa soeur.

Mais je ne suis pas dupe.
Même s'il fait en sorte que je ne m'en aperçoive pas, je sais très bien qu'il tient à elle.
Mais chaque chose en son temps.

Mes jumelles font glisser mes yeux le long des classes.
Après la classe de Nanami vient une classe de primaire, mélangés à quelques élèves de collège, encore...
Des lycéens commencent à sortir.
Pas ceux que je cherche.
D'autres collégiens.
Ma soeur.
Ma vision passe très vite à autre chose sans que je m'en rende vraiment compte.
Je reste quelques secondes sur Wakaba, qui semble chercher quelqu'un derrière elle...
... mes jumelles suivent son regard et tombent sur celui que je cherche.

Il est entrain de discuter avec Juri Arisugawa, qui fait partie du conseil des étudiants.
Une des rares filles du campus qui n'est pas passé par le lit de Toga -ni par le mien, d'ailleurs-.
Je ne pensais pas que ces deux-là étaient amis.
Mais après tout.

Je les connais bien plus mal que je ne le pense, en fait.

- Akiooooooo-saaaaaaaaaaaan !!!

Mon regard ne se détourne pas, mais je sais que ma bouche esquisse un sourire.

Elle fait partie d'un autre plan.

- Bienvenue, Tenjo-kun, je peux t'être utile à quelque chose ?
 

3e partie.

/- Tu t'appelles comment ?
- Kyoichi. Saionji Kyoichi.
- Je peux t'appeler Kyo-chan, alors ?

Je pouffe de rire.
Kyo-chan.
Ca lui va bien...

- Si tu veux.

Saionji paraît toujours plus âgé quand il est avec des enfants plus petits.
Il a l'air calme et serein, comme un adulte.
Son sourire est rassurant.
Et à ce sourire, ma petite soeur répond par un sourire des plus mignons.
J'aime bien les choses mignonnes, mais il ne faut pas exagérer.

- Alors, Kyo-chan ?

Il ne me répond pas.
Il se tourne vers moi et me sourit en fermant les yeux.
Un sourire franc, sincère, innocent.
Comment peut-il être mon ami ?
Pauvre garçon.

- Je ne m'attendais pas à te voir sourire comme ça.
- C'est la première fois que tu m'appelles plus ou moins par mon prénom.

Je suis scié.
J'ai l'impression qu'il a pris mon coeur et l'a découpé en petits bouts de tailles égales, qu'il a jeté sur le feu après les avoir enduits d'huile.
Je suis doué pour les métaphores stupides.

Enfin, c'est pas ça que je voulais dire.
Enfin, pensé.
Il ne devrait pas avoir cette emprise sur moi, non ?/

Je m'étire lentement et entend un petit rire venant de la salle de bains.
Une silhouette se dessine dans l'encadrement de la porte, puis s'approche langoureusement de moi.

- A quoi pensais-tu, Toga ?
- A rien.

Elle s'arrête au-dessus de moi, une jambe de chaque côté de mon corps, et sa bouche vient jouer avec mon oreille.

- J'aurais peut-être du dire "à qui" ?

Je ne réponds pas.
Je n'ai pas envie.
Si Kozue commence à avoir les dons d'Akio, où va le monde ?

- Tu sais bien que je ne risque pas d'être jalouse... Alors... c'était une fille ?

Je détourne la tête et évite son regard.
Elle rigole.

- Un garçon, c'est ça ?

Ses lèvres jouent le long de mon cou et sur mes clavicules.

- Hmmm... Reste à trouver quel garçon...

Je la pousse et me lève brusquement.
Je ne permets pas à Kozue ce que je permets à Akio.
Elle a l'air surprise une seconde puis m'offre un sourire.

- Susceptible aujourd'hui, hein ?

Elle enfile sa chemise et commence à se rhabiller.

- Tant que ce n'est pas de mon petit frère...

Je rigole intèrieurement et dessine sur mon visage le sourire le plus diabolique que je pense pouvoir faire.

La tête qu'elle tire est trop mignonne.
Les filles sont toujours mignonnes quand elles sont fâchées.
Mais Nanami l'est plus que Kozue.

Elle me frappe, pas trop méchamment, sur la tête.

- Je ne te connaissais pas ces penchants !

J'éclate de rire.
Elle aussi.

J'aime bien Kozue.
Elle ne me colle pas trop.
Et elle se fiche bien de mes sentiments ou quoi que ce soit.

Si je le pouvais je souillerais Miki rien que pour l'embêter.
Je suis immonde.

Mais c'est ce qui fait mon charme, non ?

__________________

Je ne veux pas rentrer chez moi.
Je n'ai pas envie de le voir.
Je l'aime, d'accord.
Mais ça ne veut pas dire que je lui pardonne tout.
Que j'oublie tout.

Je ne peux pas aller chez Tsuwabuki.
Même si cette fois-ci, je sais qu'Akio ne m'empêcherait pas d'y aller, je ne peux pas.
Je ne veux pas penser à Akio.
Il me met mal à l'aise.
Et mine de rien, je ne veux pas embêter Tsuwabuki.
Miki ne peut pas me recevoir.
Je n'ai plus d'autre ami.

Aïe.
Je suis rentrée dans quelqu'un.

- Kyoichi ?

Il me regarde de haut.

- Ah, c'est toi...

Je n'ai pas parlé avec lui depuis un bon moment.
Pourtant il fut un temps où nous étions...
... presque...
...amis ?

Saionji jette un regard à droite, à gauche, pousse un soupir et me regarde avec les yeux qu'il avait quand il était plus jeune.
Quand il était gentil.

Ce regard est réconfortant.
Plus que ne pourra jamais l'être celui de mon frère.

- Qu'est-ce qui ne va pas, Na-chan ?

Je rigole.
Un tout petit rire d'abord.
Il a l'air vexé.
J'éclate de rire.
Il comprend que je ne ris pas de lui, mais que c'est plus nerveux qu'autre chose.

- Tout, Kyo-chan.

Il éclat de rire lui aussi.
Je ne l'ai pas vu rire comme ça depuis plusieurs années.
Mais moi non plus je n'ai plus ri de cette façon franche depuis un certain temps.

Nous nous calmons tous les deux.
J'essuye les larmes qui ont perlées à mes yeux tellement j'ai ri.
Je suis contente d'avoir récupéré "Kyo-chan".
Je pensais qu'onii-sama l'avait tué.
 
 

4e partie.

Il m'a semblé arrogant le premier jour où je l'ai vu.
Mais de temps en temps dans son regard, je voyais une lueur bien plus douce et bien plus agréable que ce qu'il offrait au monde extérieur.
Il souffrait.
Je le savais.

Mais j'ai toujours pris l'habitude de ne pas me mêler des affaires des autres.
J'étais nouvelle, je ne le connaissais pas, il était une figure influente du conseil des élèves et il fallait que je prenne mes marques.

Mais même une fois que j'ai rejoint le conseil des élèves, je n'ai pas pris l'initiative de percer à jour le bon côté de Saionji.
Il est moins pire qu'il n'y parait.
Surtout aujourd'hui.
Il a regagné un peu d'humilité.
Il ne veut pas le montrer, mais c'est le cas.

J'aurais aimé le rencontrer plus tôt.
J'aurais aimé voir ce qui en a fait un être froid et suffisant.
Mais je sais la réponse.

Enfin... c'est ce que je croyais jusqu'à aujourd'hui.

La Fiancée de la Rose.
Si Saionji n'avait pas au doigt le sceau qu'il porte, s'il n'était pas un duelliste, il ne serait pas ce qu'il est.
Non, ce n'est pas ça.
Miki est duelliste, et reste ce qu'il a toujours été.
Moi non plus, je n'ai pas changé.

Ce qui a pu changé Saionji, c'est ce qui le pousse à vouloir Himemiya.
Pas de l'amour, ça j'en suis certaine.
Saionji ne ressent que de la haine à son égard.
Trop, même.
Je pense qu'il rejette sur elle tous ses malheurs.

Et s'il veut le pouvoir des miracles, pourquoi ?
Pour l'éternité ?
Qu'est-ce que cherche Saionji dans ces duels ?
Ca je n'en sais rien.
Mais ce qui l'a poussé à combattre, ça je ne sais que trop bien ce que c'est.
Ou qui c'est.

Toga.

_______________

/Je l'entends répéter mon prénom sans cesse et sans cesse, alors que sa main court dans mes cheveux.
J'ai rêvé de ce moment depuis si longtemps.
Et maintenant il s'offre à moi.

- Kyoichi...

Ma voix est douce et se veut rassurante, comme ma main qui passe le long de son visage angélique.
Il me sourit.
C'est la vision que j'aime le plus en ce bas-monde.

Il m'attire à lui.
Mes lèvres atteignent les siennes et ne peuvent les quitter.
Cette sensation n'est comparable à rien de ce que j'ai pu ressentir jusqu'à présent.

Et je sais qu'il nous reste encore bien à faire.

J'hésite.
Je n'ai pas envie de tout râter.
Mais après tout c'est sa première fois à lui aussi, non ?

Lentement, je fais glisser le t-shirt qu'il porte par-dessus ses épaules, essayant du mieux que je peux de paraître assuré dans mes mouvements.
Il tremble.
Froid ou peur ?
Son sourire hésitant me dit peur.

Je reglisse vers lui et l'embrasse à nouveau.

Il est à moi.
Je ne veux pas casser ma chose.

Qui plus est, je sais que ma confiance augmentera avec la sienne.

Mes mains glissent le long de son torse.
Il est magnifique.

Sous mes doigts je le sens frétiller et j'observe avec délice ses yeux se fermer de plaisir.

Ses mains s'agrippent à ma chemise encore à peine ouverte et les soupirs qui sortent de sa bouche me portent à croire que nous atteindrons bientôt le point de non-retour./

- Toga-sama !

C'est pas le moment.
Laissez-moi.

Je pousse un soupir.

Après tout ce n'est qu'un souvenir.
Je peux le faire revenir quand je veux...

J'essaye du mieux que je peux de cacher l'état d'excitation dans lequel je suis en me levant.
Hmm, ça ne doit pas trop se remarquer.

On m'appelle pour le téléphone.

Après un soupir, j'attrape le combiné.

- Toga ?

Juri ?
Je ne l'ai jamais eue au téléphone jusqu'à présent.

- En quoi puis-je t'aider ?
- Rien, rien, je voulais juste te signaler que ta soeur dort chez moi, ce soir.

Ma soeur ?
Mais mais... chez Juri ?
Qu'est-ce qu'elle fait chez Juri ?

- Nanami ?
- Tu as plusieurs soeurs ?
- Euh, non, non... Je me demandais juste ce qu'elle faisait chez toi.
- Elle dort. C'est une longue histoire. Je rends un service à quelqu'un qui en a besoin, c'est tout.
- Toi ? Un service à Nanami ? Je ne pensais pas que tu l'aimais.
- Qui a dit que c'était à Nanami que je rendais un service ?

Je suis interloqué.
Mais j'ai la tête encore trop embrumée pour essayer de comprendre.
Juri émet un petit rire.

- Bonne soirée, Toga.

Sans que je m'en rende compte, c'est à présent le son des sonneries vides du téléphone qui atteignent mon oreille.

Mais qu'est-ce que fait Nanami chez Juri ?
Et c'est quoi cette histoire de service ?

Umpf.
Je n'irai pas jouer les grands frères éplorés chez Juri.
Nanami a bien le droit de faire ce qu'elle veut.
Enfin, ça c'est ce que je dis et pas ce que je pense.
 
 

5e partie.

Juri met un doigt devant sa bouche pour me faire signe de me taire.
Apparemment Nanami est bel et bien endormie.

Je pousse un soupir et m'assied dans le canapé qu'elle m'indique.
Je remarque alors comme le 2 pièces de Juri est bien tenu.

Ma chambre aussi est toujours bien tenue. Mais il n'en ressort pas le charme de l'appartement de Juri.

Je relève mes yeux vers elle et je vois qu'elle me regardait, un petit sourire flottant sur ses lèvres.

- Tu veux boire quelque chose ?
- Euh, si ça ne te dérange pas, j'aimerais bien un thé.
- Pas de problème.

Elle quitte la pièce, sûrement pour faire bouillir de l'eau.
Je m'adosse au canapé et pousse un autre soupir, fixant le plafond quelques secondes.

Je n'avais pas parlé plus d'une minute à Nanami depuis trois ou quatre ans.
Juri ne m'avait jamais adressé la parole qu'avec dédain ou indifférence.

Qu'est-ce que je fais là ?

Ma tête roule doucement sur le côté, et par l'entrebaillement de la porte, je peux voir la silhouette de Nanami, endormie sur le lit de Juri.
Elle semble paisible.
Elle en a de la chance.

Peut-être que dans ses rêves, comme dans les miens, son frère n'est pas l'ordure qu'il est en réalité.

Je l'espère pour elle.
J'aurais du faire en sorte qu'il ne lui fasse pas subir ce que j'ai subi.

Si ce n'est pas trop tard, je le ferai désormais.

Juri revient, habillée d'un hakama bleu marine.
Elle pose un plateau sur la table à côté de moi.

Je me demande combien d'étudiants du campus aimeraient être à ma place.
Je souris.

La vie fait bizarrement les choses.

Elle me tend délicatement une tasse fumante puis s'assied face à moi.
Elle n'a plus le sourire qu'elle avait jusqu'à maintenant.
Elle va vouloir des explications, et je n'en ai aucune à lui donner.

______________________

Je tourne en rond depuis tout à l'heure.

Mon plan marchait très bien jusqu'à ce que je me rende compte que Saionji n'était pas au dojo de kendo comme il était censé l'être.

Pourquoi me refuse-t-on une si anodine distraction ?

Je ne dirige plus mes pas et n'essaye pas de savoir où ils vont me mener.

La nuit n'est pas encore tombée, mais la soirée est bien entamée, et le soleil émet une lueur très colorée ce soir.

Le campus est vraiment un site magnifique et je ne me lasse pas d'en contempler les merveilles.

Je pousse un soupir.
J'essaye juste de me cacher ma déception.

Je pourrais toujours aller voir Toga.
Mais je n'ai pas envie.
C'est d'un autre dont j'avais envie.

Je m'assieds sur une balançoire et pousse un soupir.
Je ferme les yeux.

- Akio-san ?

Apparemment, j'aurais quand même de la compagnie, ce soir.

- Oh, Wakaba-kun, bonsoir.
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je... réfléchis.

Je ne peux pas lui dire que je suis venu observer les étoiles, on les voit bien mieux de mon planétarium.

- Et toi ?

Elle pousse le petit rire qui lui va si bien.
Je souris.
Je la vois presque fondre.

- Je viens souvent ici. Avant je venais ici dès que j'avais un problème ou un chagrin. Maintenant, je viens pour me rappeler que la vie n'est pas si triste après tout.

Je fais mon sourire triste.
Elle me regarde dans les yeux.
Ne peut pas voir ce que je pense.

- Des chagrins d'amour ?

Elle penche la tête sur le côté.

- Comme toutes les jeunes filles.

Je feins l'ignorant, mais je sais bien que Wakaba a le béguin pour un certain garçon qui aurait du se trouver au dojo de kendo.
Non, ne repensons pas à ça.
Note, avant d'avoir celui qui m'intéresse, autant avoir sa prétendante.

- Je te racompagne, Wakaba-kun ?
 
 

6e partie.

Le seul bruit que j'entends est celui que fait ma paille alors que j'essaye désespérément d'aspirer le milk-shake un peu trop solide qu'on m'a servi.
Je suis content qu'il n'y ait pas eu de réunion du conseil des étudiants aujourd'hui.

Mais j'ai l'impression qu'il se passe quelque chose que tout le monde sait sauf moi.
Nanami pousse sans arrêt de longs soupirs.
Juri lance des regards qu'elle pense que je ne vois pas à Saionji.
Saionji est poli et agréable.

Quelqu'un a fait quelque chose à ces trois-là.
Je ne vais pas me plaindre, ils ne sont pas pires que d'habitude.
Et puis c'est agréable que Nanami se taise un peu.

Note, j'aime bien Nanami.
Elle est un peu spéciale et peut paraître égocentrique, mais elle est très gentille avec les personnes qu'elle apprécie.
Je pense qu'elle m'apprécie.

Je repose mon verre, le temps que mon milk-shake fonde un peu.
Je me demande si je dois poser la question.
Mais je ne sais pas vraiment quelle question je pourrais poser.

Je n'ai pas envie de me faire incendier par Juri si je dis qu'elle a des vues sur Saionji.
Comment j'ose penser ça ?
Je rougis.
Pauvre Juri, si elle savait ce que je pense en ce moment.

J'aime bien Juri aussi, mais moins que Nanami.
C'est vrai qu'elle peut paraître plus gentille, plus douce, plus agréable, moins "Nanami" (lisez peste, même si je n'oserai jamais penser à Nanami comme à une peste) mais...
Humm, ce n'est pas non plus son attitude froide qui me gêne.
A la limite plutôt le contraire... elle a des fois des gestes envers moi qui me semblent... déplacés.
J'aimerais pouvoir lire le coeur de Juri.
J'apprécie les gens dont les sentiments sont clairs dès qu'on les regarde.

Par contre, pour Saionji...
Je ne le connais pas vraiment, il est vrai.
Mais le peu de temps qu'il a passé comme fiancé d'Himemiya m'a fait le détester.
Oui, détester.
Qui pourrait penser que le sage Miki puisse détester quelqu'un ?
Mais depuis, le sort de Saionji m'est redevenu indifférent.
Je l'ai trouvé pathétique, mais aujourd'hui, je me dis qu'il est peut-être comme tous les élèves de ce campus.
Juste quelqu'un ayant subi un traumatisme quelconque et qui a des problèmes de comportement avec les autres personnes (j'ai réalisé il y a quelques temps que beaucoup de personnes sur le campus étaient comme ça...).

Oh, si je l'ai vu, là !
La main de Juri a frôlé celle de Saionji j'en suis sûr.
Je suis entrain de me faire un mauvais feuilleton télé.

C'est pas grave, c'est amusant.

______________________

/- Saionji ?

Je me retourne vers Toga.
De toute l'après-midi, c'est moi qui ai eu le plus besoin de son aide, alors je serais heureux de lui être utile à quelque chose.
Je me lève, me dirige vers sa chaise.

J'aime bien réviser avec Toga.
C'est quelque chose que nous faisons depuis le début du collège.

Toga se lève aussi.
Pourquoi ?
Je pensais qu'il allait me demander conseil.
Peut-être veut-il qu'on sorte prendre l'air.

Je me suis rendu compte il y a une semaine ou deux que je l'avais dépassé en taille.
Pas de beaucoup, deux ou trois centimètres.
Mais je l'ai remarqué.
Toga a toujours été plus grand que moi.
Et il a grandi un peu avant moi.

Mais maintenant je l'ai rattrapé.
Et il n'est plus le seul à avoir une voix grave et sensuelle.

Je souris à l'absurdité de mes pensées et cherche le regard de Toga pour savoir ce qu'il me veut.

Je trouve un regard que je n'ai jamais vu chez Toga.

Je ne m'inquiète pas.
C'est Toga.

Il semble hésiter à me dire quelque chose.

Ca me choque.
Je pensais être son meilleur ami.
Je pensais qu'il pouvait tout me dire sans hésitation.
Je pensais...

Oups, là je ne pense plus vu qu'il vient de me plaquer contre un mur et de coller ses lèvres aux miennes.

Toga ?
Je dois être entrain de rêver.

Rêver ?
Eh oh, on se réveille là-dedans ?
Toga est un mec !
Ton meilleur ami !

Hmmm, oui, peut-être, mais c'est pas désagréable...

Je retourne son baiser, finalement.
J'ai l'impression d'avoir toujours attendu ce moment même si je ne m'étais jamais rendu compte de l'attirance qui pouvait exister entre Toga et moi.
Problématique.

Je passe mes bras autour de son cou et il m'attrape par la taille.
Nos corps sont vite collés l'un à l'autre et le baiser se prolonge, encore et encore, de plus en plus profond, de plus en plus sauvage.

Finalement, il s'écarte et me regarde dans les yeux.
Il a un sourire que je ne lui ai jamais vu.
Décidément c'est une journée pleine de surprises et de découvertes ^^
Comme je dis ça, moi...
On dirait que je suis un gamin parti en classe verte.

Enfin, j'aime le sourire qu'affiche Toga.
Il a l'air satisfait et heureux au plus haut point.

Je commence à réfléchir plutôt que de partir dans des pensées absurdes.
Toga m'a embrassé.
Toga.
Embrassé.
Toga.
...
Oui, bon, j'arrive pas bien loin dans mes réflexions.

M'enfin, j'ai pas que ça à faire.

Mes lèvres se rapprochent à nouveau des siennes et réclament un autre baiser brûlant.

Heureusement, Toga est conciliant.

Je réfléchirai un autre jour./

Je m'écarte d'elle dans l'instant.
Je suis un salaud.

- Excuse-moi.

Je détourne le regard.
Je voudrais être ailleurs.

Je sens sa main tourner lentement ma tête vers elle, mais je garde les yeux fermés.
J'ai peur de ce que je pourrais lire dans les siens.

- Saionji...

Je frissonne.
Tout doucement, elle amène mon visage contre son épaule et me prend dans ses bras de façon rassurante.

Pourquoi ne puis-je pas tout simplement aimer une fille comme ça ?

7e partie.

Elle est différente aujourd'hui.
Comme depuis quelques temps.

Elle est plus belle aussi.

Et plus triste.

- Ca ne va pas, Nanami-san ?
- Non, pas vraiment, mais ne t'inquiète pas.

Plus gentille.
Avec moi en tout cas.

- Et toi, Tsuwabuki ?

Hein ?
Quoi ?
Elle elle elle...

- Euh, ça va, ça va.

Je sue à grosses gouttes sans vraiment savoir pourquoi.
Je suis un imbécile, non ?

Ou juste amoureux, peut-être.

- Tsuwabuki ?
- H... Hai ?
- Je dois chercher des affaires chez moi ce soir, tu veux bien m'accompagner ?
- Chez.. chez toi ?

Je ne comprends pas bien.
Mais c'est normal, je suis un "gosse"...

- Oui, je... J'ai trouvé un autre endroit où aller pour le moment.
- Je suis content pour toi.

Elle me regarde, interloquée.
Puis me sourit.
J'aimerais savoir ce qu'elle pense.

Vivement que les années passent.

Un jour, je serai grand et fort.
Un jour, je pourrai réellement la protéger.
Un jour, elle sera à moi et plus rien ne pourra me la voler.
J'interdirai qu'on lui fasse du mal, et elle sera heureuse pour toujours.

On peut toujours rêver, non ?

________________________

Ce n'était peut-être pas la chose à faire.
Ce n'est pas que je le regrette, non, mais...

J'ai déjà pris des décisions plus intelligentes dans ma vie.

(Moi ? Intelligente ? Ouh la, je vais pas bien...)

Note, je connais peu de personnes qui auraient résister.

Je pousse un soupir alors que ses lèvres remontent le long de mon bras dans une caresse divine.

Je sais qu'à l'heure où les cours finiront, Utena viendra voir si je ne suis pas malade.
Ce n'est pas ma faute, je ne pensais pas que ça puisse durer tout ce temps.

Mais je ne vais tout de même pas me plaindre, non ?

Il me regarde et sourit.
Il fait ça depuis hier soir, maintenant.
C'est quelque chose de bon pour mon ego.

- Tu pensais à quelque chose ?
- Je me disais qu'Utena va bientôt passer, vu que je n'étais pas en cours.
- Et tu n'aimerais pas qu'elle me trouve ici, c'est ça ?

J'adore le sourire qu'il fait.
Je l'attire vers moi et approche mes lèvres de son oreille.

- Je l'entends déjà me dire...

Je m'écarte et essaye au mieux d'imiter ma mailleure amie.

- "Akio-san a déjà une fiancée !!"

Il rit.
Un rire franc.
Toute sa personne semble franche, mais je suis sûre qu'il n'en est rien.

Il se lève tout doucement, laissant courir sa main sur mon corps.

Alors qu'il se rhabille lentement je l'admire.
Il est vraiment beau.
Sûrement le plus bel homme qu'il m'ait été donné de voir.

Encore torse-nu, il se dirige vers le coin cuisine de ma petite chambre.
Apparemment quelque chose à attirer son regard.

Non.
Pas ça.

- Elles sont mignonnes ces tasses.

Il soulève l'une des deux et se retourne vers moi un sourire au lèvres.
Il voit la tête que je fais et reregarde la tasse.

- Elles représentent quelque chose de particulier ?
- Oui. Un bonheur. Une déception.

Il passe le doigt le long d'une fissure de la tasse qu'il tient en main.

- Je l'avais cassée. Mais je l'ai recollée.
- Il faut savoir se réconcilier avec son passé.

J'éclate de rire.

- Ou avec la personne avec qui tu partages ce souvenir.

Je me tais brusquement.

Il revient près de moi, s'asseyant sur le lit, toujours son sourire aux lèvres.

- J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas, on dirait.

Je soupire.

- Cela fait bien longtemps que je me suis résignée, mais...

Je me tais.
Je n'ai pas le courage de continuer.

- Mais...?
- Je... je crois que je l'aime encore.

Ce n'est que quand Akio passe sa main sur ma joue que je me rends compte qu'une unique larme a filé le long de mon visage.

- Ex...Excuse-moi...
- Ce n'est rien.

Il me prend dans ses bras.
J'aime beaucoup Akio.

- Tu.. tu ferais mieux de partir, vraiment...
- Tu es sûre que ça va aller ?
- Oui, oui...

Il se lève doucement, remet sa chemise, se penche vers moi et dépose un baiser sur ma joue, là où s'était arrêté ma larme, puis sort de ma chambre.

Je me lève, m'habille répidement et ouvre la fenêtre pour aérer la pièce.

C'est bien la première fois que je n'ai vraiment pas envie de voir Utena.
 
 

8e partie.

/J'ai entendu la porte.
Ce doit être Nii-sama...

- Kyo-chan, c'est à toi.
- Laisse-moi réfléchir.

Eh eh, je suis entrain de battre Kyo-chan.
Je suis contente.
Nii-sama va arriver juste à point pour apprécier mon triomphe.

J'entends sa voix au loin.
Il appelle "Saionji".
Je n'aime pas la sonorité du nom de Kyo-chan, mais mon frère a une si belle voix que tout sonne bien quand il parle.

- Saionji !! Tu peux venir ?
- Deux minutes ! Je finis ce que je suis entrain de faire !

Saionji semble se concentrer encore plus sur le jeu.
Pas la peine, il va perdre.
J'en suis sûre.

Le temps passe.
Au bout d'une dizaine de secondes, j'entends mon frère encore une fois appeler son meilleur ami.

- Deux minutes, j'ai dit !!

Saionji semble vouloir attraper une pièce, puis se ravise.
Un autre mouvement avorté.
J'aime bien l'expression qu'il a quand il réfléchit.
Il a les sourcils froncés mais n'a pas l'air méchant.

J'entends la porte qui s'ouvre.
Derrière mon grand frère, un peu essouflé.
Il n'était pas censé rentrer avant ce soir, mais je suis contente qu'il soit là.
Je veux me lever pour le rejoindre, mais j'aimerais avoir fini ici avant.

- Saionji ?
- Oh, bonsoir Toga, je finis juste ça et j'arrive.

Kyo-chan s'est à peine tourné vers Toga puis a replongé son regard vers le jeu.
Une dizaine de secondes plus tard, il avançait une pièce puis se levait, se tournant vers Nii-sama.

- On m'avait dit que tu rentrais plus t...

Kyo-chan s'interrompt.
Je comprends tout de suite pourquoi.

Le regard de Nii-sama.

Je ne l'ai jamais vu avoir l'air aussi méchant.

Il se tourne vers moi et j'ai l'impression qu'il pourrait me tuer avec son regard.
J'éclate tout de suite en sanglots sans savoir pourquoi.

Kyo-chan a l'air un peu hébété.
Il ne comprend pas mieux que moi pourquoi Nii-sama est en colère.

- C'est ça que tu faisais ?
- Euh, oui... Je ne savais pas à quelle heure tu rentrais alors j'ai passé l'après-midi avec Nanami.
- On ne t'a pas dit à quelle heure j'étais supposé rentrer ?
- Si, si, mais je n'avais pas envie de rentrer à la maison. Et puis j'ai bien fait de rester, vu que tu es rentré en avance.

Kyo-chan offre son plus beau sourire à mon grand frère : les yeux presque fermés, la tête penchée sur le côté, les cheveux ne passant pas dans sa queue de cheval haute frôlant ses épaules.
Le regard méchant de Nii-sama s'atténue doucement.
Il lance un rapide regard vers moi.

Pour la première fois de ma vie, mon frère n'essaye pas de me consoler alors que je pleure.

Il se tourne vers la porte.

- Viens.

Kyo-chan le suit, après s'être tourné vers moi et m'avoir lancé un regard rassurant.
Je sais que c'est la dernière fois que je le vois de cette façon./

- Nanami ?

J'arrête de ranger des vêtements dans la valise que Tsuwabuki tient sur la tête et me tourne vers l'entrée de ma chambre.
Hmm.
Je ne voulais pas penser au fait que j'avais de fortes chances de le rencontrer, mais maintenant je regrette de ne pas savoir ce que je vais bien pouvoir dire.

- Oui, Nii-sama ?
- Pourquoi ?
- Pourquoi pas ?
- Ce n'est pas une réponse.

Je ne le regarde pas et recommence à ranger des vêtements.
Tsuwabuki a l'air embarassé.

- Je fais ce que je veux.

Je l'entends marcher vers moi.
Il saisit mon poignet.
Il me fait mal.

Tsuwabuki est prêt à lui sauter dessus, ça doit être pour ça que mon frère l'envoie balader d'un coup de pied dans le ventre.

 - Tsuwabukiiii !

Nii-sama me tire en-dehors de la chambre, mais dès le couloir, je ne fais plus un pas de plus.
Il va devoir me traîner s'il veut m'emmener plus loin.
Mais apparemment il s'en fiche.

Il m'envoie violemment contre un des murs.
Je n'avais jamais vu mon frère comme ça.
J'ai peur.

- Tu fais ce que JE veux.

Je ne bouge plus.
Il se penche vers moi.
Non.
Non.

Subitement son visage est écarté du mien et sa main se déserre.

- Ne la touche pas !

Tsu... Tsuwabuki ?
Nii-sama s'écarte et regarde le jeune garçon qui a osé porter la main sur lui.
Il commence à rire.
De plus en plus fort.

Il s'arrête.
Semble vouloir dire quelque chose puis se ravise.

Il repart en riant.

Je sens mes genoux faiblir et je glisse à terre.

- Nanami-san ! Nanami-san ! Ca va ?

Je relève les yeux vers Tsuwabuki.
Je n'ai jamais été aussi heureuse de sa présence.

- Merci... Mitsuru.
 
 

9e partie.

Des vacances.
Voilà ce qu'il me faudrait.
Je ne sais pas pourquoi, tout à coup, tout refait surface et tout me fatigue.

Je n'ai envie de penser à rien.

Je fais semblant de ne pas m'en rendre compte, mais mes pas me dirigent vers le dojo de kendo.
Ce doit être l'habitude.

Il ne doit plus y avoir personne à affronter, mais un minimum d'exercice physique me fera du bien.

Effectivement, le dojo est déjà fermé...
Mais en temps que capitaine, j'ai les clefs.

Une fois à l'intérieur, après avoir jeté un rapide coup d'oeil autour de moi, je me dirige vers les vestiaires.

En fait, ça me fait du bien d'enlever l'uniforme que je porte.
J'avais l'impression d'étouffer là-dessous.

Mécaniquement, une fois sorti des vestiaires, je vais prendre un shinai.

L'atmosphère ici est toujours différente quand il n'y a personne d'autre.

Je respire profondément.
J'entends presque les cris de la moitié des filles du campus qui interviennent à chaque fois que je me mesure à Toga.
Et pourtant tout est calme auour de moi.

Je suis las de tout ça.
Le plus simple serait de l'oublier.
De partir.

En me retournant je suis rentré dans quelqu'un, lachant du même coup mon shinai.

Je me demande si Dieu, Buddha, ou je ne sais qui, ne se fout pas un peu de ma gueule quand je vois qui c'est.

Je le regarde dans les yeux.

- Va-t-en.

Il sourit.

Je hais quand il fait ça.

Peut-être parce que je me rends compte qu'il se fiche de moi.

- Pourquoi ?
- Je n'ai pas envie de voir ta sale tronche ici.
- Il fut un temps où tu...

Toga se rapproche dangeureusement et j'en suis conscient.
Mais j'ai le choix entre me prendre les pieds dans les bacs qui contiennent les shinai, foncer dans un mur ou...

... Je le claque de toutes mes forces.

Une raison de plus pour qu'il me considère comme une des jeunes filles après lesquelles il court.

Sauf que quand une fille claque, ça ne rend pas la joue aussi rouge.
Oh, ça vire joliment au violet.

Ses yeux n'ont pas quitté les miens, ou alors juste un bref instant.
Et son sourire revient très vite aussi.

Va-t-en.
Va-t-en, je t'en prie.
Je sais que je ne pourrais pas faire plus.
Je suis trop fatigué pour me battre.

Dans un mouvement rapide, sa main vient le long de ma joue.

Je ne m'écarte pas.
Ca ne me fait plus rien.

Je m'étonne qu'il ne me rende pas la claque que je viens de lui donner.

A la limite, ce serait peut-être mieux que ce qui va suivre...

- Il fut un temps où...

Il marque un temps, me mettant au défi de l'interrompre à nouveau.
Je n'en fais rien.

 - ... où tu aimais bien me voir.

Juste ça ?
Il aurait pu trouver mieux...
Une de ses belles métaphores stupides...
Note, il n'en fait plus depuis qu'il a 15 ans, je crois...

Ce qui devait arriver arriva, mais j'y étais préparé.
Ses lèvres sont sur les miennes.

Il n'a même pas besoin de retenir mes bras ou quoi que ce soit, je ne fais rien.
Absolument rien.
Ca doit le frustrer un petit peu, quand même.
J'espère.
Il force un peu.
Courage Toga.
En fait, je crois que je suis entrain de mourir de rire.
Mais regardez-le s'acharner sur moi...
Et après on dit que JE suis pathétique...

Je commence à rire.
Assez pour qu'il s'écarte.

L'instant d'après je suis au sol.
Il vient de me donner la plus retentissante claque que j'ai jamais reçue.

Mais je ris encore.

Il me tire par le col.
Me plaque contre le mur.

Il peut faire ce qu'il veut, je m'en fiche.
Il ne contrôlera plus ma vie.
Plus jamais.

___________________

Je me suis encore paumé.
J'ai faim.

Je suis sûr que je sais où je suis.
J'ai faim.

Allez, réfléchissons...
Où suis-je ?
Raa, j'ai faim.

Hmm, mais oui, je suis dans le planétarium.
Et dans le planétarium...
... il y a souvent des biscuits sur la table basse.

Ca tombe bien j'ai faim.

Je me dirige donc vers le coin "salon" du planétarium avec ses beaux canapés, sa table basse et ses biscuits.

La table !
Et il y a bel et bien des biscuits !!

ITADAKIMAAAAAAAAAAASU !!!!!!!

J'entame avec ardeur un biscuit quand j'entends un petit rire...
Ah ben tiens, y a quelqu'un ici ?

Oh, oui, je le connais, lui.
Il fait de bons gâteaux, je crois.

Je prends un bout de biscuit en plus en bouche et le regarde.

- Chu ?

Waaaaaa, mais eh oh...
Il m'a embarqué avec mon biscuit sur sa main...

Pfiou... les humains ne pensent jamais que les animaux puissent avoir le vertige...

Il me regarde de bien plus près, et je suis entrain de finir mon biscuit...
J'ai faim.
J'en veux un autre.

Il me regarde vraiment de près.

Chuuuuuuu
 

10e partie.

Je me rends compte que c'est ce dont j'avais besoin.
Je souris intérieurement, ma bouche trop occupée à jouer le long de son torse.

J'ai chaud.
Ca fait bien longtemps que je n'ai pas ressenti ça.

Depuis la dernière fois, en fait.

Sauf que cette fois-ci il ne tremble plus sous mes caresses et ses yeux ne sont plus remplis de l'adoration qu'il me portait autre fois.

Mon visage est juste au-dessus du sien.
Ses yeux qui regardaient le vide se sont fixés sur les miens.
Un voile de tristesse les couvre.

Pas de colère.
Rien.
Pas comme toutes les fois où je le provoque et où il s'emporte.
Non.

Juste...
... de la tristesse.

Comme j'aime ce visage.
Comme il est beau quand il est triste.

Mes lèvres viennent goûter les siennes puis recommencent à voyager, déposant des baisers de-ci, de-là.

Mes mains ont progressivement fait leur chemin jusqu'à sa taille...
Il est encore plus beau qu'il y a trois ans.
Plus fort, plus musclé, magnifiquement svelte.

Une de mes mains remonte pour défaire sa queue de cheval.
Vraiment, vraiment beau.

- Toga.

Je suis surpris de l'entendre dire quelque chose.
Je le regarde et sourit.
Il sourit en retour.

Encore une fois, mes lèvres descendent vers les siennes, mais cette fois-ci le baiser est partagé.
Je vais exploser.
Mon coeur bat la chamade comme jamais.

Nos lèvres se séparent finalement.
Wow.
Et je pensais que j'embrassais bien...

Il me sourit encore.

- Toga. S'il te plaît. Arrête.

Mon coeur fait un saut.
Il m'a bien eu.
Mais ses yeux pleins de tristesse...

Ma bouche vient se poser une dernière fois sur la sienne, dans un baiser court et chaste, puis je me relève, sans trop savoir pourquoi.

Je le contemple une dernière fois.
Son regard est de nouveau vide, fixant le plafond.

Un jour je continuerai ce que j'ai commencé.

_____________________

Je pousse un soupir.
Il choisit ses meilleurs moments pour disparaître.
Mais je crois savoir où le trouver.

Je me demande pour qui je fais ça.

Je suis une fille complètement illogique.
Il faudra que quelqu'un m'explique ma conduite d'aujourd'hui.

Je pousse un soupir.
J'arrive.
La porte est ouverte.
Il doit être là.

Une ombre à l'intérieur.
Non deux.

L'une se lève et se dirige vers la sortie.
Toga.

Par terre, j'ai le temps de distinguer Saionji, avant de bouger pour ne plus rester dans l'ouverture de la porte.

Je m'appuies contre le mur en attendant que Toga sorte, essayant de ne pas réfléchir.

Il passe et s'arrête un mètre après avoir passé la porte.

- Bonsoir, Juri.

Il se tourne vers moi et me sourit.
Je ne me suis jamais posé la question de savoir si j'aimais bien Toga ou pas.
Maintenant je sais.
Je ne l'aime pas.

- Ne l'approche plus.

Il se rapproche de moi.
S'il croit me faire peur.
Il ricane.

- C'est toi qui va m'en empêcher ?
- S'il le faut.
- Et comment ?

Je réponds en le regardant fixement.
En fait je n'ai pas d'idée.

- Je te le laisse... mais je veux quelque chose en échange.

Il s'approche dangeureusement.
Ce type est immonde !
Je me plaque le plus possible contre le mur.
Sa bouche s'approche de mon oreille et susurre.

- Je veux voir ma soeur.
 
 

11e partie.

Je pleure.
Encore.
Encore.
Encore.
Je n'arrive plus à faire que ça.

Mon coeur se serre dès que je pense à 'lui', alors j'essaye de penser à autre chose.
A quelqu'un d'autre.

Je renifle.

Mon sauveur du jour.
Tsuwabuki.

Mes pleurs redoublent.

Pauvre Tsuwabuki.
Je l'ai renvoyé chez lui une fois qu'il m'ait escortée jusqu'ici.
Il ne voulait pas mais il est incapable de me désobéir.

Je pourrais m'enfermer pendant cinq ans puis ensuite découvrir un Tsuwabuki adulte que je pourrais aimer.

Je retombe en arrière sur mon lit.
Enfin... le lit de Juri.

Je pousse un soupir.
Non.
J'aime Toga.

Mes larmes ont séché quelques secondes.
Ma situation est désespérée, mais je n'ai pas envie de désespérer.

Je peux être forte.
C'est peut-être étonnant, mais plusieurs personnes m'aident dans mon malheur.
Pas celles que j'aurais cru, mais j'en suis heureuse.

La porte.
Je suis contente que Juri rentre alors que je ne pleure plus.
Je vais être forte.

Je vais me lever et la remercier pour tout.
Je me dirige vers la porte de la chambre, entendant celle de l'entrée se refermer.

- Okaeri, Juri.
- Tadaima.

Je recule.
Nii-sama.
Je ne veux pas mais je panique.

Comment ?

En une seconde, je recule jusqu'au lit pour y tomber assise et Toga est à la porte de la chambre.

- Laisse-moi !

Le Toga de tout à l'heure aurait souri à cette remarque.
Pas maintenant.

Il se rapproche.
J'ai peur.
Cette fois, Tsuwabuki n'est pas là.
Ni Juri, ni Kyo-chan.

Il se penche vers moi.
Sa main se place le long de ma joue.

- Nii... Nii-sama...
- Chhhh...

Son autre main passe dans mes cheveux et il me regarde avec les yeux les plus beaux que j'ai jamais vus.
C'est... c'est le Toga que j'aime.
Celui qui me défend, celui qui ne peut pas me faire de mal.

Il m'attire vers son épaule.

- Excuse-moi, Nanami.

Comment voulez-vous que je résiste à ça ?
Je me remets à pleurer.
Plus doucement.

Ses lèvres sont dans mes cheveux et son bras autour de moi.
Je voudrais que ce moment dure pour l'éternité.

Au bout de quelques secondes, je ferme les yeux, fatiguée.
C'est reposant.
Rassurant.
Nii-sama.

Quand il écarte ma tête de son épaule qui est maintenant trempée, je ne sanglote presque plus.
J'aime le sourire qu'il arbore.
Un sourire qui dit qu'il comprend ce que je ressens.

Ses lèvres viennent se poser en dessous d'un de mes yeux, faisant disparaître mes larmes.
Comme ses lèvres sont douces.
Elles réitèrent la même chose au haut de mon autre joue.

Elles s'aventurent ensuite vers mon front où elles déposent un long baiser qui me semble pourtant trop court.

Finalement, sa bouche se dirige lentement vers la mienne.
Je n'attends que ça.

Je l'aime.
Je n'y peux rien.

_____________________
 

- Tu veux un milk-shake ?

Je souris intérieurement.
Je m'approche de la table et attrappe le verre qu'il m'a destiné.

Tu es trop innocent, Miki.
Tu ne devrais pas me faire confiance.

Sans qu'il ne se doute de rien je verse ce que je tiens dans la main dans mon verre.
J'aime bien faire des expériences.

Et puis finalement, je lui fais remarquer que son verre est plus plein que le mien.
Quelle injustice, Miki.

Avec un grand sourire, il me tend son verre contre le mien et commence à boire.
Pauvre garçon.

En quelques secondes, il a fini son verre et le repose vide sur la table.

- Chu-chu ?

Oups, ça n'a pas l'effet escompté.
Mon frère est devenu dingue.

- Mais oui, c'est Chu-chu !

Miki se baisse et se relève avec une espèce de petit singe dans la main.

- Mon Dieu, Chu-Chu, tu n'as pas l'air en forme ! Qui a pu te faire ça !
- Que... qu'est-ce que c'est ?
- C'est le petit singe d'Himemiya.

Oh.
Je vois.

- Tu ferais mieux de le lui ramener, il n'a pas l'air en forme.
- Oui, j'y vais tout de suite.

Il me lance un grand sourire en partant.
Je ris intérieurement.
Ca ne pouvait pas tomber mieux.

Je ne sais pas si j'envie ou si je plains la personne sur qui Miki va tomber.

Et je ne veux même pas imaginer qui ce sera.
 
 

12e partie.

J'ai un peu mal à la tête.
Enfin, pas vraiment.

Disons que j'ai plutôt l'impression d'être dans les vapes...

Par contre, je ne sais pas pourquoi, je suis très heureux.
Peut-être parce que j'ai une excuse pour aller voir Himemiya.

Je suis sûr que j'ai un sourire stupide affiché sur mon visage.

Ite.
Je suis rentré dans quelqu'un, à force de me presser et d'avoir la tête en l'air.
Bravo, Miki.
Ce n'est pas sérieux tout ça...
J'éclate de rire.
Je ne sais pas pourquoi, je trouve ma situation euphorique.

- Oh, Akio-san !!! Bonsoiiiiiir !!

Pourquoi est-ce que je crie, moi ?
Akio me sourit.
Qu'est-ce qu'il peut être loooooooooooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuuche.
Wow.
Mais il est mimi aussi ^^
Je fais un grand sourire.

- Et bien, Miki-kun, tu as l'air de bien bonne humeur.

Quelqu'un doit me dire pourquoi mes yeux n'arrivent pas à se décrocher du premier bouton de sa chemise.
Hmm.
Oui !
Il n'a pas de cravate !
Roooo, c'est honteux !
Hmm.
Mais très... très très intéreeeessaaaaaaaaant.
Bon, allez, je vais quand même lui répondre, hein...

- J'ai... euh... trouvé Chu-Chu... Il n'avait pas l'air d'aller très bien, alors je me suis dit que je devrais le ramener à... le ramener à... à...
- A ma soeur.
- Eeeeexactement.
- Dis-moi, Miki, tu as bu quelque chose ce soir ?
- Un énôôôôôôrme milk-shake... Qui était très.. très très bon, d'ailleurs... Je fais très bien les milk-shakes, vous savez, c'est ma graaaaande spécialité... Ooooh... Chu-Chu... ça va pas...?

Akio me regarde et rigole.
Pfff..
Les hommes...
Ah ben tiens, hein...
J'ai des pensées intelligentes, moi...
Et pourquoi il a siiiii peeeeeeuuuu de boutons ouverts à sa chemise, aussi ?

Je tends Chu-Chu qui est recroquevillé dans ma main vers Akio.
Qu'il voit, hein !
Nan, mais, oh...

- Tu... vous... hein, tu vois, il va pas bien ?

Akio rigole.

- Ah ça... Tu veux que je te dise ce qui lui est arrivé ?

Nan imbécile.
Je veux que tu ouuuuuuvres cette chemise.
Pffff...
Je boude.

- Excuse-moi d'être si impoli, tu veux rentrer ?

Ooooh, ben tiens, j'étais déjà arrivé au planétarium ?
Qu'est-ce que je marche viiiiiiiite...
Oh mais bien sûr que je vais rentrer.
Mais je ne garantis pluuuus rien pour ta chemise après...

- A... avec chemise ! Euh... plaisir ! Et pis j'aimerais bien qu'on me montre ce qui est arrivé à Chu-Chu aussi... quand même...
- Pas de problème, Miki-kun.

Il est serviable quand même.
Ôte ta chemise, imbécile.

___________________________
 

Des pas.
On ne me laissera donc jamais tranquille ?

- Saionji, ça va ?

Qu'est-ce qu'elle fait là...?

- Hmmm...

Je me rassieds et mes yeux cherchent les siens.

- Et toi ?

Elle semble surprise de la question, mais me fait vite un sourire amusé.

- Personnellement, je vais bien. Je venais te chercher parce que Nanami est en pleurs à cause de Toga...

Ah ben tiens...
Il s'occupe, le Toga...

Juri me tend la main pour m'aider à me relever.
Ca faisait bien longtemps que ce geste n'avait plus été dirigé vers moi.

Je l'attrape et me lève...

Hmm... Le haut de ma tenue de kendo n'est plus vraiment sur mes épaules...
Enfin...

- Euh... tu m'attends deux minutes ?

Elle me fait oui de la tête.

Je retourne vers les vestiaires d'un pas un peu trop hésitant à mon goût...

J'ôte mes vêtements et vais sous la douche presqu'instantanément après être rentré dans les vestiaires.

Au bout de quelques secondes, je m'étale sous la douche, assis et recroquevillé sur moi-même alors que l'eau passe au-dessus de moi...

J'ai l'impression que tout ce qui vient de se passer vient seulement d'atteindre mon cerveau...

Qu'est-ce que je suis censé faire ?
Je n'arrive pas à trouver de réponse logique à cette question.

Je pourrais flinguer Toga.
Je pourrais me jeter du haut du planétarium.
Mais je n'ai envie de faire aucun des deux...

D'abord, réfléchir à ce que je veux.
Je veux...
Je veux...

Que tout redevienne comme avant.

Je veux...

Toga.
 
 

13e partie.

Hmmmm...
Banane...
Oui, son milk-shake devait être à la banane...

Mes lèvres se séparent lentement de celles de Miki.

J'ai presque honte que ce soit lui qui est pris l'initiative, m'arrachant quasiment ma chemise et m'embrassant à pleine bouche dès la porte passée...
Mais on va renverser la tendance...

J'appuye sur le bouton de l'ascenseur et la porte s'ouvre instantanément.
Je pousse Miki à l'intérieur et commence à déboutonner sa veste, ma bouche suivant le geste.
Lentement.
Très lentement.

Je l'entends pousser de petits gémissements et le sens tirer sur ce qu'il reste de ma chemise.
Ma bouche forme un sourire alors que mes lèvres capturent un de ses tétons.

Ses mains se placent autour de mon cou et je sens bien qu'il s'accroche à moi.

Mais tu n'as encore rien vu, Miki-kun...

Alors que ma bouche passe à son autre téton, laisant un filet de salive traîner sur son torse, mes doigts partent jouer sur son estomac.
Je sens bien que tout ça fait de l'effet, Miki peut à peine tenir debout.
Je passe une de mes mains sous sa veste, encerclant sa taille, histoire de le soutenir puis recapture sa bouche avec la mienne.

J'entends un "ding" et la porte de l'ascenseur s'ouvre.

Mes lèvres se séparent lentement de celles de Miki, puis mes mains.

Je passe la porte de l'ascenseur, puis lui tourne le dos, marchant d'un pas mesuré vers ce qui me sert de lit dans des occasions pareilles.

______________________

J'avais besoin de prendre l'air après le sermon d'Utena.
Pff, on a pas le droit de sécher, de temps en temps ?

Mon pied frappe une petite pierre qui attérit un peu plus loin.
Je soupire.

Je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas de très bonne humeur, ce soir...
Pourtant la journée avait plus que bien commencé...

Le soleil s'est couché depuis assez longtemps, maintenant. Je ne sais pas quoi faire.
L'air c'est bien, mais ça ne vaut pas Akio...

Encore un soupir.

Je ne vais pas m'arrêter, moi...

J'entends des voix.
Deux.
Une que je reconnais instantanément.
Saionji.
Puis je vois les personnes auxquelles elles appartiennent et reconnaît aussi la deuxième personne.
Arisugawa.

Je suis jalouse.
Je ne peux pas m'en empêcher.

Je baisse la tête, fais semblant de ne pas les avoir vus.
Avec de la chance, je vais les croiser sans qu'il ne se passe rien.
Mais au fond de moi, ce n'est pas ce que j'espère.

Ca y est, je suis à leur niveau.
Mon coeur bat plus fort même si je voudrais l'en empêcher.

- Wakaba-kun ?

Je ne sais pas si cette phrase m'envoie au paradis ou en enfer.
Au moins il se souvient encore de mon nom.

Il s'excuse brièvement auprès de Juri et s'approche de moi.
Il a l'air... différent...

- Je... euh, je voulais te demander si je pouvais passer chez toi, un de ces jours... Tu sais, quand j'ai réintégré l'académie, je t'avais promis un cadeau... Ce n'était pas très poli, mais je... euh, je le pensais.

Mon coeur flanche.
C'est le Saionji... le Saionji que j'aime.
Il n'est pas arrogant comme lorsqu'il est sur le campus... il est comme... comme quand il était chez moi.

- Ce... ce n'est pas la peine, tu sais.
- Si, si, j'insiste.
- Tu... tu ne peux pas me l'amener en classe ?

J'aimerais arrêter de bégayer...

- Je ne préfèrerai pas, c'est un peu encombrant.

Oh, alors il l'a déjà.
Je... je... je ne sais pas quoi dire.
D'ailleurs il n'attend pas une réponse et continue de parler.

- J'ai quelques problèmes en ce moment, mais si tu trouves un créneau, je passerai, promis.

Des problèmes ?

- Tu... tu veux passer prende le thé...? Demain soir, par exemple ? Je serais contente de t'avoir à la maison, Saionji-senpai.
- Demain. Je serai là. Merci, Wakaba-kun.

Je rigole.

- Pourquoi tu me dis merci ? C'est toi qui me ramènes un cadeau !

Il sourit.

- Je dois y aller... Mais demain, sans faute, Wakaba-kun !
- A demain, Senpai.

Saionji rejoint Arisugawa et ils reprennent leur chemin.

Je fais quelques pas puis m'assoit sur un banc.

Finalement, c'était une très bonne journée.
 
 

14e partie.

Non mais oh, qu'est-ce qu'il fait, làààààààà ?
On me laisse pas derrière comme ça.
Hein.
Non.
Faut pas exagérer...
Ces hommes...

Il l'aura voulu.
Pouf ! Je lui ai sauté dessus par derrière et on s'étale sur le graaaaaaaaaaaaaaaaaaaand lit ^^
Qu'est-ce que je m'amuse...

Cette chemise m'énerve, j'ai beau en ôter des bouts, il en reste toujours...
Grumpf...
Raaa, mais il bouge, le coquin !
Je le plaque sur le lit de façon à ce qu'il soit couché sur le dos et m'assieds à califourchon sur son ventre.
Non mais.
Il faut faire les choses DANS L'ORDRE.
D'abord, la chemise.
Trèèèèèèès important la chemise.

J'éclate de rire.
Suis-je bête !
Avant même la chemise... il y a la cravate...
Mais... mais où est sa cravate...
Bon, partons à la recherche de sa cravate...
Hmmmm, pas autour du cou déjà...
Pas cachée dans sa bouche...
Nan, nan, Akio, je ne vais pas faire joujou dans ta bouche pendant dix minutes...
Enfin, bon, juste cinq, alors...
...
...
Bon, où est cette cravate...?
Pas dans sa nuque, pas perdue quelque part dans ses cheveux...
Descendons un peu...
Pas dans ce qui reste de ses manches...
Mes mains explorent ce qu'il peut y avoir sous son dos puis ce qu'il y a entre les bouts de chemise et son torse.
Non, Miki on ne s'attarde pas...
Enfin... juste un peu, quoi...
Bon, ben il a du la mettre dans son pantalon.
Je glisse ma main à l'intérieur.
Pas de cravate.
Pas de caleçon non plus.
Mais ça s'annonce tout de même trèèèèès intéressant.

Bon, ben faute de cravate on va finir la chemise, hein...

Eh oh, qu'est-ce qui s'passe ?
Ooooooh, mon tour d'être sur le dos...
Quel magnifique revirement, Akio, tu es vraiment très doué...
Enfin, ça je n'en ai jamais douté...

Wooooow, comme ma veste vole bien...
Bouuuh, c'est injuste, moi j'ai pas de cravate, c'est plus facile pour lui !
Bon, pas grave, manière je suis pas d'humeur... je vais être magnanime et le laisser au-dessus exceptionnellement...
Hmmm...
Définitivement doué.

Oh ben tiens, il est gentil, il ôte lui-même ce qui lui reste de chemise...
Et pouf ! Vol plané jusqu'à ma chemise !
Yatta !
Les pantalons ! Les pantalons !

Oups, j'ai du le dire à voix haute, parce qu'il me regarde en rigolant, puis descend lentement vers mon sus-dit pantalon avec un regard... loooouuuuuuuuuuuuuche...
Oh, courageux, il s'attaque à la fermeture éclair avec les dents...
Oups, je crois que je viens de crier...
Bon, maintenant que j'ai commencé, pourquoi je m'arrêterais, hein ?
Je place mes bras autour de son cou et déguste tout ce qu'il peut bien faire à mon pantalon et ce qui se trouve en-dessous...

Youuhoouuuu !! et le pantalon rejoint le reste des habits !!
Le tien, le tien !
Aaaaaaaah, ce qui est bien avec Akio, c'est qu'il est toujours conciliant.
Il se relève, et enlève son pantalon blanc d'un geste... loooooooouuuuuuuche... euh.. non, on va dire sexyyyyyyyyy plutôt... plus dans le ton...
GROAAAAAR
Je siffle mon admiration.
Il sourit.

Allez, viens te réchauffer.
Toujours conciliant, je vous l'avais dit...

_____________________

- Nii-sama ?

Il ne répond pas.
Dès qu'on est rentrés, il m'a raccompagnée à ma chambre et est parti s'enfermer dans le noir.
Il ne va pas bien.
Je le sais.
Je sens ce choses-là.

Tout est bien plus clair dans ma tête, maintenant.
Ma place est ici, auprès de lui.

Je rentre doucement dans la pièce et m'approche de lui.

- Nii-sama ?

J'ose approcher une main de son bras.
Il ne me repousse pas.

- Tout va bien ?

Il me regarde et me sourit.
Mais ses yeux sont si tristes, je le vois bien.
Il ne peut rien me cacher, je suis la personne qui le connaît le mieux.

- Peut-être pas.

Je m'assieds à côté de lui.
Je vais l'écouter.
Je n'ai jamais pris le temps.
Note, il ne m'a jamais ouvert son coeur, non plus.

- Si tu veux parler...
- Je... je ne sais pas.

Je le regarde encore un instant puis me lève.
Il sait où me trouver.

- Reste.

Je me retourne et lui sourit.
Je me rassieds sur son lit, attrapant une de ses mains entre les miennes.

- C'est moi qui vais faire la conversation, alors. Et si tu ne veux pas répondre, je ne t'obligerai pas.

Nii-sama acquiesça.

- Bon alors... trouvons déjà la source de tes chagrins.
- Comme tu dis ça, je ne suis pas entrain de pleurer !

Je rigole.
Lui aussi.

- Mais euuuh, laisse-moi faire !
- D'accord, d'accord.

Ses yeux sont déjà plus joyeux.
Je suis heureuse de pouvoir lui venir en aide.

- Déjà ce n'est plus moi, n'est-ce pas ?
- Ma petite soeur préférée, un problème ? Impossible.

Il attrape ma taille et me serre contre lui.
C'est bon d'avoir un grand frère comme ça, quand même.
Et je suis contente que nos problèmes soient réglés.

- Ce n'est pas non plus à propos des Confins du Monde ou des duels ?
- Non...
- Tu es impuissant ?
- Tu veux vérifier ?

J'attrape un coussin et lui tape dessus en rigolant.

- Je plaisantais !!!
- Je sais, baka !

Au bout de quelques secondes nous redevenons sérieux.

- Hmmmmm... Bon, alors c'est pas un problème de filles...
- Le seul problème que je pourrais avoir avec les filles c'est d'être impuissant ?
- Eeeeet oui... c'est tout ce que tu fais, non...?
- Et les sentiments et tout ça ?
- Tu veux me faire croire que TOI tu puisses avoir des SENTIMENTS pour une FILLE parmi le millier avec lequel tu couches régulièrement -si ce n'est toutes en même temps ?
- Tu me connais trop bien, Nanami...

Je souris.

- Tu n'es pas frustré, quand même ?
- Hmmm... faut voir...

Je fais ma tête "tu es pervers"...

- C'est pas VRAIMENT ça, le problème, hein ?
- Hmmmmm...
- Il a un nom, le problème, au moins ?

Il ne répond même plus par un "hummm"... il évite mon regard d'ailleurs...
Mais il... il rougit ?
Kyaaaaa, c'est mignon...

- Tu rougis !!! Tu rougis !!!!!!!!! Hmm... donc il a un nom... il... c'est un garçon, c'est ça ???????? Frustré par un garçon ?
- Mais euh !

C'est à son tour de me frapper avec le coussin.

- J'ai deviné ! J'ai deviné !

Il rit.
J'adore mon grand frère.
 
 

15e partie.

/C'est... c'est à peine si je peux respirer.
Tout est allé si vite.
Il y a moins de deux minutes, j'étais assis à ce bureau, entrain de réviser.

Est-ce qu'une vie peut changer en deux minutes ?

Mon coeur bat à tout rompre.
Mes pensées sont confuses.
Je voudrais qu'il s'arrête, que je puisse respirer.
Mais je voudrais aussi que ces moments durent pour toujours.

Sa main glisse lentement de ma joue à ma taille, caressant au passage le côté de mon torse.
Je me sens frissonner sous ses doigts.
Mes genoux sont faibles, j'ai l'impression que je vais m'écrouler.

Lentement, il fait en sorte que mon poids repose plus dans ses bras que sur mes jambes.
Sa bouche quitte la mienne mais ne se décolle pas de moi. Elle explore mon visage, alors que ses mains, fermes autour de ma taille, m'accompagnent le plus doucement du monde vers le lit.

J'ai un peu honte de me laisser faire, mes bras bêtement accrochés autour de son cou, mes genoux faibles et les sons qui sortent de ma bouche...
Il est si... assuré.

J'aimerais l'être autant.
J'attire de nouveau ses lèvres vers les miennes alors que je suis désormais couché sous lui sur le lit.
Je suis capable de prendre un peu d'initiative aussi...
Enfin... j'ai quand même un peu... peur.
Comme si quelque chose dans ma tête essayait de me prévenir que je perds la raison.
Un mauvais présentiment qui me dit que ce n'est pas la chose à faire.

Tout se passe trop vite.
Mais plus rien ne peut nous arrêter.
Alors que sa bouche est partie dans mon cou, je murmure son prénom encore et encore.
Je... il faut qu'il soit au courant.
De quoi, je ne sais pas, mais Toga me comprend toujours mieux que moi-même, il saura.

- Kyoichi.

Ce sourire est tout ce qu'il me fallait.
Mon mauvais présentiment disparait.
Je... l'aime.
C'est aussi simple que ça.

Sa main le long de ma joue est rassurante.
Nos regards qui se croisent valent bien tout ce que nous avons fait.
Je peux lire tellement de choses dans son regard à cet instant.
Compréhension, désir, peut-être même de l'amour quelque part dans le fond.

Je fais redescendre ses lèvres vers les miennes.
On verra bien ce qui se passera.
Ce baiser est encore plus passionné que les précédents.
J'ai l'impression que tout mon corps est en feu et les mains de Toga jouant à ma taille n'arrangent rien.

Il commence à remonter mon t-shirt, tout doucement.
Je frissonne.
En fait mes craintes sont toujours là.

Ca y est, je n'ai plus de t-shirt et ses mains sont en contact direct avec ma peau.
Je... je... c'est trop.
Mes mains s'agrippent à sa chemise alors qu'il m'embrasse à nouveau.
Ses mains explorent lentement mon torse.

Je prends une longue inspiration et cherche son regard.
A a l'air si... si heureux.
Je n'ai jamais vu Toga comme ça.
Le fait que ce soit *moi* qui le rende si heureux me subjugue...
Le voir heureux me rend heureux.
Que je le rende heureux est...
Je raconte n'importe quoi, hein ?
D'ailleurs je me demande pourquoi je pense dans des moments pareils.

Ses lèvres sont venues rejoindre ses mains sur mon torse et je me tords de plaisir, suffoquant presque.
J'aimerais...
J'aimerais qu'il ressente ce que je ressens.
Et après tout, c'est tout à fait faisable.

En quelques fractions de seconde, je retourne la situation, passant au-dessus de Toga.
Je regarde attentivement ses yeux.
Il a d'abord l'air étonné.
Mais pas particulièrement mécontent.
Je m'étale sur lui pour quémander un baiser long et savoureux.
Mes mains glissent sur sa chemise et un à un, je défais les boutons qui n'ont pas encore craqué.
Je le sens sourire.
Mes lèvres s'écartent des siennes, et nous échangeons encore un regard lourd de signification alors que mes doigts finissent leur travail, et même dépassent un peu leur prérogative en se glissant furtivement dans le pantalon de Toga quelques secondes.
Un son s'échappe de la bouche de Toga.
Et je rougis presque d'être celui qui l'a produit.
Suivant tous les gestes de mes mains qui ôtent finalement sa chemise à Toga, mes lèvres déposent des lignes de baisers sur sa peau à la saveur si étrange et sensuelle, et pourtant qui me semble si familière.

Je connais Toga depuis des années.
Nous avons toujours été les meilleurs amis du monde.
Je l'adorais, il me protégeait.
Ce... ce que nous faisons va sûrement tout changer.
Je ne l'espère pas.
Je veux être... plus que son ami.
Mais j'aime le regard... avec lequel il m'a toujours regardé.
L'affection qu'il me porte m'a toujours suffi.
Et maintenant ?
Et après ?
Que va-t-il se passer ?

Perdu dans mes réflexions, mes lèvres ne devaient plus être aussi actives qu'auparavant et Toga en a profité pour reprendre sa position au-dessus.
Je ne compte pas la lui voler.
C'est sa place, enfin je pense.

La question est...
Suis-je à la mienne ?/

16e partie.

Hmmm...
Le réveil.
Je n'ai pas envie de me lever.
Hmmmm... A vrai dire, je ne suis pas vraiment couchée.

J'ouvre lentement les yeux et les souvenirs de la nuit dernière me reviennent.
Le dojo, Toga, puis...
Saionji.
Il était dans un sacré mauvais état hier soir.
Il avait essayé de le cacher pendant quelques temps, mais je m'en étais rendue compte.
J'ai bien fait de le ramener chez moi.
S'il avait craqué chez lui, seul, je suis sûre qu'il n'aurait pas l'air paisible qu'il a maintenant.

D'ailleurs...
Pourquoi le réveil m'a réveillé moi et pas lui ?
La vie est injuste.

J'ai gardé une mèche de ses cheveux en main toute la nuit.
Je la lâche doucement et me lève en essayant de ne pas le déranger.

Je ne sais pas pourquoi, quelque chose me dit que je dois m'occuper de lui.

Je regarde le café couler lentement dans la cafetière tout en me demandant en quoi je pourrais l'aider.
Je pourrais l'emmener chez un psychanaliste.
Je ris intérieurement.

Saionji a besoin d'un ami.
Juste d'un ami.
Ou d'unE amiE.
Il n'a jamais eu que Toga.
Toga est son problème.
A qui peut-il se confier ?

Une main dans mes cheveux, des lèvres sur ma joue, furtivement.

- Bien dormi ?

Je me retourne, un peu surprise.
Kyoichi me fait un grand sourire.
Ah ben voilà, il dort une fois chez moi, et je l'appelle déjà par son prénom...
Je suis pire que tout.

- Le réveil fut dur.
- Debout depuis longtemps ?
- Non, non.

Un silence s'installa.
Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ose pas vraiment le regarder... mais je sens son regard sur moi.

- Arisugawa ?

J'émets un "hmmm" en lui servant du café pour lui signaler que je l'écoute.

- Pourquoi tu fais ça ?

C'est ce que je me demande depuis un certain temps.
Je commence à rire.

- Je ne sais pas.
- Bah, c'est peut-être mieux comme ça.

Il a un sourire radieux ce matin.

- Arisugawa... tu... je...

Son regard pointe vers sa tasse et il bafouille un peu.
C'est mignon.
Mais je me demande ce qu'il va bien pouvoir dire.

- Nous... hmm... nous... sommes amis, maintenant ?

J'éclate de rire.
Ce qu'il peut être... naïf !

- Oui, si tu veux.
- Merci.

Il me regarde droit dans les yeux.
Son regard seul me décompose.
Pour lui, le mot "amitié" veut dire quelque chose.
Représente quelque chose d'important.

Quelque chose qui devrait être éternel.

___________________________

- Miki... allez, dis-moi !!
- Mais euh... je t'ai déjà dit qu'il n'y avait rien de spécial.
- Je n'y crois pas une seconde. Tu es arrivé en retard. Tu n'arrêtes pas de rougir. Tu... hmm... semble différent. Il s'est passé quelque chose. Je veux savoir.

Oui.
Je veux savoir.
Miki est plus ou moins mon meilleur ami, non ?
J'aimerais qu'il me fasse confiance.

Non, en fait, j'aimerais surtout qu'il me raconte ce qui s'est passé hier soir.
Je n'ai jamais vu Miki comme ça.
Peut-être Himemiya ?
Hmmm... Non, elle est trop frigide pour avoir pu changer Miki comme ça.

Je souris.
Note, j'aime bien le changement et quoi ou qui que ce soit, je lui en suis reconnaissante.
J'ai besoin de nouveautés et de commérages dans ma vie.

- Mikiiiiiiiiii...
- Non, Nanami, je te l'ai déjà dit, il ne s'est rien passé hier soir !!!
- Pfff, tu n'es pas drôle... Moi qui pensais avoir enfin quelque chose de nouveau à raconter.

Le regard de Miki s'illumina.

- Si tu veux quelque chose de croustillant, regarde par là, plutôt.

Je me tourne dans la direction que m'indique Miki.

- Bah quoi ? C'est juste Juri et Kyoichi.
- Tssss... Regarde mieux.

Hmmm... j'ai beau scruter l'horizon, je ne vois personne d'autre que je connais ou ayant une attitude intéressante.

- Hmmm... Tu fais juste ça pour détourner mon attention de toi, c'est ça ?
- Mais non !!!! Tu ne trouves pas qu'ils... hmm... comment dire ça ? Arisugawa-senpai et Saionji ne parlent que rarement ensemble. Et là ils ARRIVENT ensemble. Or Saionji habite de l'autre côté du campus que Juri.

Je fais de grands yeux.
Kyoichi avec Juri ?????????????????????????????????
Mince alors !!
Mais... ça paraît pas si illogique...
C'est vrai que depuis quelques jours, je les vois fréquemment ensemble...
Et l'autre fois... c'est chez Juri que Kyoichi m'a emmenée.

Mais mais mais...
Comment n'ai-je pas pu remarqué ????

N'empêche que j'aimerais tout de même savoir ce que Miki a fait de sa nuit.
 
 

17e partie.

Je me redresse lentement de la façon le plus sensuellement du monde.
C'est ma façon d'être.

- Tu n'es pas bavard aujourd'hui.

Il attrape le col de la chemise que je viens de remettre et amène mes lèvres vers les siennes.
Au bout d'un long moment, il me relâche et fait un petit sourire en passant sa langue sur sa lèvre inférieure.

- Je n'ai rien à dire.
- Ah...? Rien sur...

J'hésite un instant.

- ... Tenjo Utena ?

Il me répond par un "hmmm" négatif, le petit sourire ne quittant pas ses lèvres.

- ... ta petite soeur, alors ? Elle est revenue chez toi.

Cette fois un "hmpf". Il retombe en arrière sur le matelas, mais toujours le sourire aux lèvres.

- C'est dommage, j'aimais bien l'avoir chez moi.

Il tire sur ma chemise, me faisant tomber à la renverse sur le matelas et passe par-dessus moi.

- Elle est mieux à la maison. Et puis tu as plein d'autres personnes avec qui t'occuper.
- Je suis content de voir que tu as récupéré ta langue.
- J'admets qu'elle peut servir.

Ma réplique m'offre un des baisers les plus intenses que nous ayons partagé.

- Je te la laisse, alors.
- Ma langue ou ma soeur ?

J'émets un petit rire.
Un de mes doigts file le long de son torse.

- Qu'est-ce que tu préfères garder ?
- ...
- Garde les deux. J'ai d'autres aspirations en ce moment.

Je me relève.
Oui.
J'ai d'autres aspirations en ce moment.
Et ne t'inquiète pas, Toga.
Je me suis noté quelque part de prendre soin de ton meilleur ami plutôt que de ta soeur.

Je passe la porte, me retrouve dehors.
L'air est doux, le soleil ne va pas tarder à se coucher.
Peut-être qu'aujourd'hui encore, je ferai une rencontre fortuite.
Ou pas fortuite, peu importe.
Mes pas me dirigent vers le bâtiment principal du lycée.
Après...
Salle de musique ou dojo de kendo...
Le choix va être difficile.

___________________________

Je me tourne et me retourne.
Impossible de trouver le sommeil.
Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, je suis au clair avec moi-même.

Mais je ne me sens pas tranquille.
Est-ce que je dois faire quelque chose ?
Et quoi si c'est le cas ?

Mon téléphone sonne.

Une deuxième fois.

Je réponds alors que la troisième sonnerie s'annonce.

- Hmm... Non, je ne peux pas... Non... Non, je ne suis pas avec une autre... Non... Je reste chez moi ce soir... Une autre fois, oui.... Oui, promis.

Je raccroche sans vraiment savoir pourquoi j'ai refusé cette invitation.
Un soupir.
Je me retourne.
Je n'ai pas envie de me lever.
Mais il est trop tôt pour dormir.
Finalement je m'assieds dans mon lit et fouine dans ma table de chevet.
Il y aura sûrement quelque chose d'intéressant dedans, non ?

Un livre.
Que j'ai abandonné il y a plusieurs semaines.
Que je n'ai pas envie de continuer.

Un paquet de mouchoir en papier.
Oh je suis sûr que je peux en faire plein de choses passionnantes.
Un soupir.

Un répertoire téléphonique.
Comme si je voulais appeler quelqu'un.
Je ne suis pas quelqu'un qui appelle.
Je suis quelqu'un qui est appelé.

Un stylo, un dessin de Nanami, le bâton d'un esquimau qui n'a jamais atteint la poubelle.
Que de choses intéressantes.

Bon, je crois qu'il va falloir passer au deuxième tiroir.

Mon deuxième tiroir n'est ouvert que dans les cas désespérés.
Il est plein à craquer d'un fourre-tout que je n'ai jamais contrôlé.

Ma main plonge.
Autant prendre un truc qui est dans le fond.

Un bout de métal ?
Qu'est-ce que c'est ?

Je ressors la pièce ronde et argentée et souris.

2e place à un championnat de kendo.

Ah, mais cette médaille va avec autre chose.

Ma main replonge et trouve ce qui est sensé aller avec.
J'émets un tout petit rire.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu cette photo.
On avait l'air fins avec nos médailles.

Je me demande comment ça se fait, mais... je n'ai jamais été déçu de n'avoir été que deuxième.
Je n'ai jamais eu de remords, je ne lui en ai jamais voulu.

Je voudrais croire que notre niveau est toujours le même mais en vérité il m'a dépassé depuis bien longtemps. C'est juste son appréhension face aux matchs contre moi qui font que tout le monde pense que nous sommes de force quasiment égale.

Ma main passe lentement le long de la photo, espérant peut-être retrouver des temps passés.

Est-ce que j'ai tout gâché ?
 

J'attrape mon téléphone portable.

Au bout de quelques secondes, je me dis que je ferais peut-être mieux de chercher mon répertoire.
C'est si rare que j'appelle quelqu'un.

Une sonnerie.

Etait-ce une bonne idée ?
Je commence à...

Une deuxième.

... regretter.
Dois-je raccrocher ?

Une troisième.

Ca ne me ressemble pas du tout, je ferais mieux d'arrêter là.
Je...

On décroche.
Mon coeur bat à tout rompre.

- Sa... Saionji ?
 
 

18e partie.

Je dis jouer pour qu'une certaine personne l'entende.
Je ne sais pas si c'est vrai.
Je joue pour me relaxer.
Je joue par nostalgie.

Mes doigts s'arrêtent quelques instants puis reprennent leur course dans un autre morceau.
Je ne me diversifie pas assez, c'est certain.
Mais aujourd'hui, j'ai envie de changer.
J'ai envie de conquérir le monde.

Sans s'avoir pourquoi, je suis plus ou moins heureux.
Pourtant, ce n'est pas comme si ma vie avait pris une autre tournure
récemment...
Je ne sais pas.

Je me rends compte que j'étais prisonnier du même morceau.
En jouer un autre me libère d'une façon bizarre et inhabituelle, qui
m'inquiète même un petit peu.
Je n'avais jamais pensé que "Jardin d'été" puisse avoir une influence
néfaste sur moi.
Je n'avais non plus jamais pensé que jouer la "Sonate au Clair de Lune" à la place pouvait me rendre étrangement satisfait de moi-même et complètement serein.

Cette mélodie rend bien l'atmosphère de la salle de musique à cette
heure-ci de la soirée.
Je devine la lune à travers les fenêtres sans tourner la tête et suis
conscient de le majesté du campus qui m'environne.
Une architecure à la hauteur de la musique.
Je ris intérieurement de ma remarque puis réentame le morceau que je
viens de finir.
J'ai envie de jouer, jouer, jouer.

Un bruit attire mon attention, mes doigts s'arrêtent.
Une ombre apparaît dans l'encadrure de la porte.
Une silhouette grande, élancée...
Le clair de lune n'éclaire que son pantalon noir et me cache son visage.

- Continue, je ne voulais pas te déranger.

Je reconnais la voix et frissonne.
Mes doigts se reposent sur le piano et font de suite une fausse note.
Je prends une longue inspiration puis reprend mon morceau là où je
l'avais laissé.

Que fait-il là ?
Pourquoi ?
Qu'est-ce qui va se passer ?
Ma tête n'est plus claire et j'ai l'impression qu'il fait de plus en
plus chaud dans la salle de musique.
Je ne ressens plus le clair de lune, l'atmosphère de la pièce ou même le piano.
Je ne ressens plus que sa présence à lui.
Agréable, mais fortement étouffante.

Je jette un oeil vers la porte mais il a disparu de l'encadrure.
Surpris, je refais une fause note.
Une main se pose sur mon épaule.

- C'est moi qui te trouble ?

Je ne sais pas quoi répondre.
J'évite de tourner mon regard vers lui vu que mon visage doit être
rouge.

- Oui, enfin... non, c'est que... je n'ai pas l'habitude de jouer ce
morceau devant quelqu'un.
- Tu abandonnes "Jardin d'été" ?
- Je... J'avais juste envie de jouer un peu autre chose. J'ai
l'impression d'avoir été comme... enfermé jusqu'ici.

La main qui n'avait pas quitté mon épaule remonte doucement vers ma
joue, frôlant mon cou dans une caresse plus qu'agréble, tout en
m'obligeant à tourner mon visage vers le sien.
Son regard est brûlant, passionné.
J'avale difficilement ma salive puis bégaye.

- A... Akio-san...

Je... je...
Oh et puis zut !
Mes mains viennent se loger derrière son cou et j'attire ses lèvres vers les miennes.

C'est bien plus amusant que le piano.

______________________
 

Je m'inspecte moi-même une dernière fois.
Enfin, une dernière...
J'ai un quart d'heure d'avance et je sens bien que je vais encore
"m'inspecter" avant son arrivée.
Je porte un bermuda en jean bleu et un t-shirt à manches longues noires plutôt moulant. J'ai mis une vieille paire de tennis sur ce qui s'apparente à des loose-socks et accoché mes cheveux bouclés au milieu de mon dos, laissant quelques mèches libres.
Je me pose des questions rien que sur mon attitude actuelle.
Pourquoi ai-je fait autant d'efforts à bien m'habiller ?
Pour un type qui était à deux doigts de me violer hier ?
Je pousse un long soupir.
Je m'étais juré de ne plus faire ça pour Toga.
Je ne devrais plus.
Mais...

Il m'a semblé différent au téléphone.
La grande différence avec le Toga habituel étant qu'il n'était plus du tout sûr de lui.
Il semblait avoir besoin d'aide sans vraiment savoir pourquoi il la
demandait.

Enfin... c'est bien beau de parler de lui, mais mes réactions n'étaient pas mieux.
J'ai été tout d'abord surpris.
Puis bizarrement heureux.
De plus en plus heureux au fur et à mesure que la conversation avançait.

J'avais l'impression de retrouver la relation que nous avions avant
que... enfin, avant, quoi.
Inutile de dire que quand après deux heures au téléphone il a demandé
timidement si on pouvait se voir, j'étais plus ou moins aux anges.
Si on m'avait dit un jour que Toga ferait quelque chose "timidement" je n'y aurais pas cru.
Pourtant ça lui va bien.
Ca change un peu.
Par contre moi je ne change pas et reste toujours sensible au moindre de ses faits et gestes.

De nouveau, mes yeux scrutent ma tenue et je change de position.
Je ne tiens pas en place.
J'ai un peu honte de moi.
Finalement je relève la tête et scrute l'horizon.
J'ai encore dix minutes d'avance, mais pas grave, ça m'occupera.

Il fait plutôt sombre où je suis, plus ou moins pile entre deux
lampadaires néo-baroques éclairant d'une lueur bleuâtre le parc dans
lequel je me trouve.
Je n'ai jamais aimé cette teinte.
Elle donne une allure morbide aux statues disposées le long des allées.
Le jaune rosé qui règne sur la majeure partie du reste du campus me
paraît bien plus agréable et de bien meilleur ton.

C'est intelligent de parler des lampadaires pour cacher son impatience, mais ça ne marche pas bien.
Je commence à me demander s'il viendra alors que c'était une évidence
jusqu'ici.
Je ferais bien les cent pas si je ne les avais pas déjà fait à plusieurs reprises.

Je m'ennuie alors que ma tête bouillonne, c'est insoutenable.
Il a intérêt à se montrer, et plus vite que...

Il est là.
Au bout d'une des allées, à un peu plus de cent mètres de moi.
Mes pensées redeviennent tout à fait claires et je me lève doucement,
l'attendant.

Je discerne un sourire hésitant sur ses lèvres, rien de plus.
Je tire sur mon t-shirt qui me semblait être remonté un peu pour me
rendre ompte que ce geste était juste nerveux.
Je fourre mes mains dans mes poches pour ne pas continuer.
Au moins jusqu'à ce qu'il soit auprès de moi.

Je ne le quitte plus des yeux maintenant.
Ca fait longtemps que je ne l'avais pas vu dans autre chose que son
uniforme ou sa tenue de kendo.
Et j'ai presque le souffle coupé rien qu'à le regarder dans les habits qu'il porte.

Il est habillé en noir de la tête aux pieds.
Bien habillé.
Une chemise un brin trop longue et au col discret, un pantalon bien
serré mais n'empêchant pas sa démarche habituelle.

...
Et c'est pour moi qu'il s'est habillé comme ça.
Je ne sais pas pourquoi, mais je me dis que cette soirée risque d'être un nouveau départ.

Il arrive à mon niveau, s'arrête.
Son sourire devient plus franc, répondant à celui qui doit flotter sur mes lèvres.

Après quelques secondes de silence *et de contemplation mutuelle, si
j'ose dire*, il semble vouloir prendre la parole.

- Je...

Je ne lui laisse pas le temps de parler.
Mon doigt est sur sa bouche, lui intimant de se taire de la même façon que le "chut" que je murmure.
Il se tait, me regarde d'un air interrogatif.
Je souris.
Après un instant il répond à mon sourire.
La seconde d'après, mes lèvres sont sur les siennes, une de mes mains
ayant attrapé son visage et l'autre sa taille.

Un nouveau départ, peut-être.
 
 
 

19e partie.

Je sens quelques-uns de mes cheveux se dresser sur ma nuque.
Il m'a eu par surprise.
Pourtant il faut le vouloir pour me prendre par surprise...
Mais qui pourrait croire que le pur et innocent Miki ferait ce genre de chose volontairement et à jeun ?
Peu de gens sur le campus, sûrement.
De toute façon, ce n'est pas comme si j'allais le répéter, j'apprécie d'être le seul à en profiter pour l'instant.
Et je m'étonne moi-même d'en profiter à ce point, de me laisser faire, de laisser courir ces mains innocentes sur mon corps, sûrement le plus souillé que Miki ait pu choisir.
Tout à coup, les doigts s'arrêtent, sa bouche s'écarte, tout son corps se redresse.

- A... Akio-san...

J'affiche un petit sourire en voyant le côté timide de Miki reprendre le dessus.
Il tente en vain de s'écarter sans tomber de son tabouret de piano puis finit par se lever, faute de mieux.
Il fixe ses pieds, son esprit semble tourner à cent à l'heure.
Un peu impatient, je fais mine de refermer ma chemise qu'il a ouvert sauvagement il y a deux minutes à peine.

- Akio-san !

Ah, tout de suite une réaction.
Mes mains retombent le long de mon corps alors que Miki s'approche un peu.
Il finit par relever son visage qui semble plein de détermination et de gêne à la fois alors qu'une de ses mains saisit l'une des miennes.
Je souris, toujours.

- Il... il faut qu'on parle.

Je manque d'éclater de rire mais me retiens.
Je fais mon senpai compatissant et l'assieds à nouveau sur son tabouret avant de m'accroupir à ses pieds.

- Je t'écoute.
- Akio-san... je ne comprends pas bien... nous... enfin...

Je passe lentement une main dans ses cheveux courts et hoche de la tête comme si je comprenais ce qu'il ressentait.

- Quelque chose te gêne ?
- C'est que... enfin... vous... euh... toi... et... bon...
- Tu n'es pas très clair, là...
- Je vous intéresse ?

Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire.
Il rougit.

- Akio-san !

Oh, quel ton boudeur.
Ca lui va bien.

- Quoi ?
- Ne vous moquez pas !
- Je ne m'y attendais pas, c'est tout. Mais je te trouve... charmant.

Une légère rougeur vint parsemer ses joues.

- Ca te va comme réponse ?

Il hoche positivement de la tête.

- Quelque chose d'autre te gêne ?
- Vous... vous... vous...
- Tu. Tu étais passé au tutoiement la dernière fois.

Oh comme j'adore le voir rougir.
C'est un des spectacles les plus agréables qu'il m'ait été donné de voir jusqu'à présent.
L'innocence qui rougit face au péché.

- Ah euh... hmmm... tu as une fiancée, non ?
- Fiançailles arrangées.
- Oh.
- Tu sais, si ce qui se passe entre nous te gêne, on peut tout arrêt...
- NON !!!

J'ai à peine le temps d'être surpris de sa réponse que je sens ses lèvres sur les miennes.

_______________________

Sa main est chaude.
Son regard doux.
Je soupire.
Ca faisait longtemps que ça n'avait pas été le cas.

- Pourquoi...?
- Parce que j'avais envie.
- Tu ne devrais pas être si gentil avec moi...
- Ah ?
- Tu me connais. Tu ne devrais pas.
- Peut-être que tu ne le mérites pas mais... j'en ai envie.

J'attrape un de ses bras pour le passer autour de mon corps, reposant mon dos contre son torse, savourant sa chaleur.

- Saionji, qu'est-ce que tu veux.
- Question difficile. J'hésite...
- Entre quoi et quoi ?
- Entre toi...

Je sens ses lèvres poser un baiser dans mon cou pour ponctuer sa phrase.

- ...et que tut redevienne comme avant.

Je frissonne à cette pensée.

- Amis pour la vie, Kyo-chan ?

Il ricane.
Dans ma bouche, cette phrase devait sonner ironique.
Peut-être l'était-elle un petit peu...