Titre : Pourquoi
Auteur : (Satan Petite) Flore
Disclaimer : Tatsumi et Watari appartiennent à Matsushita-sensei mais je suis sûre qu'en la convaincant un peu elle les ferait finir ensemble aussi ^^
Avertissement : angsty pour une fic à moi ^^;;
 
 

Je m'étais longtemps demandé comment c'était arrivé.
Bizarrement, je me souvenais juste d'une respiration saccadée, de cris étouffés, et d'un sentiment ô combien culpabilisateur de soulagement.
Mais même si je ne savais pas vraiment comment c'était arrivé, je savais plus ou moins pourquoi.
Un sentiment de frustration de ma part, ainsi qu'un feu à l'intérieur qui me brûlait les entrailles... Alors que pour lui...

Je me targue d'habitude de pouvoir lire sur son visage tout ce qu'il ressent -tout le monde en est capable-. Je ne lui en veux pas d'être expressif, c'est sa façon d'être et elle colle merveilleusement à sa personnalité. Mais sur ce sujet, j'étais totalement incapable de savoir ce que cachaient ces yeux d'ambre, quelles étaient ses motivations.
Il restait un mystère, surtout que dans mes moments de raison, j'étais totalement incapable de le regarder en face.

Ce qui s'est passé entre nous... n'aurait jamais dû se produire. Et encore moins se reproduire.
J'ai abusé de sa personne pour assouvrir des instincts animaux, pour me venger d'une existence accablante sur la personne qui le méritait le moins.
Je suis un être abject.

Et pourtant je recommençais, dès qu'une difficulté se présentais, dès que j'avais besoin de me sentir puissant.
J'avais essayé à plusieurs reprises de reprendre le contrôle, en vain.
A chaque fois, je l'avais à nouveau fait mien au bout de quelques semaines tout au plus, me maudissant moi-même à la vue de ses yeux vides qui ne me regrdaient même plus.

Je l'évitais.
Bien vite, les autres le remarquèrent et conclurent que nous étions en froid.
S'ils avaient su que nous couchions ensemble depuis plus de six mois...
Six mois où je n'avais échangé que quelques rares phrases avec lui et où tout le monde s'inquiétait pour sa personne.
Effectivement, il dépérissait à vue d'oeil.
D'habitude, il influait son enthousiasme aux gens. Là, sa tristesse apparente désespérait tous ceux qui l'entouraient.
Je me savais responsable.
Mais je ne faisais rien.
J'en était incapable. J'ai toujours eu peur d'agir, de changer les choses.
Et je n'ai jamais vraiment su réparer mes propres erreurs.

Une nouvelle fois, j'avais pris la décision de ne plus lui faire de mal, réistant à l'envie de sentir son corps sous le mien, à ce sentiment qui me comblait de le savoir à ma merci.
Mais je le croisai au mauvais moment.
Il était arrivé, comme moi, en avance à une réunion.
En le voyant pousser la porte, je fis une mine particulièrement contrite, n'ayant plus du tout confiance en moi.
Il porta ses grands yeux sur moi et je vis que mon expression enclenchait une sorte de déclic chez lui... quelque chose qui le faisait se rapprocher de moi, m'entraînant dans le péché, brisant tous les principes que j'aurais pu avoir.

Il avait toujours tout initié.
Les premières fois par un baiser.
Au bout de quelques temps, nos lèvres ne se touchaient même plus et le mot "préliminaires" n'avait en fait jamais fait partie de notre vocabulaire.
Ses doigts desserrèrent ma cravate avant de commencer à me retirer ma veste.
Je suffoquais.
Je savais que j'allais encore une fois succomber aux charmes de son corps si désirable, et ses yeux vides me disaient que tout ceci le faisait souffrir.

Alors pourquoi faisait-il tout ça ?
Pourquoi était-il en train de m'attirer dans la pièce d'à côté, commençant à déboutonner mon pantalon ?

Je m'étranglais en prononçant son nom.
Cette fois-ci, il fallait que je stoppe ça.
Il releva se yeux vers les miens, peut-être pour la première fois alors que nous faisions 'ça'.
Je ne savais pas quoi faire, que dire.
Mon coeur battait à tout rompre sous mes tempes et le moindre de ses touchers me rendant passablement excité, j'avais du mal à m'empêcher de lui arracher ses vêtements et de le pendre dans l'instant, comme à chaque fois.

Alors...
Alors il fit un geste qui me laissa interloqué quelques instants.
Sa main s'était portée à ma joue et ses lèvres s'étaient posées sur les miennes une fraction de seconde.
Puis il me fit un sourire timide, semblant attendre ma réaction.
Je m'entendis murmurer "pourquoi", d'une voie si faible et si basse que je me demandais si elle m'appartenais réellement.
Une larme coula le long d'une de ses joues.
Encore une fois je l'avais fait souffrir.

Ma prochaine inspiration se fit avec difficulté alors que je sentais mon coeur se serrer dans ma potrine devenue soudainement trop étroite.
Il se colla à moi et ses lèvres trouvèrent mon oreille.
"Tu le sais...", me souffla-t-il.
Je voulais crier "non, je ne sais pas", je voulais lui dire que je comprenais encore moins son attitude que la mienne, mais tout ce que je parvins à articuler fut : "Je... n'ai jamais voulu te faire souffrir", tout en sachant au fond de moi-même que c'était faux, que je m'étais réjoui à plusieurs reprises de le dominer complètement.

Il resta longtemps tout contre moi, me laissant haletant, anxieux, et incapable du moindre geste.
Puis il s'écarta lentement, me rhabilla dans une infinie lenteur et posa à nouveau sa bouche sur la mienne.
"Je voulais juste t'être utile à quelque chose.", laissa-t-il échapper avant d'esquisser un mouvement pour s'en aller.
Je l'en empêchai.
Mû par quelque chose d'indescriptible, je savais que je devais l'arrêter. Encore une fois, je murmurai son nom, et il comprit que ce que je demandais était des explications.
"Tes sentiments ne sont pas pour moi.", déclara-t-il plus pour lui-même que pour moi. "Mais c'était la seule manière que j'ai trouvé de t'aider... et de te faire comprendre que j'étais là, moi.", finit-il en baissant le visage.
Je le relevai d'un main et contemplai ses yeux.
"Mais... ça n'a pas très bien marché du point de vue 'aider'", compléta-t-il avec un rire qui sonnait faux.

Je me sentais mal.
Je le pris dans mes bras, le serrant farrouchement contre mon coeur, tâchant de faire oublier par ce geste toutes les fois où je l'avais fait mien sans douceur, sans chaleur... et sans amour.
Si... Si seulement j'avais su.
Mais je n'avais réussi qu'à la blesser encore plus.

"Je... Comment pourrais-je me racheter ?"
Il me regarda d'un air éberlué, comme s'il ne comprenait pas ma question. Je m'explicitai.
"Comment puis-je faire revenir un sourire sur ce joli visage ?"
Après une seconde, son visage s'éclaircit du plus merveilleux et franc sourire qu'il m'ait fait depuis... depuis six mois, en fait.
Non, en fait il s'agissait du plus merveilleux sourire qu'il m'ait jamais fait.

Au final, j'enfouissai mon visage dans ses cheveux, au creux de son épaule, m'imprégnant de son odeur et de sa chaleur.
Et je compris.
J'avais bêtement tout gâché.
Mais j'avais encore un mince espoir et plus rien pour m'empêcher de tenter ma dernière chance.
Lentement, je dirigeai mon visage vers le sien, et après avoir longtemps plongé mon regard dans le sien, j'attrapai ses lèvres dans un baiser que je voulais doux, long, savoureux...
...aimant.
Oui, je l'aimais.
Plus que tout.
Et je lui avais fait du mal comme personne ne lui en avait jamais fait.
Ses lèvres s'ouvrirent sous les miennes et je ne pus m'empêcher de glisser ma langue dans sa bouche, m'emparant d'elle comme de tout son corps alors que je le serrai un peu plus dans mes bras.

"Tu te trompes.", lui dis-je après que mes lèvres eurent quitté les siennes pour nous permettre de respirer.
"Mes sentiments sont pour toi."
Je cherchai une réponse à ma déclaration et je vis briller une lueur dans ses yeux.
"Tatsumi, je t'aime.", chuchota-t-il alors que sa tête venait se reposer contre mon épaule.

Je ne savais pas comment c'était arrivé, mais j'étais à présent l'homme le plus heureux du monde.
Et même si je ne savais pas comment, je savais certainement pourquoi.