Partie 5 : Aime-moi encore


Oishi résista trèèès fort à l'idée de sauter dans les bras de Tezuka et de l'embrasser devant l'intégralité du club de tennis.
Il se contenta de lui faire un signe de tête alors qu'il se sentait fier comme il ne l'avait jamais été.
Ca y était enfin.
Il était régulier.
Le troisième régulier parmi les deuxième année, juste après Tezuka et Fuji.
Bizarrement, Oishi ne doutait pas que ce soit grâce aux conseils de son meilleur ami durant leurs petites séances des vacances qui lui avaient permis de gagner.

Taka-san l'avait félicité, Inui était encore trop occupé à prendre des notes sur les matchs de Tezuka et Fuji avait dit que "c'était bien d'avoir quelqu'un de normal parmi les réguliers", ce qu'Oishi n'avait pas bien compris.

Mais il s'en fichait éperdument vu qu'il était sur un petit nuage alors que Ryuzaki-sensei lui annonçait la commande de son futur jersey.

Il jouerait dans le prochain tournoi.
Enfin, dans le tournoi actuel, mais dans le prochain match.

- Ce soir, on fait la fête !

Tezuka regarda un instant Oishi sans vraiment savoir quoi répondre.

- J'ai trouvé un nouveau glacier super en ville, je t'invite.

Ne voulant pas contredire son compagnon nouvellement régulier, Tezuka accepta et fut heureux de voir que le-dit glacier faisait effectivement de bonnes glaces. Oishi parla toute la soirée et Tezuka se contenta de le regarder en se disant que son petit ami était vraiment mignon quand il souriait.
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Leurs poings se touchèrent rapidement avant que Tezuka ne pénètre sur le terrain, alors qu'Oishi souhaitait bon courage à son meilleur ami.
Oishi ne doutait pas que Tezuka allait remporter le match du jour. Il jouait contre un lycéen que Ryuzaki-sensei avait fait venir spécialement pour ce match.
Oishi s'écarta un peu de la porte du terrain et alla rejoindre d'autres collégiens qui regardaient le match.
Une bonne partie du club était là, groupé sur l'un des côtés.
Fuji discutait avec Taka-san. Oishi l'avait entendu dire qu'il jouerait peut-être aussi contre le lycéen si le match était assez expéditif. A côté d'eux trainaient quelques kohai, et Oishi écarta Arai et Momoshiro qui s'étaient apparemment trouvé un bon sujet de dispute pour perturber l'ambiance générale.
C'est alors qu'Oishi remarqua Inui de l'autre côté du terrain.
Il était assis sur un muret, un peu en hauteur, son éternel cahier à la main.
Oishi se décida à le rejoindre, ayant la bizarre intuition que ça devait être le meilleur endroit duquel regarder le match.

- 15-30 !

A l'annonce du fait qu'il avait déjà loupé 3 balles, Oishi se déplaça un peu plus vite et vint rejoindre Inui.

- Je peux m'asseoir ?
- Bien sûr.

Comme Oishi l'avait pensé, Tezuka avait l'avantage dans ce match.
Ses coups étaient forts, précis, rapides, imparables pour la plupart.
Oishi émit un petit soupir. Jamais il n'arriverait à jouer comme ça.
Tezuka semblait toujours mettre la balle exactement où il souhaitait, sans aucune difficulté.
Il rattrapait tout de la meilleure façon possible, était bon sur les smashs, les amortis, les vollées, les services et euh... en fait à peu près sur tous les types de balle. Aussi bien en coup droit qu'en revers.

- Tu prends toujours des notes sur lui, Inui ?
- Hmm.
- A quoi ça te sert ? Il est bon partout -_-
- C'est vrai, mais moins bon à certaines choses qu'à d'autres.
- Ah bon ? Quoi ?
- Se-cret.
- Allez, dis-moi... je ne m'en servirai pas...

Oishi ne put s'empêcher de se lever et d'applaudir quand Tezuka remporta le deuxième jeu sur une balle impressionnante.

Toujours debout, il glissa un oeil sur le cahier d'Inui.
La page de gauche semblait consacrée au match du jour, mais celle de droite était pleine de notes prises apparemment un peu n'importe comment, souvent avec peu de rapport avec le tennis (d'ailleurs Oishi n'avait jamais remarqué que Tezuka mangeait des ramen tous les jeudi midi).
Au détour d'une ligne, il aperçut une information qui le fit pâlir alors qu'une exclamation de surprise quittait sa bouche.

- Co... Comment tu sais ??

Inui tourna son regard vers Oishi, comme s'il n'avait pas remarqué que le jeune homme avait lu par-dessus son épaule jusque-là.

- Quoi ?
- Que que que... Tezuka et et et... Tezuka et moi.

Oishi se sentit rougir jusqu'aux oreilles.

- Oh.
- Comment tu sais ?
- Je ne veux pas dire, mais vous êtes assez évidents.
- Ah ?
- Surtout quand vous vous embrassez passionnément dans la rue. J'ai déjà été dix mètres derrière.

Oishi savait que ses joues avaient dû passer de rouge à pivoine alors que l'arbitre annonçait 4-1 pour Tezuka.

- Ah... et... il y a d'autres personnes qui savent ?
- Je crois que Fuji s'en doute un peu...

Un silence s'installa et Oishi se rassit, n'osant pas regarder Inui, n'osant même plus regarder le match de Tezuka.

- Vous en êtes où ?
- Inui !!!
- Oui ?
- Ca... Ca ne te regarde pas.
- Je ne fais qu'essayer de récolter des informations, il n'y a rien de mal à ça.
- Hmpf...
- Mais si tu ne dis rien, je vais peut-être devoir le dire à une ou deux personnes... Ryuzaki-sensei, par exemple ?
- Quoi ????

Inui répondit par un sourire.

- Mais c'est du chantage !
- Exactement.

Oishi émit un grognement pour toute réponse.

- Alors, vous l'avez déjà fait ?

Oishi faillit s'étouffer en avalant sa salive.

- QUOI ??????
- Tu as compris ma question.
- Je... hmm... Promets-moi de ne rien dire.
- Promis, si j'ai mes réponses.

Oishi se remit à rougir avec intensité.

- Non.
- Qu'est-ce que vous attendez ?
- Mais mais mais, on n'en est pas encore là, c'est tout !
- Oh, donc vous envisagez ?
- Inuiiiiii...
- C'est un oui ou c'est un non ?
- On... on n'en a jamais parlé. Je ne sais même pas vraiment ce... ce qu'on est censé faire.
- Oh ?
- Arrête de te moquer de moi.
- Je ne me moque pas.
- Mouais...
- Si, je t'assure, ce n'est pas dans mon intérêt.

Les deux collégiens restèrent silencieux quelques instants, avant qu'Inui ne reprenne la parole.

- Viens avec moi après l'entraînement, je crois qu'on a besoin de finir cette discussion.

Oishi ne savait pas trop quoi répondre mais accepta, sans savoir ce qui l'attendait.

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- Tu es rentré tout seul hier soir ?
- Ah, euh, non... j'étais avec Inui.
- Avec Inui ??

Le visage de Tezuka était toujours impassible, mais Oishi savait qu'il était étonné.

- Oui.
- Oh. Ton fétichisme des garçons à lunettes, c'est ça ?
- Ne sois pas bête.

Oishi sourit, se retenant d'attraper la main de Tezuka alors que les deux garçons se dirigeaient vers la salle de TP de chimie.

- Mais qu'est-ce que tu faisais avec Inui ?
- On discutait.
- C'est une façon de me faire comprendre que je ne parle pas assez et qu'il faudrait que je change cette habitude ?

Oishi émit un petit rire.

- Ca ta va vraiment trèèèès bien d'être jaloux, Tezuka.

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- Alors, qu'est-ce que ça fait d'avoir un an de plus ?
- Pas grand chose.
- Joyeux anniversaire tout de même.
- Merci.

Tezuka se contenta de fixer intensément Oishi, sachant qu'il ne serait pas bienséant de l'embrasser au milieu de la salle de classe.

- Je t'invite chez moi ce soir pour fêter ça ?
- Je pourrais rester un peu, mais je devrais partir pour 17 heures.
- On va faire comme ça.

Oishi s'assit à sa place avec un petit sourire aux lèvres et Tezuka se demanda un instant ce que lui réservait son petit ami.

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- Je n'avais vraiment mais vraiment pas d'idée.

Oishi tendit un paquet.

- Et ce n'est pas très réussi.

Tezuka ouvrit le paquet -assez mou-, ne cherchant pas à savoir ce qu'il pouvait contenir avant de l'avoir vu.
Premier contact visuel : c'était jaune.
C'était un pull, jaune.

- J'ai cru que je ne le finirais jamais à temps.
- Tu l'as tricoté ???
- Ben oui.
- Tu sais tricoter ?
- Ben oui.

Tezuka tourna et retourna son cadeau.
Ca avait dû prendre un temps monstrueux à Oishi pour faire ça.

- Merci. Je suis impressionné.

Tout en disant ça, Tezuka retira sa chemise et enfila le pull à la place.
Il était à peine trop grand.

- Mais depuis quand tu sais tricoter ?
- Bah, depuis des années, c'est ma grand-mère qui m'a appris !

Tezuka n'en revenait toujours pas de son cadeau, en fait.
Il s'était attendu à tout sauf à ça.

- Ah, j'ai autre chose, attends-moi une seconde !

Et Oishi sortit de la pièce de façon précipitée.

Tezuka se dirigea vers un miroir qui trônait dans la pièce d'Oishi.
Ca ne lui allait même pas trop mal...
Le col était assez large, les manches pas trop courtes, non, vraiment, ce pull était bien fait.
Oishi refit son entrée dans la pièce, un plateau à la main sur lequel trônait...
... un magnifique gâteau d'anniversaire.
Mais vraiment beau.
Tezuka avait déjà goûté les pâtisseries d'Oishi, qui étaient bonnes mais d'apparence douteuse, mais là, le gâteau était impressionnant.

- Oishi, tu es trop attentioné. Je ne mérite pas tout ça.
- Ca me fait plaisir si ça te fait plaisir.

Oishi déposa le plateau sur le bureau.
Tezuka s'approcha de lui et le prit dans ses bras, approchant ses lèvres de l'oreille d'Oishi après avoir soigneusement enlevé et rangé ses lunettes.

- Ca me fait vraiment plaisir.

Leurs lèvres se retrouvèrent l'instant d'après, dans un baiser long et doux, une longue caresse, une longue étreinte, un moment qui sembla un instant éternel aux deux collégiens.
Tezuka laissait son corps faire ce qu'il avait envie de faire, et ses mains parcouraient le corps d'Oishi sans pouvoir s'arrêter. L'une était vite passée sous la chemise de son compagnon, alors que l'autre était descendue jusqu'aux hanches d'Oishi, s'hasardant un peu plus bas puis encore un peu plus bas.
De son côté, Oishi avait trouvé les remerciements de Tezuka tout à fait à son goût et une de ses mains, perdue dans les cheveux de Tezuka, l'empêchait de mettre fin au baiser qui devenait de plus en plus passionné. Un de ses jambes glissa entre celles de Tezuka alors que les corps tentaient de se rapprocher encore plus, toujours plus.
Les lèvres finirent par se séparer, un mince filet de salive restant sur le menton d'Oishi. Les deux garçons, pantelants, se regardaient intensément, n'osant plus échanger une parole, se contentant de se regarder avidement.
Puis Tezuka souleva Oishi, l'asseyant sur le bureau derrière lui, assez loin du gâteau pour être sûr de ne pas l'écraser dans un mouvement... non-contrôlé.
Il se cala ensuite entre les jambes d'Oishi, sa main gauche retrouvant la peau ferme du ventre d'Oishi, sa langue venant lécher le filet de salive qui était resté sur le menton d'Oishi avant de s'attaquer de nouveau aux lèvres de son compagnon.
Oishi émit un léger gémissement alors que le baiser repartait de plus belle et que le corps de Tezuka se collait encore plus à lui, ses jambes s'écartant inconsciemment pour le laisser se rapprocher.
Puis les lèvres de Tezuka quittèrent celles d'Oishi, descendant dans son cou, déposant de légers baisers, mordillant la chair tendre sous sa bouche, léchant ce petit carré de peau juste sous l'oreille d'Oishi qu'il savait sensible.
Le garçon poussa un soupir de plaisir et embrassa le front de Tezuka, alors que ce dernier ouvrait les deux premiers boutons de la chemise d'Oishi.

- Tezuka ?
- Hmmmmmmmm ?

Tezuka avait tout sauf envie d'être diverti de son occupation actuelle.

- Tu ne m'avais pas dit que tu devais partir à 17 heures ?
- ... si.
- Il est 17h20.

Tezuka s'écarta promptement d'Oishi, regardant sa montre d'un air médusé pendant une demie-seconde.
Oishi savait très bien que Tezuka n'avait jamais dû être en retard de toute sa vie.

- Ton gâteau sera encore bon demain ?

Oishi émit un petit rire et descendit du bureau.

- Ne t'inquiète pas. Je l'amènerai en cours demain.
- Merci. Je t'aime.

Tezuka glissa un baiser rapide sur les lèvres d'Oishi, fourra sa chemise et sa veste d'uniforme dans son sac de tennis et se rua hors de la chambre de son petit ami.

Oishi s'écroula sur son lit, poussa un petit soupir et referma les boutons de sa chemise laissés ouverts par Tezuka.

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- Kaidô ! Momoshiro ! 20 tours de terrain !

Oishi s'approcha en souriant.

- Je vois que tu apprécies ta nouvelle autorité, ...Tezuka-fukubuchô.
- Ces première année se croient tout permis.

Tezuka fit un geste pour s'excuser auprès d'Oishi et alla séparer les deux garçons qui allaient en venir aux mains.
Ce n'était pas bien dur vu qu'il faisait facilement 30 centimètres de plus que les deux réunis.

- Vous ne m'avez pas entendu ?
- C'est lui qui ne veut rien comprendre !
- Parle-pour toi, imbécile !
- 30 tours.
- Mais...
- 50 tours. Et plus vite que ça, j'ai d'autres choses à faire. Si vous avez de l'énergie à revendre, gardez-la pour jouer.

Les deux garçons se jetèrent un regard noir et commencèrent à courir.
Quand Tezuka entendit un murmure prononcé entre les deux, il reprit la parole.

- Et chacun dans un sens différent, je ne veux pas de tuerie ce soir alors que le capitaine n'est pas là.

Et sur ce, il rejoignit Oishi.

- Tu es devenu impressionnant ces derniers temps, Tezuka...
- ...?
- Je n'aurais pas pensé que tu puisses avoir une telle autorité, en fait. Même si tu as l'air sévère, tu es plutôt gentil.
- Ton avis sur la question est subjectif, Oishi...

Oishi répondit par un grand sourire.

- Tu crois ?

Tezuka se contenta de redresser ses lunettes sur son nez comme toute réponse.
Oishi savait bien qu'il ne disait pas des choses qu'il ne croyait pas.

- Tu fais quelque chose ce soir, Tezuka ?
- J'avais prévu d'inviter mon petit ami au cinéma, pourquoi, tu as une meilleure idée ?
- Oh, non, non. Je ne voudrais pas contrarier tes projets...

Tezuka émit un petit son qui, Oishi le savait, était ce qui pouvait le plus se rapprocher d'un rire ou d'un sourire chez lui.

- On y va juste après le club ?
- Si ça te dit... Tu veux dormir à la maison ce soir ?
- Ca tombe bien, je comptais te demander de m'aider pour le devoir de maths.
- C'est décidé alors.
- Hmm !

Tezuka s'éloigna de son ami, allant regarder le match entre deux troisième année et se réjouissant intérieurement de la soirée à venir.

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- Ca manquait d'action.
- Ca manquait surtout de fond. Ce n'était pas crédible une seconde.
- Normal, c'était une histoire fantastique, Tezuka.
- Même, ce n'était pas cohérent.
- ... c'est vrai. Mais au moins c'était drôle.

Oishi récita un ou deux passages du film dont ils sortaient et qui l'avaient marqué, Tezuka continuant d'argumenter sur le fait que l'histoire ne tenait pas debout.

- Tu n'as pas aimé du tout ?
- ... J'ai trouvé ça moyen.
- Tu es difficile.
- J'ai peut-être des goûts particuliers...
- ... Merci.
- Je ne disais pas ça pour toi, Oishi.

Oishi émit un petit rire.

- Je sais... On rentre chez toi ou tu veux encore faire quelque chose dehors ?
- On peut rentrer.

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- Je n'y comprends rien. Comment tu sais que x=y-2 ??
- Les données de ce paragraphe. Regarde, tu peux en faire un système d'équations, et tu peux connaître les valeurs de x et z en fonction de y.
- Aaaaaaaaaah...

Oishi ouvrit grands ses yeux, réalisant que l'exercice sur lequel il avait galéré pendant des heures était en fait simpliste.
Il se mit à rougir intensément.

- Mince alors, c'était tout bête...
- ... Oui.
- Désolé de t'avoir dérangé pour ça.
- Ce n'est rien. Comme ça je t'ai à la maison...

Oishi sourit à la remarque, contemplant un instant son petit ami.
Tezuka avait vraiment un physique adulte, maintenant. Il le dépassait, comme depuis toujours, de quelques centimètres, et Oishi savait qu'il ne le rattraperait sûrement jamais, même si leur différence de taille n'avait rien de dérangeant.
Ce soir, il portait un sweat ample et un jean un peu serré, des habits qui lui allaient bien même si Tezuka les revêtait peu. Oishi savait que d'autres avaient du mal à imaginer Tezuka dans autre chose que son uniforme scolaire ou sa tenue de tennis, mais lui avait eu le privilège de le voir dans de nombreuses tenues, y compris un pyjama à nounours. Il se disait d'ailleurs qu'il pourrait faire un chantage affreux à Tezuka s'il retrouvait une photo de son ami dans le susdit pyjama.
Oishi émit un petit ricanement à l'idée, et les yeux chocolat de Tezuka se relevèrent vers les siens, interrogatifs.

- J'ai loupé quelque chose ?
- Non, je pensais au pyjama à nounours que tu avais l'an dernier et je me suis dit que ce serait drôle de te revoir dedans.
- Désolé de t'apprendre qu'il m'est trop petit.
- Ce n'est pas grave, je crois que j'ai une photo de toi dedans quelque part.

Tezuka fit une drôle de tête, et Oishi pouffa de rire un peu plus.
Tezuka aimait voir rire Oishi, la plupart du temps même quand c'était à ses dépens. Le rire du collégien était devenu plus grave avec le temps, mais il avait toujours ce côté apaisant qui donnait à Tezuka l'impression d'être dans un rêve interminable.
A le fois perdu dans ses pensés et occupé à nettoyer ses lunettes, Tezuka ne s'était pas aperçu qu'Oishi s'était rapproché de lui, et qu'il était désormais assis juste à côté de lui. Il fut surpris quand l'une des mains du collégien se posa sur la sienne, et tourna son visage vers celui d'Oishi.
Celui-ci arborait une expression qu'il ne lui voyait que de temps en temps. Quelque chose qu'il interprétait comme un besoin intense d'être proches l'un de l'autre, dans l'instant.
Dans la seconde qui suivit, Tezuka avait déposé ses lunettes sur la table, par-dessus son cahier de maths, et embrassait doucement Oishi, sachant qu'ils avaient toute la soirée -et toute la nuit- devant eux.
Les lèvres des deux collégiens se caressèrent lentement pendant un moment, alors que les corps se rapprochaient, se positionnaient plus confortablement, que les mains se posaient sur les tailles.
Une des jambes d'Oishi passa par-dessus celles de Tezuka alors que sa main gauche remontait doucement pour attraper le visage de son petit ami, caressant distraitement son cou sur le chemin.
Les lèvres finirent par s'ouvrir doucement, et les langues des deux garçons entrèrent en contact. Alors que le baiser s'approfondissait, les mains de Tezuka attirèrent le corps d'Oishi plus près du sien, sentant une douce chaleur se diffuser dans tout son être.

- Kunimitsu, Shûichirô-kun, le dîner est servi !

Les deux collégiens restèrent immobiles une seconde, se sentant légèrement ridicules à l'annonce de la mère de Tezuka qui venait du bout du couloir.

- On a encore une minute...

Tezuka attira à nouveau le visage d'Oishi à lui, déposant un dernier baiser plus que doux sur ses lèvres, souhaitant enregistrer leur goût et leur texture.
Quand les lèvres se séparèrent à nouveau, les fronts entrèrent en contact un instant, les deux garçons gardant les yeux fermés et respirant doucement.
Oishi finit par attraper les lunettes de Tezuka et à les lui remettre sur le nez.

- Allons manger.
- Hmm.

Les deux garçons se levèrent et se dirigèrent vers la cuisine où attendait déjà pratiquement toute la famille de Tezuka, à l'exception de Kako et de la petite soeur qu'Oishi n'avait encore jamais vue.
Oishi avait été intimidé par le grand-père de Tezuka à chaque fois qu'il l'avait vu, et il se demanda tout à coup comment le vieil homme réagirait s'il savait ce qu'il faisait avec Tezuka.
Il préféra ne pas y réfléchir plus longtemps, vu que la plus grande soeur de Tezuka prenait place à table et le dîner commença, agrémenté par une discussion entre le père et le grand-père de Tezuka.
Autant le grand-père de Tezuka semblait froid, autant son père était sympathique aux yeux d'Oishi. En fait, il paraissait surtout moins sévère et renfrogné, et contrairement à ses propres père et fils, riait souvent -des fois aussi sans aucune raison, ce qui inquiétait un peu Oishi.
A y réfléchir, la personne qu'il appréciait le plus dans la famille de Tezuka était Tampopo, la soeur avec laquelle son meilleur ami s'entendait pourtant le moins bien. Oishi la trouvait rigolote et elle arrivait en tête de son classement, suivie de près par la maman de Tezuka, qui était toujours souriante et gentille, et qui faisait des bentô plus succulents les uns que les autres. Il devait avouer que Kako, la plus grande soeur, lui faisait un peu peur...

Le dîner passa rapidement et les deux collégiens retournèrent s'enfermer dans la chambre de Tezuka, même si les deux garçons entamèrent une partie de cartes plutôt qu'un tripotage intensif.

Au bout d'une ou deux parties dans un silence reposant, Oishi commença à ne plus tenir en place, ses pensées n'arrivant plus à rester fixées sur le jeu.

- Tezuka ?
- Hmm ?
- Je... je peux te poser une question ?
- ... Bien entendu.
- C'est... c'est peut-être un peu bête, comme question.
- Je ne mourrais pas d'une question bête, je crois.
- ... ah...

Oishi faillit tordre ses cartes tellement il était anxieux.
Mais il 'voulait' poser cette question ce soir, alors il la poserait.

- Je... hmm... enfin... tu...
- ...

Tezuka ne pronconçait pas un mot, le fixant de son même air impassible, ne semblant même pas énervé par le fait qu'Oishi mette une heure à poser sa question.

- Tu... tu n'as jamais eu envie qu'on... qu'on... qu'on... enfin, eu l'idée de... euh... enfin, qu'on... fasse l'amour ensemble ?

Tezuka ne bougea pas un sourcil.
Oishi crut qu'il allait mourir tellement il avait honte de ce qu'il venait de dire.
Et Tezuka qui ne bougeait pas !
Pourquoi était-il aussi inexpressif dans un cas pareil ??

- Effectivement, c'était une question un peu bête.

Oishi eut la soudaine envie de se cacher sous la table à la remarque de Tezuka.

- Bien sûr, que j'en ai eu envie, je suis un adolescent de quatorze ans.

Oishi cligna des yeux une ou deux fois.
Est-ce qu'il avait bien entendu ?

- Tu... tu voudrais qu'on essaye ?
- Maintenant ?
- NON ! nonononc'estjustequejeposaislaquestionmaisjenesuispaspresséetpuisetpuisetpuis...
- Oishi, respire.

Oishi, toujours rouge jusqu'à la racine de ses cheveux, prit une longue inspiration, tentant de se calmer.

- Je te taquinais.
- Il fallait que ce soit 'maintenant' alors que tu fais de l'humour une fois tous les trois mois ???
- Désolé. Tu es tellement mignon quand tu rougis autant.

Oishi rougit encore un peu plus, si c'était possible.

- Je t'interdis de te moquer !
- Mais je ne me moque pas.
- Pff...

Oishi croisa les bras et adopta un visage boudeur pour l'occasion.
Tezuka se rapprocha de lui et glissa une main dans ses cheveux.

- Oishi, je t'aime.

Et sur ce, Tezuka glissa un baiser sur la tempe de son meilleur ami, alors que la main qui était dans ses cheveux descendait sur sa joue.
Cette simple phrase fit merveille sur Oishi, qui oublia totalement qu'il était en train de bouder.
Un autre baiser de Tezuka se déposa sur son front, puis un autre sur sa joue, un dernier sur ses lèvres.

- Et si j'ai envie de faire l'amour, c'est seulement avec toi.

Oishi saisit à nouveau les lèvres de Tezuka des siennes, ne voulant plus les laisser partir.
Les deux collégiens lâchèrent leurs cartes pratiquement simultanément et se retrouvèrent tous les deux étendus à terre, s'embrassant goulument, redécouvrant une énième fois le corps de l'autre de leurs mains baladeuses alors que les lunettes de Tezuka étaient déposées un peu plus loin.

- ... On va se coucher ?

Il était encore tôt, mais tous deux savaient qu'en allant se coucher maintenant, ils n'allaient pas dormir de si tôt.

- Je ne sais pas... tu me déshabilles ?

Oishi fit un petit sourire pour accompagner sa requête et se redressa en attendant la réaction de Tezuka.
Celle-ci ne fut pas longue, le collégien se redressant à son tour et glissant un baiser sur le lobe de l'oreille d'Oishi.

- ... il faudra en faire autant après.

Tezuka laissa ses mains lentement glisser sur le torse d'Oishi encore recouvert d'une chemise et défit doucement le premier bouton.
Son visage accompagna le geste, embrassant doucement la peau mise à jour. La caresse était tout sauf appuyée, et Oishi n'était pas sûr d'imaginer ce contact plutôt que de le sentir. Les quelques mèches de cheveux de Tezuka qui effleuraient le haut de son torse faisaient naître en lui presque autant de sensations, et Oishi émit un long soupir quand l'ouverture du second bouton de sa chemise fut suivi par un long baiser sur un de ses pectoraux, rendant sa peau sensible au souffle chaud de Tezuka.
Mais alors que le troisième bouton s'ouvrait, les lèvres de Tezuka remontaient, tantôt embrassant la peau dorée exposée sous ses yeux, tantôt la mordillant légèrement.
Ses baisers se perdirent dans la gorge d'Oishi, s'accentuèrent sous l'une de ses oreilles, redescendirent dans le creux de l'épaule et repartirent découvrir ce que le quatrième bouton défait avait exhibé.
Oishi se laissa doucement recouché à terre une fois les deux derniers boutons ouverts et sa chemise enlevée, les lèvres de Tezuka toujours sur son torse, ses mains glissant de ses épaules à ses abdominaux finement tracés.
Le collégien étendu sur le tatami émit un hoquet de surprise quand la bouche de Tezuka se referma un instant sur un de ses tétons avant de repartir dans son exploration du torse nu sous lui, effleurant l'abdomen du collégien d'une caresse presqu'imperceptible.

- Tezuka...

L'intéressé releva la tête et se replaça au niveau d'Oishi, laissant ses pupilles fixer une seconde celles d'Oishi.
Le garçon sous lui avait le visage rosi, les lèvres entrouvertes et Tezuka ne put que se laisser faire quand Oishi attira fougueusement son visage vers le sien dans un nouveau baiser.
Alors que leurs langues combattaient, les mains d'Oishi glissèrent sous le sweat de Tezuka, caressant la peau, tirant sur les vêtements pour en dévoiler toujours plus.
N'y tenant plus, Oishi mit fin au baiser, se redressa et retira son sweat à Tezuka.
Le collégien se laissa faire, permettant à son petit ami d'admirer quelques instants son torse déjà couvert d'une mince pellicule de sueur, sa poitrine se soulevant de moins en moins rapidement alors que les attouchements marquaient une pause.
Finalement, c'est une main hésitante qui se posa sur le torse de Tezuka, tremblant à la chaleur sous sa paume, chancelant en constatant qu'il pouvait discerner les battements du coeur de Tezuka des siens.

- ... je t'aime tellement.

L'instant d'après, les deux garçons se serraient dans les bras l'un de l'autre.
Plus de caresse ni de baiser, les collégiens se contentaient de s'enlacer fortement, presqu'à se faire mal.

- Oishi, reste avec moi.

Les deux garçons s'embrassèrent à nouveau, oubliant le reste du monde, oubliant toutes leurs appréhensions, toutes leurs craintes, ne souhaitant plus qu'être avec l'autre.
Ils se séparèrent au bout de longs moments et Oishi tendit une main à Tezuka en se relevant.

- Lève-toi.

Tezuka obéit et se retrouva toujours dans les bras d'Oishi, même si debout cette fois-ci.
La chambre était plongée dans un silence seulement perturbé par leur respiration, moins calme qu'ils ne l'auraient souhaité.
Oishi déboutonna lentement le jean de Tezuka, ne quittant pas son meilleur ami des yeux, échangeant un baiser avec lui toutes les quelques secondes alors que les mains du plus jeune des deux collégiens se posaient sur ses épaules.
Oishi débarassa Tezuka de son jean et après une seconde d'hésitation, il posa sa main sur l'élastique du caleçon de Tezuka.

- ... jusqu'au bout ?
- Hmm.

Oishi descendit doucement le caleçon de Tezuka, se sentant rougir alors que son regard tentait de regarder partout ailleurs que... 'là'.
Puis les mains de Tezuka descendirent le long de son torse, défirent les boutons de son pantalon bien plus rapidement, et Oishi se retrouva aussi nu que Tezuka dans ses bras.
Nu.
Avec Tezuka.
Dans ses bras.
Oishi se demanda comment il avait fait pour ne pas s'être évanoui dans le processus.
Tezuka l'attira doucement à lui, et les deux garçons se retrouvèrent sur le lit.
Ils jugèrent bon d'accorder quelques secondes à l'arrangement des couvertures, et après s'être effectivement retrouvés tous les deux dessous, Oishi jugeait la situation beaucoup plus... confortable.
D'accord, Tezuka était nu (et lui aussi), mais il ne le voyait pas autant.
En plus, son petit ami avait eu la grande idée d'éteindre la lumière, ce qui était aussi un plus, même s'il regrettait de ne plus aussi bien discerner les contours du visage de Tezuka.
Les deux garçons reprirent leurs baisers et leurs caresses là où ils les avaient laissés, leurs deux corps se serrant le plus possible malgré leur nudité.
Oishi était un peu honteux de l'"état" dans lequel il se trouvait (même s'il en était de même pour Tezuka), et ne pouvait s'empêcher d'être anxieux.
Les mains de Tezuka avaient repris une exploration en règle de son corps, et n'hésitaient plus à passer sous la ceinture, glissant sur les côtés, caressant les cuisses brièvement ou faisant une embardée sur le postérieur de son petit ami.
Les baisers qu'ils échangeaient s'intensifiaient, Oishi sentant de légers gémissements voulant s'échapper de sa gorge sous l'action combinée des mains de Tezuka, de la langue de Tezuka, du corps de Tezuka tout entier sur le sien.
Jamais il n'aurait cru pouvoir ressentir un tel plaisir, un tel désir, à en faire mal tellement il voulait Tezuka, tout entier.

- ... Tezuka...

Oishi avait juste murmuré le nom de son petit ami entre deux baisers, alors que leurs corps se quittaient de quelques centimètres.
Ne sachant pas vraiment ce qui le prenait, Oishi glissa une main jusqu'à l'érection de Tezuka, se contentant d'abord de la caresser du bout des doigts, observant quelles seraient les réactions de son petit ami.
Réactions qui ne se firent pas attendre, Tezuka prenant une inspiration brusque et se rapprochant inconsciemment de lui alors que ses yeux se fermaient.
Oishi laissa sa main continuer ce qu'elle avait commencé, se sentant rougir plus que de raison et fermer les yeux à son tour dans le noir de la pièce.
Un léger tressaillement le saisit quand Tezuka imita ses gestes et il chercha machinalement les lèvres de Tezuka des siennes.
Autant en temps normal, embrasser Tezuka pouvait l'emporter sur tout, autant là les caresses un peu hésitantes de son petit ami ne pouvaient être ignorées.
Il étouffa un gémissement dans la bouche de son petit ami, l'embrassant plus férocement, plus ardemment, ne faisant plus vraiment de distinction entre ce qu'il embrassait alors que les cheveux de Tezuka s'étaient mêlés au baiser.
Les mains des deux collégiens avaient amorcé un mouvement de va-et-vient qui avait vite évolué, se faisant de plus en plus frénétique alors que les lèvres s'étaient séparées pour les laisser respirer.
Les deux amis ne mirent que quelques instants à se déverser dans la main l'un de l'autre, aucun des deux ne réalisant vraiment ce qu'ils avaient fait.

Lentement, leur rythme cardiaque et leur respiration reprirent des rythmes normaux alors que les deux corps se serraient intensément l'un contre l'autre.
Ce n'était pas un contact doux mais une obligation. Il ne fallait pas laisser l'autre partir. Il fallait être sûr qu'il allait rester là, contre son propre corps.

Puis les lèvres de Tezuka déposèrent un baiser sur l'épaule d'Oishi, suivit par un deuxième et un troisième.

- Je t'aime.

L'étreinte se déserra lentement et Tezuka fit l'effort d'attraper la serviette dont il s'était servi plus tôt dans la soirée pour se sécher les cheveux. Il nettoya doucement toute trace de leurs activités et s'effondra dans les bras d'Oishi.
Mais bizarrement, ce soir, le silence lui était pesant.
Il était fatigué, sentait ses paupières se fermer doucement, et il n'avait rien de particulier à dire mais... il n'aimait pas ce silence.
Il déposa quelques baisers sur le torse d'Oishi, remontant lentement jusqu'à embrasser les lèvres du jeune homme rapidement.
Oishi répondit par un sourire alors que leurs regards se croisaient pour la première fois depuis de longues minutes.
Tezuka tourna alors le dos à Oishi, attrapa un des bras de ce dernier et encercla son corps avec.
Il poussa un léger soupir satisfait en sentant le visage d'Oishi se caler dans ses cheveux.

- Raconte-moi quelque chose.
- ... Quoi ?
- Nimporte quoi, raconte-moi quelque chose. Je veux juste entendre le son de ta voix.
- Mais... je n'ai pas d'idée...
- Alors cherche.

Oishi émit un petit couinement qui pouvait s'apparenter à un désaccord, mais chercha une idée.

- ...... La première fois que je t'ai vu, je ne pensais pas qu'on s'entendrait aussi bien.
- ... ah ?

Les doigts de Tezuka jouaient avec la main d'Oishi alors qu'il l'écoutait murmurer à son oreille.

- Non. Je pensais que tu ne savais pas t'amuser.
- ... Oishi, tu le penses toujours et c'est vrai.

Un petit silence prit place.

- Oui, mais je pensais qu'on ne pourrait pas s'entendre à cause de ça. Et après... après je t'ai admiré pendant un temps. ... tu étais tellement fort partout, tellement au-dessus de nous tous, tu étais déjà tellement plus adulte... et puis... un jour je me suis rendu compte que tu étais juste un garçon comme un autre.
- Hmm... je suis juste "comme un autre", pour toi ?
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, imbécile.

Oishi pinça la peau de Tezuka qui trainait sous ses doigts.

- Ce jour-là, je me suis dit que tu étais "abordable".
- Tu avais déjà décidé de faire de moi ton petit ami ?
- Non, pas dans ce sens-là. Je... ne pensais pas du tout à tomber amoureux à l'époque.
- Hmm...

La pièce fut à nouveau plongée dans un court silence.

- Tezuka ?
- Oui ?
- Et toi ? Dis-moi un peu... ce que tu pensais, à cette époque.
- Je dois avouer... je ne me souviens plus de la première fois où nous avons parlé ensemble. Ca devait être au club de tennis, je pense, mais je n'arrive pas à me souvenir de la scène exacte. Mais très vite je me suis rendu compte que tu étais assez ouvert pour m'accepter comme je suis. Ca a été si facile de devenir ton ami alors que je n'avais jamais pris la peine de... d'avoir d'ami, en fait.
- Ce n'était pas difficile ?
- On ne se rend compte de ce qui nous manque qu'une fois qu'on l'a eu. ... Merci d'avoir été là.

Oishi glissa un baiser dans les cheveux de Tezuka.

- Tout le plaisir est pour moi.

________________________________

Les jours suivants passèrent comme sur un petit nuage, et les deux collégiens se retrouvaient pratiquement tous les soirs après les activités du club, et tâchaient de se trouver un coin isolé pour manger leur repas ensemble le midi.
Le pire qu'ils avaient vécu avait été une douche commune après le tennis, où ils s'étaient retrouvés seuls et sur le point de faire quelque chose quand un kohai était entré.
Oishi avait silencieusement maudit Kaidô -vu que c'était lui-, puis s'était dit que c'était juste parce qu'il était consciencieux dans ses activités au club que le garçon était un peu en retard et les avait... dérangés.
Enfin, ce soir-là, Tezuka et Oishi étaient comme à leur habitude rentrés ensemble, prenant tout leur temps en marchant main dans la main.

- Tezuka ?

L'interpellé se retourna, se demandant un instant pourquoi Oishi prenait toujours la peine de dire son nom alors que c'était évident qu'il s'adressait à lui, vu qu'il n'y avait personne d'autre aux alentours.

- ... ?
- Mes parents et ma soeur partent ce week-end et j'ai la maison pour moi tout seul. Tu veux venir dormir à la maison ?
- Avec plaisir.

Oishi se contenta d'un sourire alors que son étreinte sur la main de Tezuka se resserrait.
Malgré les révélations d'Inui sur le fait qu'ils n'étaient pas discrets, Oishi n'avait pas envie de stopper ces petits élans d'affection qu'ils se permettaient tous deux.
Il avait donc décidé que tant que Tezuka continuerait, il continuerait aussi.

- Pourquoi tu ne pars pas avec eux ?
- Parce que je préfère passer le week-end avec toi. Eux je les vois déjà toute la semaine. ..... Bon, d'accord, toi aussi, mais ce n'est pas pareil.
- Hmm.

_______________________________

Tezuka regarda sa montre.
Ce n'était pas la première fois qu'Oishi était légèrement en retard à un rendez-vous qu'ils se donnaient.
Mais en général, leurs rendez-vous avaient lieu chez l'un des deux, et il ne pouvait pas en vouloir à Oishi d'arriver chez lui à 17h03 plutôt que 17h00 vu qu'il y avait d'autres choses à faire.
Mais pour une fois, ils avaient rendez-vous ailleurs.
A savoir dans un quartier commercial, sur une petite place, et Tezuka n'avait rien d'autre à faire qu'attendre Oishi, le retard du jeune homme l'empêchant de bouger.
Pas que ça le gênait de rester au même endroit sans rien faire, mais il aurait bien aimé savoir pour combien de temps il resterait là à attendre son petit ami.
Oishi finit par pointer le bout de son nez avec dix minutes de retard et se confondit en excuses.
Bien sûr, un seul regard des plus désolés d'Oishi avait suffi à Tezuka pour lui pardonner et à totalement oublier qu'il n'aimait pas les gens qui ne faisaient pas l'effort d'être ponctuels.

Les deux collégiens, après un très discret et très court baiser, se baladèrent un peu en ville, Oishi ayant des emplettes à faire, aussi bien pour son aquarium que pour leur repas du soir.
Tezuka découvrit qu'il ne fallait absolument 'jamais' emmener Oishi dans la boutique appelée "Le paradis des poissons", vu que le jeune homme, après avoir fait trois fois le tour du magasin et attrapé tout ce dont il avait besoin (se limitant au "strict minimum" d'après lui mais remplissant un panier que Tezuka jugeait énorme pour les trois poissons qu'Oishi avait), le garçon s'était arrêté devant un aquarium et faisait des "ooooh" admiratifs sans pouvoir en décoller.
Tezuka aimait bien les poissons, et il aimait aussi beaucoup voir Oishi heureux, mais au bout d'une heure dans le magasin, il osa demander à Oishi s'il comptait en repartir un jour.

- Tu t'ennuies ?? Je suis déééésolé !! Je n'avais pas pensé que ça ne... enfin, que... enfin, je suis désolé !

Tezuka retira ses lunettes et les nettoya, maintenant habitué aux excès d'excuses d'Oishi et sachant pertinemment qu'il fallait le laisser parler quelques temps avant de répondre sous peine de resubir une deuxième floppée d'excuses.

- Tu n'as pas à t'excuser, ce magasin est très bien. C'est juste que tu avais l'air... tellement passionné que j'ai voulu te rappeler qu'on a d'autres courses à faire. Enfin, je crois que c'était ce que tu avais dit.

Oishi regarda sa montre une seconde.

- Déjà ?? Mais... ça fait plus d'une heure qu'on est ici ?

Tezuka se contenta d'acquiescer.

- Désoléééééééé ! Je vais payer et j'arrive !

Oishi détala au pas de course alors que Tezuka remettait ses verres sur son nez.

_______________________________

- Oishi, ce n'est pas la peine.
- Si j'insiste.
- Comme tu veux. Mais je peux payer la mienne, tu sais.
- Non, j'ai dit que je t'invitais pour me faire pardonner. Alors range-moi ce porte-monnaie et dis-moi quels parfums tu veux.
- C'est toi qui payes, c'est toi qui choisis. Je te fais confiance. Je vais nous trouver une place.

Tezuka abandonna Oishi à la caisse et trouva une table dans le fond du glacier, où la banquette formait un coin.
L'endroit idéal pour s'asseoir tout près d'Oishi sans qu'ils attirent l'attention.
Tezuka poussa un petit soupir.
Ce n'était plus très rare que les gens se retournent dans la rue en les voyant marcher main dans la main, et au final, les deux collégiens en étaient venus à ne pratiquement plus s'embrasser en public.
Ce que pensaient les autres ne gênait pas vraiment Tezuka.
Après tout c'était sa vie et son petit ami, et il gérait les deux comme il l'entendait, mais bon...
Autant à une certaine époque, un oeil extérieur n'aurait pas pu dire que les deux amis qui dormaient ensemble étaient 'plus' que des amis, autant il devait être évident maintenant qu'ils étaient "ensemble" pour ceux qu'ils croisaient.

Sur ces réflexions, Oishi arriva, deux énormes coupes en main, et s'assit aux côtés de Tezuka.
Leurs mains se saisirent sous la table un instant, les deux collégiens réalisant au même instant qu'ils s'étaient manqué pendant les quelques secondes qu'ils avaient passées loin l'un de l'autre.

- J'espère que c'est bon.

Tezuka attrapa sa cuillère, sachant que tout ce qu'il avait pu goûter chez ce glacier était bon et qu'Oishi s'inquiétait encore pour rien.
Au final, les coupes furent assez vite finies, Oishi assez gourmand pour l'engloutir rapidement et Tezuka pas assez bavard pour entamer une conversation pendant leur "goûter".
Ce n'est que quand il entama la quatrième et dernière boule de glace de sa coupe qu'il se décida à prendre la parole.

- Alors, quelle est la suite du programme ?
- Hmmm... alors il faut impérativement faire des courses pour manger ce soir et demain. Et puis ça te dit de louer une video pour ce soir ?
- Pourquoi pas.
- Alors on fait ça... sinon... tu as des idées de choses à faire par ici ?
- ... Pas vraiment, non. En général je ne viens ici que pour m'acheter des livres, mais j'ai encore de la lecture à foison chez moi.
- Ca te dit un purikura ?
- ... si tu veux.
- Tu sais, Tezuka, je crois que ce que j'aime le plus chez toi, c'est ton enthousiasme.
- C'est que je me méfie, tu risques de me demander de sourire sur les photos.

Oishi émit un petit rire.

- Non, non, je n'oserais pas. Mais tu ne m'as toujours pas donné le négatif de la photo du jour où on était monté à l'Asama-san.
- Ce sera ton futur cadeau de Noël.
- En attendant je dois me contenter de ça...

Oishi sortit son porte-feuile et Tezuka constata qu'une photo d'eux deux était glissée dedans.

- C'est Fuji qui l'a prise et qui me l'a donnée.

La photo avait été prise à la sortie du club de tennis, apparemment, même si aucun des deux garçons présents dessus n'avaient été avertis du fait qu'ils étaient photographiés.
Tezuka tournait à moitié le dos à l'objectif, semblant dire quelque chose à Oishi qui souriait comme à son habitude.
Tezuka sortit la photo du plastique dans lequel elle était et l'approcha de ses yeux.

- ... Tu ne me l'as jamais montrée.
- Tu ne me l'as jamais demandé.

Tezuka rangea le photo dans son étui et rendit son porte-feuille à Oishi.

- Elle est réussie.
- Je trouve aussi. Mais une ça ne fait pas beaucoup !

____________________________

Après avoir traîné Tezuka jusqu'à une cabine de purikura et pris assez de photos pour se remplir un album, Oishi tira son petit ami jusqu'à un magasin de location de videos pur agrémenter leur soirée.

- Qu'est-ce qu'on prend ?
- Choisis ce qui te ferait plaisir, je ne m'y connais vraiment pas en films...

Oishi regarda un instant le rayon des nouveautés, contemplant les jaquettes et tentant de déterminer ce qu'il avait envie de voir.

- Tu préfères Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux ?
- Oishi, rassure-moi... tu ne regardes que des blockbusters américains ?
- Ah... euh, non. Tu préfères un film japonais ?
- Je t'ai dit que je m'en fichais. Prends ce que tu as envie de voir.

Oishi sembla réfléchir une seconde.

- Tu as déjà vu Ring ?
- C'est un film d'horreur, c'est ça ? ... non, je ne l'ai pas vu.
- On le prend, alors, tu vas voir, il est super. Je suis sûr que même toi tu vas avoir peur.
- Je ne vois pas ce qui te fait dire que je ne suis pas une personne facilement effrayable.
- Je ne t'ai jamais vu avoir peur.
- ... oui, c'est vrai qu'à ce moment-là tu étais trop occupé à courir et à aussi avoir peur de ce mouflon.

Oishi se mit à rire.

- Tu avais peur ?
- Je ne vois pas le mal qu'il y a à avoir peur de quelque chose de dangereux. Avoir peur d'un film, par contre...

La bouche d'Oishi se fendit en un léger sourire.

- Bon, ben on le prend et on verra bien qui l'emporte, le mouflon ou la cassette.

____________________________

Oishi et Tezuka étaient en train de rentrer chez Oishi quand ce dernier se souvint d'un dernier "achat" à faire en passant devant une pharmacie.

- Ah, tu peux m'attendre là ? J'ai juste un truc à acheter.
- Hmm...

Oishi était heureux que Tezuka soit du genre à ne pas poser de questions et à attendre quand on lui demandait d'attendre.
Il mit un pied dans la pharmacie, se demandant comment il allait pouvoir demander... "ça".
Déjà qu'il n'était pas sûr de quand il pourrait les utiliser, mais bon, il valait mieux être préparé, non ?

- Deux secondes, je suis à vous !

Oishi vit une silhouette s'approcher et poser un carton sur le comptoir.

- Désolée, je... aaaah !

Oishi poussa un même cri de surprise en voyant la "vendeuse".

- Sanako ??? Mais qu'est-ce que tu fais là ??
- C'est la pharmacie de ma famille, mes parents sont sortis alors je garde le magasin.
- Mais mais mais...
- Et toi ? Qu'est-ce que tu viens faire ici ? Tu es malade ?

Oishi se mit à rougir.
Comment avait-il fait pour tomber sur elle en particulier ???

- Euh... non... je venais acheter... acheter...

Sanako se pencha sur le comptoir alors qu'Oishi priait pour être n'importe où sauf ici en train de dire ce qu'il était en train de dire.

- Oui ?
- ... des préservatifs.

Ce fut au tour de Sanako de rougir avant de partir dans un grand éclat de rire.

- Arrête de te moquer !
- C'est nerveux !! Et puis c'est ta façon de le dire aussi !
- Comment tu veux que je dise ça en restant calme ?
- Pourtant c'est tout à fait naturel...
- Pffff...

Sanako se pencha, semblant remarquer pour la première fois la silhouette de l'autre côté de la vitrine.

- Oooh, Kunimitsu est là ? Vous n'avez pas osé rentrer ensemble ?
- Il ne sait pas pour 'quoi' je suis rentré.
- Shûichirô-kun, je ne te savais pas si... intrépide.

Sanako posa une boîte de préservatifs sur le comptoir.

- Ca te suffira ? Tu as besoin d'autre chose ?
- Ben......
- Hmm ?
- De lubrifiant, si tu as ça.

Sanako maîtrisa un deuxième éclat de rire et alla chercher de quoi combler les attentes d'Oishi.

- Surtout te laisse pas faire, c'est toi qui achètes tout ça, t'as intérêt à être au-dessus !

Oishi se remit à rougir.

- Je te dois combien ?
- Laisse, c'est gratuit pour toi. Ca me donne l'impression de faire une bonne action. Après je pourrais dire que c'est grâce à moi que Kunimitsu a perdu sa virginité...
- Tu n'es pas obligée de répéter tout ça, non plus...
- Ne t'inquiète pas...

Sanako fit un petit geste rassurant, accompagné d'un sourire.

- ... mais tu me raconteras tout, j'espère ?
- Pas question.
- Pff, tu es encore moins drôle que Kunimitsu, Shûichirô-kun.

Oishi ne répondit pas et glissa ses achats dans le fond de son sac à dos.

- Bon courage, en tout cas.
- ... Merci... pour tout ça.
- File, il t'attend.

Oishi acquiesça rapidement de la tête et se rua à l'extérieur du magasin.
Tentant désespérément de ne pas rougir, Oishi emmena Tezuka dans le supermarché le plus proche de chez lui, et les deux collégiens rentrèrent les bras chargés de courses pour le week-end. Il se faisait déjà tard, et Oishi s'attela à la tâche de faire le repas, ayant refusé à plusieurs reprises l'aide de Tezuka et ayant finalement réussi à se débarasser de son petit copain en lui mettant un livre entre les pattes et en l'asseyant dans un coin de la cuisine.

- On mange devant la télé ? Ou alors ici ?
- Je préfère ici. Je n'aime pas faire quelque chose en même temps que regarder un film.
- Okaaaaay !

Un silence prit place.

- Ca fait bizarre d'être juste tous les deux ici.
- Hmm.

La cuisine fut replongée dans un court silence.

- Mais c'est agréable.
- ... hmm.                      *qu'est-ce que je fais Tezuka super in character quand même*

Oishi réfléchit deux secondes à cette pensée.
Ils étaient bien "juste tous les deux".
Pour la première fois, il se dit que peut-être un jour, ils seraient vraiment juste tous les deux.
Que ce serait commun qu'ils fassent des courses ensemble, discutent dans la cuisine avant de s'avachir tous les deux devant la télé.
Peut-être...
... un jour.
_____________________

Oishi était très très fier de l'espèce de pouf qui lui servait de siège quand il regardait la télé.
C'était un gros truc tout mou qui se modelait comme il voulait et Tezuka se demanda un instant comment Oishi pouvait rester des heures là-dessus sans avoir mal au dos.
Toujours est-il qu'Oishi s'étendit, à moitié par terre, à moitié sur son pouf et Tezuka vint s'asseoir tout contre lui.

- Hmm... on se met comment ?
- Tu prends le pouf, je te prends toi.

Oishi rougit légèrement au double-sens de la phrase de Tezuka et laissa son petit ami s'installer, s'appuyant contre lui.
Au final, Tezuka étant plus grand, il s'étala presque totalement à terre, se contentant de poser sa tête sur le torse d'Oishi et d'attraper une des mains du garçon dans les siennes.
Oishi mit le film en route, souriant aux quelques caresses des doigts de Tezuka sur sa main.

- Je croyais que tu n'aimais pas faire quelque chose en même temps que regarder un film...
- ... ça t'embête ?

Tezuka arrêta ses gestes dans la seconde.

- Non, non, bien sûr que non.
- ... tant mieux.

Les caresses reprirent et les deux garçons se turent pour regarder le film.
__________________________

- Alors ?

La vidéo s'arrêta et Oishi ralluma la lumière, s'écartant à contre-coeur de son petit ami.

- C'était pas mal. Original.
- Et ça faisait peur.
- ... hmm.
- Allez, dis-le.
- Une ou deux fois.

Oishi fit un grand sourire et tendit une main à son meilleur ami pour qu'il se relève.

- Et maintenant ?
- Je vais faire couler un bain, on peut déjà aller dans ma chambre.

__________________________

Tezuka ressortit du bain totalement décontracté.
Il s'était rendu compte que rester avachi sur Oishi pendant tout le film avait failli lui coller un torticolis, mais le bain brûlant l'avait aidé à s'en débarasser.
Il avait opté pour mettre un pyjama, vu qu'après tout les nuits se faisaient de plus en plus froides, et que les deux jeunes hommes risquaient de trouver d'autres choses à faire avant d'aller se coucher.
Il ouvrit doucement la porte de la chambre d'Oishi, découvrant le jeune homme couché sur son lit à lire un livre.
Il s'approcha de son petit ami et se pencha vers lui, glissant une main sur son dos.

- Qu'est-ce que tu lis ?
- "L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde".
- C'est bien ?
- Hmm. Je te le prêterai.
- Le bain est libre, en tout cas.
- Je finis mon chapitre.

Oishi montra à Tezuka qu'il ne lui restait que trois pages à finir.
Le plus grand des deux collégiens s'assit donc sur le lit, continuant de caresser distraitement le dos d'Oishi.

- Tu as les photos qu'on a prises ? Je peux t'en prendre quelques-unes ?
- Dans mon sac à dos.

Oishi avait répondu sans relever les yeux de son roman.
Ca devait être vraiment bien.

Tezuka se releva et se dirigea vers le sac d'Oishi.
Après l'avoir ouvert, il se dut de constater que le sac ne contenait pas 'seulement' des photos.
Il hésita.
Il pouvait faire comme s'il n'avait rien vu.
Mais en faisant ça, il avait moins de chances de...
Tezuka contempla Oishi une seconde.
Et se dit qu'il n'était peut-être pas si innocent et pur qu'il n'y paraissait.
...
Et finalement il décida de ne pas faire celui qui n'avait rien vu.

- Je vois que tu as acheté des choses intéressantes à la pharmacie.

L'expression d'Oishi à ce moment-là fut plus que délicieuse.
Le mélange entre le rougissment intensif, l'étonnement, un peu de honte quelque part... pendant une seconde, Tezuka comprit le plaisir de Fuji à voir les gens dans cet état-là.

- Ah... je...
- Tu n'as pas à être embarrassé. Après tout, on en avait discuté.
- ...

Oishi était toujours rougissant et hésitait à répondre.

- ... c'est juste que j'aurais aimé en discuter encore un peu plus avant que tu ne tombes là-dessus.
- Je t'écoute.

Oishi sembla avoir encore plus de mal à avoir quelque chose à dire sur le sujet et se contenta de regarder son livre un peu plus intensément.

- Euh...

Tezuka se rapprocha dangereusement d'Oishi, ferma son livre, et son visage s'arrêta à quelques centimètres de celui de son petit ami.

- ... tu avais des choses à rajouter sur le sujet, tu as dit.

Oishi était de plus en plus rougissant et Tezuka glissa un baiser sur sa joue.

- Va prendre ton bain.

Oishi ne chercha pas d'autre excuse pour quitter la pièce le plus rapidement du monde.
__________________________

Il n'en revenait pas de sa propre bêtise.
Comment avait-il pu oublier CA ???
S'enfonçant un peu plus dans l'eau du bain, Oishi se demanda ce qu'il devrait faire une fois à nouveau dans sa chambre avec Tezuka.
... Tezuka...
Qu'avait-il bien pu penser de lui en trouvant ce qui se cachait dans son sac à dos ?
Il avait eu l'air... amusé. Pas vraiment choqué.
Peut-être même prêt à utiliser tout ça.

Oishi se remit à rougir.
Il ne devait pas penser à ça.

Il sortit précipitemment du bain, enfila son pyjama et retourna dans sa chambre.
Tezuka avait pris sa place sur son lit, et avait commencé à lire le livre qu'il avait abandonné un peu plus tôt.

Oishi déglutit difficilement.
Il ne devait pas penser à ça.

Il s'approcha du lit, un peu hésitant, et vint s'asseoir près de Tezuka.

- Ca te plaît ?
- ... c'est pas mal.
- ...

Un long silence prit place dans la pièce, et Oishi ne savait pas vraiment où se mettre.
Tezuka continuait sa lecture, tournant les pages à un rythme assez rapide.

- ... Tezuka ?
- Hmm ?
- Tu es fâché ?
- Pourquoi je serais fâché ?
- Ben... parce que j'ai acheté tout ça sans te prévenir.
- J'ai la même chose chez moi.
- QUOI ?

Tezuka tourna une nouvelle page.

- On en avait discuté, ce moment aurait bien fini par arriver. Je préférais être sûr. Ca aurait été dommage de se retenir le moment voulu.

Oishi avait pris une belle teinte de rouge pendant la discussion.

- ... alors... tu n'as rien contre ?
- Oishi, je t'ai déjà dit que j'en avais envie.

Tezuka referma le livre à la fin de son chapitre et se tourna vers Oishi.

- Dépêche-toi de le finir pour me le prêter.
- Ah... euh, pas de problème.

C'est avec beaucoup de difficultés qu'Oishi tourna son regard vers Tezuka.
Le jeune homme lui tendit une main et l'attira plus près de lui sur le lit.
Oishi se pencha et embrassa légèrement les lèvres de Tezuka, l'angle peu propice lui faisant cogner les lunettes de son petit ami.
Il s'écarta un peu et retira ces dernières du nez de Tezuka pour les poser sur la table de nuit.

- Alors... c'est pour ce soir ?
- Si tu veux. Et si tu es prêt.
- Et toi ?
- Je veux.
- Et tu es prêt ?
- Hmm.

Oishi poussa un long soupir, se sentant légèrement trembler.

- Alors essayons.

Les lèvres des deux collégiens se retrouvèrent alors que les corps se collaient l'un à l'autre et s'octroyaient quelques caresses d'abord bien innocentes.

- Oishi ?
- Hmm ?
- Surtout, s'il y a quoi que ce soit qui te gêne, qui fait mal, que tu n'aimes pas, tu le dis.
- Hmm.
- Je suis sérieux. On n'est ni pressé, ni quoi que ce soit. Je ne veux pas te faire du mal. Je ne veux pas que notre première fois soit un mauvais souvenir parce que tu n'oses pas dire quelque chose.

Tezuka passa une main sur la joue de son meilleur ami.

- D'accord, mais promets-moi la même chose.
- Promis.

Les deux garçons partagèrent un autre baiser, particulièrement doux, particulièrement long.

- Je peux t'appeler par ton prénom ?
- Bien sûr. Pourquoi ?
- Bah, ça se fait pour les personnes qui sont intimes... à ce point, non ?
- Tu es bête... Shûichirô.
- Mais tu m'aimes quand même... Kunimitsu.

Après un court silence, les deux garçons se mirent à rire ensemble, Oishi heureux de voir un léger sourire sur les lèvres de son petit ami.

- Bon, d'accord, ça va être dur.
- C'était bien tenté.
- Peut-être une prochaine fois.
- ...
- Je t'aime, Tezuka.

Tezuka se tut un instant.

- Ca aurait eu tellement plus de portée si tu m'avais appelé par mon prénom.

Oishi émit un petit rire et embrassa Tezuka, tentant de chatouiller le jeune homme sous lui.

- .. mais moi aussi je t'aime, Shûichirô.

Les deux collégiens se mirent à rire à nouveau avant de partager de nouveaux baisers, de nouvelles caresses, décidant de prendre leur temps et de faire comme ils le sentaient.

__________________________

Oishi émit un petit soupir alors que sa tête glissait sur le côté, laissant un meileur angle d'approche à son petit ami.
Les lèvres de Tezuka s'attaquaient à cette partie de son cou, cette petite surface où la moindre caresse le rendait fou, ou le moindre effleurement mettait à vif tous les nerfs de son corps.

Il n'aurait pas pu dire combien de temps s'était écoulé.
Les deux jeunes gens avaient échangé des baisers, des paroles rassurantes et lentement, progressivement, ils s'étaient emportés, se déshabillant plus fébrilement qu'ils ne l'auraient souhaité, continuant de s'embrasser, se roulant sur le lit, luttant pour être celui qui comblerait le plus l'autre.
Ils s'étaient vite retrouvés nus sous les couvertures, les pyjamas formant un petit tas informe à côté du lit d'Oishi, tout près du livre mis de côté plus tôt dans la soirée.
Et au final, les couvertures avaient été enlevées aussi, vu qu'ils ne tenaient pas tranquilles, se tournant et se retournant, caressant, mordillant, chatouillant, cajolant, touchant, découvrant.
Chaque contact était un plaisir, chaque contact allait un peu plus loin que le précédent, et au bout d'un temps qui parut sans fin, les deux garçons arrivèrent à une halte, sachant que le moment était venu.
Ils échangèrent un long regard, lourd de signification. Mais malgré sa promesse antérieure, Oishi ne parvint pas à ouvrir la bouche. Il se contenta de continuer de regarder ce corps qui avait fini sous le sien, de plonger son regard dans ces yeux chocolat, de contempler les lèvres entrouvertes, d'admirer la peau légèrement plus blanche que la sienne. Regardant avidement ce corps qu'il jugeait parfait, avec ses muscles parfaitement tracés, ses cheveux en désordre qui ne semblaient jamais vouloir rester en place, Oishi se décida.
Tout mouvement s'était arrêté entre eux, et Tezuka le fixait à travers des paupières mi-closes, laissant à son petit ami le soin de choisir quand il serait temps de reprendre leurs ébats.
Oishi plaça une main sur la joue de Tezuka et lui sourit.
Doucement, la main glissa plus bas, dans son cou, sur son torse, sur son abdomen, glissant toujours plus bas, frôlant la partie la plus sensible de l'anatomie de son partenaire sans vraiment s'en soucier.
Elle atterrit sur une cuisse et émit une légère pression dessus.
Tezuka poussa un léger soupir et écarta les jambes, attirant le corps d'Oishi à lui.
Ce dernier sentit sa tête tourner alors que leurs érections rentraient en contact et que les jambes de Tezuka se refermaient sur lui.
Ils échangèrent un nouveau baiser, et d'une main timide, il attrapa le lubrifiant qu'ils avaient judicieusement posé tout près du lit.
Un peu désorienté, Oishi imbiba ses doigts de la substance froide alors que les mains de Tezuka le caressaient, le plus doucement du monde.
Et... il s'arrêta.

- Je... je ne peux pas. J'ai... j'ai trop peur de te faire mal.
- Oishi...

Tezuka se redressa, embrassant doucement la tempe de son meilleur ami.
Il saisit le visage d'Oishi dans ses mains et fit tomber une pluie de baisers sur le visage de son petit ami, accompagnée de paroles rassurantes.

Oui, il avait peur.
Ce... c'était censé faire mal... au moins un peu.
Et il ne savait vraiment pas s'y prendre.
Et s'il faisait tout n'importe comment ?
Et s'il ne faisait 'que' mal, à Tezuka ?
Il... il ne voulait pas vraiment de cette responsabilité.

- ...Vas-y, toi.
- Hmm.

Le plus grand des deux collégiens laissa sa place au plus âgé, se reposant sur un coude à côté du corps d'Oishi qui s'étendait sur son dos à la place encore chaude où Tezuka avait séjourné juste avant.

Les caresses reprirent doucement, quelques baisers furent échangés, et Tezuka s'installa entre les jambes d'Oishi, le contact entre leurs deux corps toujours électrisant, horriblement excitant.
Tezuka n'attendit pas bien longtemps, et en même temps qu'il embrassait son petit ami, il attrapa le lubrifiant, en imprégnant ses doigts.
Le plus doucement du monde, il laissa sa main descendre jusqu'aux fesses de son petit ami, caressant doucement la peau avant de s'aventurer un peu plus loin.
Oishi retint sa respiration, ne pouvant s'empêcher d'écarter involontairement ses lèvres de celles de Tezuka.

- Oishi, tu es tellement tendu que tu vas avoir -vraiment- mal.
- Mais... non, ça va aller.
- Oishi...

Tezuka se pencha sur son petit ami, l'embrassant du bout des lèvres.

- On aura le temps et l'occasion de tout essayer.

Ses lèvres quittèrent celles d'Oishi et embrassèrent d'autres parties du visage du jeune homme.

- Qu'est... qu'est-ce qu'on fait ?

La voix d'Oishi était toute faible.
Le jeune homme ne voulait pas se montrer faible, ni hésitant, mais la situation lui semblait si... compliquée.
Et le corps nu de Tezuka tout près du sien n'arrangeait rien, mais alors rien du tout.

- Je passe en-dessous parce que je suis moins tendu. On essayera dans l'autre sens quand tu seras rassuré, d'accord ?
- Euh... oui.

Oishi se sentait bête, mais bête. Il avait l'impression de tout gâcher avec ses hésitations et ses inquiétudes stupides.
Tezuka le rassura d'un baiser sur le bout de son nez.

- Ne t'en fais pas.

Oishi hasarda un petit sourire et se pencha sur Tezuka, se retrouvant à nouveau au-dessus de son compagnon, trouvant une position confortable entre ses deux jambes. Les deux collégiens échangèrent quelques caresses, quelques courts baisers, puis l'une des mains de Tezuka saisit le poignet droit d'Oishi. Ce dernier sentit quelque chose de froid versé sur ses doigts et la main de Tezuka dirigea la sienne, la faisant descendre le long de son corps, tout doucement.
Les lèvres se retrouvèrent et Oishi aventura un doigt à l'intérieur de Tezuka.
Le collégien se contenta de l'embrasser avec plus de fougue, son attention se reportant totalement ailleurs.
Oishi mit vite fin au baiser. Il... voulait savoir.

- Ca fait mal ?
- Non, mais tu n'as pas encore fait grand chose.

Oishi rougit légèrement.

- Excuse-moi.
- De quoi ?
- D'être... aussi maladroit.
- Pour l'instant on se débrouille très bien, non ?

Oishi offrit un léger sourire à son petit ami et déposa un court baiser sur le front de Tezuka alors que son doigt s'avançait un peu plus à l'intérieur de son meilleur ami.
Tezuka prit une longue inspiration et attira le visage d'Oishi vers le sien, mordillant ses lèvres avant de partager un court baiser.
Malgré les quelques réticences qui l'habitaient encore, Oishi continua le travail qu'il avait commencé, perdu entre les baisers de Tezuka et ce qu'il avait à faire.
Ce n'est qu'au bout de longs moments qu'il osa insérer un deuxième doigt, toujours angoissé à l'idée de faire souffrir Tezuka.

- Ca... ça va ?
- Oishi, je t'ai dit que si ça n'allait pas, je te le dirais. Tu as le droit d'accélérer un peu.

Oishi émit un petit rire nerveux et consentit à accentuer les mouvements de sa main, faisant sortir de petits soupirs de la bouche de Tezuka.

- Tu m'as promis que si je te faisais mal, tu me le disais, hein ??
- Oishi, si tu ne fais pas ce que tu as à faire, je te tue.
- ... que que que... quoi ?
- Je t'ai PROMIS de te le dire si ça n'allait pas. Je n'ai rien dit. Donc tout va bien. Arrête de t'inquiéter et embrasse-moi.
- Mais je...
- Embrasse-moi.

Le regard de Tezuka finit de convaincre Oishi qui déposa ses lèvres tremblantes sur celles de son petit ami.
Il ne pouvait s'empêcher d'angoisser à l'idée de mal se débrouiller et de blesser Tezuka.
Mais les lèvres de son compagnon sur les siennes étaient brûlantes, insistantes, affamées.
Oishi sembla oublier ses hésitations et commença à bouger un peu plus fermement ses doigts à l'intérieur de Tezuka, arrachant un léger gémissement à ce dernier.

- Ca va ??
- Oishi.

Le regard meurtrier de Tezuka lui dicta de continuer ce qu'il faisait sans plus poser de questions.
La respiration de Tezuka s'accélérait, son corps se trémoussant sous l'action des doigts d'Oishi et ce dernier sentait son coeur accélérer et ses joues s'empourprer à la vue de ce corps tremblant sous le sien, ces lèvres pleines, ces paupières closes et ces sourcils légèrement froncés sous l'effet de l'excitation.

- Oishii...

La voix de Tezuka était un murmure grave et suave entre deux courtes inspirations.
Oishi chercha autre chose à dire que "ça va ?" et se contenta d'embrasser les lèvres de Tezuka, murmurant son nom.

- Tu... tu peux... ?

Oishi déglutit bruyamment, rougissant à la demande de Tezuka, effrayé quelque part d'avoir ce corps transi par l'excitation à son entière merci.

- Hmm... je...

En fait il n'avait rien à dire.
Ses doigts se retirèrent doucement de Tezuka, et il déposa un baiser sur le front de son petit ami.
Si, il avait quelque chose à dire.

- Je t'aime...

Et tant pis s'il se répétait.
Il attrapa un préservatif et le lubrifia, se sentant horriblement gêné tout en étant plus qu'excité.
En fait ça faisait un certain temps que sa virilité lui faisait plus mal qu'autre chose, et rien que l'idée de faire 'ça' avec Tezuka lui faisait tourner la tête un petit peu plus.
Il fut finalement prêt et se positionna à l'entrée de Tezuka, soulevant l'une des jambes du jeune homme pour avoir meilleur accès.

- Te... Tezuka...

Tezuka rouvrit les yeux et attrapa une des mains d'Oishi, la serrant dans la sienne.

- Tu peux y aller.

Oishi mordit sa lèvre supérieure pour oublier ses appréhensions et pénétra son petit ami, le plus doucement possible.
Il... n'aurait jamais cru que ça puisse être pareil.
Si intense.
Si... bon.
Il laissa échapper un très court gémissement et rouvrit les yeux qu'il avait fermés en sentant les muscles de Tezuka se contracter autour de lui.

La respiration de Tezuka était encore plus rapide qu'avant, son étreinte sur sa main particulièrement forte.
Oishi fut un peu alarmé par cet état et glissa sa main libre sur la joue en sueur de Tezuka.

- Ca va ?

Une brève inspiration.
Et Tezuka ouvrit les yeux, cherchant son regard.

- Hmm... ça fait un peu mal, mais rien d'insupportable.
- Je suis désolé.

Tezuka émit une petite pression de ses doigts sur ceux d'Oishi.

- Il ne faut pas.

Oishi crut déceler un sourire dans les yeux de Tezuka et se baissa un peu pour goûter une nouvelle fois les lèvres de son compagnon.
Le reste...
Le reste lui sembla presqu'irréel, comme s'il avait rêvé toute la scène.
Comme s'il avait rêvé les soupirs de plaisir de plus en plus forts de Tezuka quand il s'était mis à se déplacer en lui, les injonctions délicieuses de son amant alors qu'il s'enfonçait un peu plus en lui, accélérait le mouvement ou agrémentait son action de caresses toujours renouvellées.
Comme si tout ceci, le corps de Tezuka sous le sien, ces va-et-vient de plus en plus déchaînés, cette peau incandescente contre la sienne... comme si tout ceci n'était que des hallucinations créées par son cerveau éprouvé par l'exaltation.
Et quand vint leur délivrance, presque simultanée, Oishi ne put que s'effondrer sur le corps accueillant de Tezuka après s'être retiré de lui, sa respiration et les battements de son coeur tentant désespérément de reprendre un rythme plus mesuré.
Au bout d'un temps qu'il n'aurait pu ni qualifié de long, ni qualifié de court, il sentit l'une des mains de son petit ami venir dans ses cheveux, venant caresser son crâne, et il se sentit...
... aimé, heureux...
... et amoureux.

- Tezuka...

Oishi enfonça son visage dans le creux de l'épaule de son amant, se laissant bercer par le contact des doigts de Tezuka toujours dans ses cheveux.
Son coeur se gonfla, il avait une soudaine envie de pleurer, sans savoir pourquoi.
Les lèvres de Tezuka trouvèrent sa tempe et Oishi ferma les yeux à ce contact divin.
La bouche de Tezuka était bizarrement fraîche sur sa peau, et Oishi se sentit tressaillir alors que son amant déposait d'autres baisers sur sa joue, dans son cou, sur son front.

- Tezuka, je... je...
- Ssshh... je sais, je sais...

Les caresses de Tezuka étaient apaisantes, ses mouvements réguliers réconfortants, et Oishi sentit tout son corps se décontracter.

- ... je t'aime.

La voix de Tezuka était ferme, solide, comme un roc auquel il pouvait se rattacher au milieu du silence de la pièce.
Oishi serra fermement le corps contre lui et n'osa pas répondre, certain que les mots "je t'aime" étaient beaucoup, beaucoup trop faibles pour exprimer ce qu'il ressentait.

_________________________

Il ne pouvait pas dormir.
Il savait qu'il n'allait pas dormir de la nuit.
Mais ça ne le dérangeait pas plus que ça.

La clarté de la lune suffisait à éclairer sa chambre dont les rideaux n'avaient pas été tirés et il pouvait regarder son petit ami dormir dans son lit.
Son petit ami...
Son "amant"...
... Tezuka...
Il ne dormait pas depuis longtemps. Une heure, peut-être.
Son sommeil ne semblait d'ailleurs pas bien profond, car le jeune homme bougeait fréquemment.
Mais Oishi se contentait de le regarder, espérant qu'il trouve le repos.
Il... avait tellement de choses à lui dire.
Mais à côté de ça il pouvait attendre.
Attendre que ces yeux marron s'ouvrent à nouveau et le fixent intensément, le faisant se sentir aimé, désiré.

Le regard d'Oishi glissa sur la silhouette nue de Tezuka quand celle-ci se déplaça pour une énième fois.
Le jeune homme était tellement plus adulte que lui.
Plus grand, plus beau.
Plus sérieux, plus intelligent, plus responsable.
Oishi soupira et remercia distraitement le ciel d'avoir amené ce garçon dans sa vie.
D'avoir fait en sorte qu'ils puissent s'aimer.

La silhouette poussa un long soupir et un bras se leva, se déposant sur son front.

Oishi fit un sourire amusé mais ne bougea pas.

Tezuka ouvrit les yeux et chercha son regard, encore un peu ensommeillé.

- J'ai dormi ?
- Pas longtemps.
- Hmm...

Tezuka s'étira et referma les yeux.

- ... ça va ?
- C'est la combientième fois que tu me le demandes, aujourd'hui ?

Oishi émit un petit rire.

- ... pardon.
- ... ça va. Et toi ?
- Je...

Oishi ne s'était pas attendu à ça.

- Je crois que je vais devenir totalement incapable de me passer de toi.

Là où quelqu'un d'autre aurait souri, Tezuka attrapa la main d'Oishi dans la sienne, entrelaçant leurs doigts.
Oishi émit un petit rire, plus nerveux qu'autre chose, et continua de regarder Tezuka.
Il n'avait plus aucune idée de tout ce qu'il voulait lui dire une fois qu'il serait réveillé.
Mais le silence était une habitude entre eux, et les quelques caresses de leurs doigts, leurs regards, suffisaient à faire de ce moment un instant... féérique.

La main de Tezuka sur la sienne lui fit se rendre compte de la distance qui les séparait en même temps que de la chaleur de son petit ami.
Il se rapprocha donc de Tezuka, se collant à son amant, laissant sa tête reposer sur sa poitrine.
Le bras de Tezuka vint automatiquement prendre sa place autour du corps d'Oishi, et ce dernier poussa un petit soupir d'aise.
Il était bien mieux installé comme ça.

... et il se souvint de ce qu'il avait à dire.

- Tezuka ?
- Hmm...?
- Tout... tout à l'heure... ça... euh... ça t'a plu ?

Oishi était content d'occuper la position qu'il occupait... Tezuka ne pouvait pas voir qu'il rougissait.
Il entendit un petit soupir et une main vint se placer dans ses cheveux.

- Oui.

Oishi ne trouvait que très rarement que le laconisme de Tezuka soit vraiment une gêne.
Mais aujourd'hui, il trouvait insupportable que son petit ami se contente de tellement peu de mots (même si bon, il était rassuré par la réponse).

- ... Oui comment ?

Oishi sentit la main de Tezuka descendre dans son cou puis le long de son dos dans une caresse presqu'imperceptible qui le fit frissonner de plaisir.

- Oui, ça m'a plu.

Oishi émit un petit grognement mécontent et la main de Tezuka descendit un peu plus bas, chatouillant la peau d'Oishi.

- Heeey !

Oishi se redressa en sursaut, un sourire aux lèvres qu'il ne pouvait empêcher.

- Si c'est comme ça, je peux m'écarter à nouveau.

Oishi se moquait que sa phrase ne soit pas très crédible (vu que son lit n'était pas bien large et qu'il aurait été difficile de dormir à moins de dix centimètres de Tezuka), mais s'écarta pour le principe, résistant à l'idée de tirer la langue à son petit ami.

Après l'avoir regardé fixement quelques secondes, Tezuka se redressa à son tour, se tournant vers Oishi puis fondant sur sa proie, ses lèvres s'emparant de celles d'Oishi, ses mains saisissant ses poignets, le plus jeune des deux garçons forçant son partenaire à s'allonger à nouveau.
Au bout de longs moments où le baiser passa de fougueux à quelque chose de plus voluptueux, plus serein, qui aurait pu durer toute la nuit, les lèvres de Tezuka s'écartèrent de celles d'Oishi, aussi abruptement qu'elles les avaient saisies.

- Tu oublies que tu es à moi.

Les deux garçons échangèrent un nouveau baiser, puis ce fut au tour d'Oishi de parler.

- Mais tu avais dit que si j'avais quelque chose à dire, il fallait que je m'exprime...
- J'ai répondu à ta question, Oishi.

Oishi attrapa un coussin et frappa allégrement la tête de son meilleur ami (après tout, pour une fois qu'il n'avait pas l'excuse de ses lunettes...).
En guise de vengeance, Tezuka saisit à nouveau ses poignets et ses lèvres s'attaquèrent cette fois au cou d'Oishi, mordillant la peau par endroits, se contentant de l'embrasser à d'autres.

- Tu sais bien que je voulais quelque chose d'un peu plus long !
- Hmmmmmmm.......

Tezuka continuait son travail, s'installant plus confortablement sur le corps d'Oishi en même temps qu'il jouait avec la peau de sa gorge.
Oishi ne put s'empêcher de pousser un soupir d'aise, se délectant de la proximité du corps de Tezuka, tentant de se coller un peu plus à lui, laissant une main courir dans les cheveux du jeune homme.

- Alors... comment ça t'a plu ?

Tezuka s'arrêta tout à coup, redressant la tête et se décidant enfin à en dire un peu plus.

- ... assez pour vouloir recommencer.

Et ses lèvres retrouvèrent la peau d'Oishi, descendant un peu plus bas, alors que ses mains parcouraient pour une énième fois le corps sous le sien, comme s'il le découvrait pour la première fois.
Bizarrement, Oishi trouva que cette réponse était beaucoup plus satisfaisante que la première.

- Hmm... Maintenant ?

Une nouvelle fois, Tezuka s'arrêta, se redressant sur une main et fixant le visage de son petit ami.

- Si tu en as envie.
- Là n'est pas la question, je te demande si 'toi', tu en as envie.
- ... je pensais que c'était évident.

Tezuka mordilla la lèvre supérieure d'Oishi et la relâcha rapidement, se demandant un instant comment Oishi faisait pour ne pas se rendre compte de son excitation.
Oishi se mit à rougir légèrement.

- Tu... tu veux qu'on essaye dans l'autre sens ?
- Seulement si tu t'en sens capable.
- Oh ben si tu l'as fait je peux le faire aussi, hein.

Oishi s'arc-bouta pour venir attraper les lèvres de Tezuka des siennes un court instant.

- Content de t'entendre dire ça.

Les lèvres des deux collégiens se retrouvèrent à nouveau alors qu'Oishi passait ses bras autour du cou de Tezuka, attirant le jeune homme encore un peu plus à lui.

_________________________________

Oishi eut le souffle coupé un instant et ferma les yeux.
Il fut ramené à la réalité par les lèvres de Tezuka partout sur son visage, faisant s'abattre une avalanche de baisers sur son front, ses joues, sa bouche, son nez, ses paupières.
Sa respiration retourna à la normale progressivement jusqu'à ce que Tezuka prenne la parole dans le silence de la pièce.

- ... ça va ?
- Je croyais que cette question était interdite.
- A toi seulement.
- Hmpf...

Les lèvres d'Oishi attrapèrent celles de Tezuka dans un baiser calme et velouté, alors qu'une des mains du collégien venait jouer avec les mèches de son amant, le garçon tentant d'oublier la présence étrangère à l'intérieur de lui.

- ... je n'ai pas eu ma réponse.
- Ca va.
- Sûr ?
- Tu es pire que moi, en fait, hein ?

Tezuka partit mordiller le lobe de l'oreille d'Oishi, semblant ne pas avoir écouté la question.
Oishi émit un petit soupir, sa main toujours dans les cheveux de Tezuka.

- ... tu l'as dit tout à l'heure... ça ne fait pas mal... mais c'est... un peu gênant.
- Ne t'inquiète pas, ça ira mieux après...

Oishi se laissa bercer par les paroles et les baisers de Tezuka, se rendant compte qu'il s'inquiétait beaucoup moins maintenant que lors de leur première fois.
... Leur première fois.
Un sourire se glissa sur les lèvres d'Oishi à ce souvenir pourtant récent.
Oishi fut sorti de ses pensées quand Tezuka osa un second doigt à l'intérieur de lui, et réprima une grimace.
Ce n'était vraiment pas très agréable...
... heureusement que Tezuka compensait parfaitement tout ça de ses baisers, de ses caresses, de ce regard à la fois rassurant et plein d'amour qu'il lui offrait.
Oishi leva une main, la glissant contre la joue de son amant, glissant entre les mèches éparses qui barraient son front dans tous les sens et venaient couvrir un de ses yeux par moments.
Il attira le visage à lui, leurs lèvres se frôlant tout d'abord avant de se retrouver vraiment dans un baiser étonnament prude, une légère caresse chaste de leurs bouches, contrastant totalement avec leur état d'excitation, avec le reste des caresses qu'ils s'offraient.
Oishi sentit une vague de chaleur se diffuser en lui et un mouvement des doigts de Tezuka lui fit pousser un léger gémissement qui écarta ses lèvres de celles de son petit ami.

- Tu vas bien ?

La voix de Tezuka était inquiète et précipitée, le collégien ne pouvant cacher qu'il avait peur d'avoir mal fait. Aussi confiant et rassuré qu'il avait semblé aux yeux d'Oishi, le jeune homme s'en serait horriblement voulu de... "râter" quelque chose ce soir...
Tout mouvement s'arrêta entre les amants avant qu'Oishi ne réponde.

- ... je n'ai rien dit. Si je n'ai rien dit c'est que je vais bien.

Oishi fit un sourire, heureux de pouvoir montrer à Tezuka à quel point sa réplique de plus tôt dans la nuit était agaçante.
Tezuka admit son erreur et embrassa rapidement Oishi.

- ... excuse-moi d'avoir demandé.
- C'était... c'était bon, ce que tu faisais juste avant, j'ai juste été surpris.
- Il ne me reste qu'à me taire et continuer, c'est ça ?
- Tu as tout compris.

Leurs lèvres se retrouvèrent une énième fois, ne semblant plus vouloir se séparer plus de trente secondes, alors que les mouvements de Tezuka reprenaient doucement, arrachant de légers soupirs à son petit ami.

- Hmm... Tezuka... tu... je suis prêt.
- ... sûr ?
- Sûr.

Tezuka se pencha en avant, déposant un baiser sur le front d'Oishi alors que ses doigts se retiraient. Après un nouveau baiser sur la joue d'Oishi et un troisième à la base de son oreille, le jeune homme se prépara, plaça une des jambes d'Oishi sur son épaule et s'enfonça lentement à l'intérieur de lui.
Oishi serra les dents, ferma les yeux, et tenta d'oublier la présence étrangère et encore légèrement incommode en lui, se focalisant sur les autres gestes de Tezuka, sur toutes ces petites preuves d'amour.
Il rouvrit les yeux au bout de quelques instants et chercha le regard de son amant.
Jamais il n'avait vu Tezuka ainsi, les muscles contractés, les yeux plissés, mais pourtant emplis d'une passion assez singulière dans l'apparence habituellement froide et calme du jeune homme.

- Oishi...

Le visage de Tezuka vint s'enfouir dans le creux de l'épaule de son compagnon.
Oishi se contenta de serrer le plus fort possible son petit ami dans ses bras et tout doucement, leurs corps se mirent en mouvement, de façon d'abord presqu'imperceptible.
Un léger balancement, un va-et-vient lent et mesuré, un rythme cadencé créé par eux deux, et seulement eux.
Le silence de la pièce fut rompu par quelques soupirs de plaisir, s'intensifiant au fur et à mesure des allers et venues, puis étouffés par des baisers passionnés renouvellés alors que les corps passaient à la vitesse supérieure.
Oishi resserra son étreinte sur Tezuka, oubliant tout, se laissant aller au plaisir qui s'emparait de lui de plus en plus sûrement, ne manifestant sa jouissance que par quelques sons étranglés qui sortaient de sa bouche à chaque coup de rein de son partenaire.
Il étouffa un cri en sentant la main de Tezuka se refermer sur son érection, serra encore un peu plus le corps de son petit ami contre le sien et se laissa totalement aller.
Et en quelques instants, tout fut fini, achevé par quelques cris, un baiser enflammé et un bien-être incroyable, semblant l'emporter sur absolument tout.
Le temps sembla s'arrêter complètement, jusqu'à ce que Tezuka s'écarte légèrement, se retirant de lui.
Oishi avait encore l'esprit enbrûmé quand il sentit un baiser déposé sur son front et le corps de Tezuka bouger, quitter le lit.
Par réflexe, il saisit l'avant-bras de son petit ami, l'empêchant de partir.

- Je reviens tout de suite.

Oishi lâcha prise et ferma les yeux, décidant d'attendre sagement là où il était.
Il entendit quelque chose tomber dans sa poubelle, puis le bruit de la porte de sa chambre et quelques pas étouffés.
Une minute plus tard, la porte se rouvrait, et Tezuka le rejoignit rapidement, glissant un baiser sur ses lèvres puis un linge frais, légèrement humide sur son front puis sur son corps.

- Graaaaande idée.

Oishi se laissa totalement faire, se sentant tressaillir sous les caresses du linge rafraîchissant sur sa peau imprégnée de sueur.
Le tissu perdit peu à peu de sa fraîcheur, et les caresses s'arrêtèrent, vite remplacées par un corps contre le sien et une couverture venant les recouvrir.

- ... Tezuka...
- Hmm ?
- Non, rien, c'est juste que je suis bien, là.

Tezuka déposa un nouvau baiser sur sa joue et s'installa un peu plus confortablement contre son petit ami.

- Tant mieux.
- ... D'ailleurs j'envisage de faire en sorte de me retrouver dans tes bras le plus souvent possible.
- Oh ?
- Hmm... enfin... j'étudierai la question plus tard...
- ... demain...
- Oui, voilà, demain...

Oishi ne put réprimer un baillement.

- Tezuka ?
- Je t'écoute toujours.
- Tu as intérêt à me garder dans tes bras toute la nuit.
- Je ferai en sorte.
- Je t'aime.
- Je t'aime aussi. Plus que tout.

Un léger silence prit place alors qu'un des pouces de Tezuka commençait à lentement glisser sur la peau d'Oishi, dans un mouvement répétitif et légèrement endormissant.

- Tezuka ?
- Toujours là.
- ... Bonne nuit.
- Dors bien, Oishi.

Oishi sentit un baiser déposé dans ses cheveux et résista à l'envie de continuer de discuter, sombrant progressivement dans les bras de Morphée.
____________________________

Les quelques semaines qui suivirent furent parmi les plus heureuses que vécurent les deux adolescents.
Chacun redoublait d'efforts pour faire plaisir à l'autre, chacun débordant d'attentions et de gestes pour l'être aimé.
Oui, vraiment, ils étaient heureux.
Les deux collégiens étaient quasiment collés l'un à l'autre, arrivant ensemble en cours, mangeant ensemble à midi, participant tous deux aux activités du club de tennis avant de rentrer ensemble à nouveau quand ils ne s'octroyaient pas une petite sortie.
Ils faisaient en sorte de se voir le plus possible juste tous les deux, et avaient pour l'instant réussi à se trouver quelques moments d'intimité, l'occasion d'échanger quelques baisers, quelques caresses, et des fois un peu plus...
____________________________

Ce jour-là, Oishi était arrivé en retard au club. Il avait chargé Tezuka de prévenir Ryuzaki-sensei et se dépêchait de se changer pour rejoindre ses amis (enfin, un en particulier, bien entendu).
Quand il sortit du vestiaire, il se rendit compte qu'une bonne partie du club était réunie autour d'un seul terrain, et se demanda ce qui pouvait attirer l'attention à ce point... Tezuka n'avait pourtant pas de match prévu aujourd'hui.
... peut-être Fuji.

Il rejoignit l'attroupement au pas de course et put enfin apercevoir ce qui générait tant de curiosité au sein de ses amis, un peu malheureux de voir que Tezuka se tenait de l'autre côté du cour.
Un troisième année jouait contre un garçon qu'il n'avait jamais vu.
Au bout d'une balle, il comprit pourquoi tout le monde s'était agglutiné autour du terrain... le garçon était... bon.
Et pas seulement bon, il était impressionnant de souplesse et de dextérité.
Rattrapant une balle en faisant un salto arrière, le garçon remporta le match.
Son adversaire s'approcha du filet et lui serra la main, reconnaissant sa défaite.

- Tu es nouveau au collège ?
- Oui !

Il se tourna vers l'ensemble des gens présents.

- Je m'appelle Kikumaru Eiji ! Mais vous pouvez m'appeller Eiji ^-^


*bonus part*

Aujourd'hui était un jour peu ordinaire dans la vie de Tezuka Kunimitsu.
Il ne savait pas vraiment pourquoi ni comment, mais il s'était retrouvé à faire les courses avec sa mère et ses deux soeurs aînées.
Sa mère était partie de son côté faire des courses alimentaires alors que les deux soeurs avaient mis le grappin sur leur petit frère pour faire le tour d'autes boutiques.
Et autant aider sa mère à porter les courses ne le gênait absolument pas, autant accompagner ses soeurs lui faisait craindre le pire.
Tampopo et Kako avaient fini par le traîner dans à peu près tous les magasins du centre commercial, et il se demandait sincèrement ce qu'il faisait là.
Non, sincèrement, ce n'est pas comme s'il était capable de juger si une robe allait mieux qu'une autre à Kako, ou s'il s'y connaissait en accessoires pour les cheveux.
(Il évita de justesse que sa grande soeur ne vienne lui coller une épingle dans les cheveux pour essayer de les discipliner.)

- Vous avez bientôt fini ?
- Kunimi-chan, je ne te savais pas si impatient.
           *nda : et oui, je sais que vu les kanji du prénom de Tezuka, c'est plutôt Kuni-chan,
            mais Kunimi-chan c'est teeeeeellement plus mignon !*

Tezuka remonta ses lunettes sur son nez et lança un regard meurtrier à sa soeur.

- Kunimitsu. Je n'ai plus six ans.
- Reste dans ton coin, tais-toi et sois beau.

Ah non, si elles s'y mettaient à deux, il était fini.

- Je rentre.

Il avait à peine fait un pas qu'il sentit ses deux bras attrapés et tirés en arrière.
Il avait beau être plus fort que ses soeurs, il n'avait pas envie de les malmener.

- Reeeeeeeeste.
- Oui, reste, Kunimitsu. On partage tellement peu de moments tous ensemble.
- Heureusement.
- Kunimi-chan, tu es méchant.
- Ku-ni-mi-tsu. Mon prénom est Kunimitsu.
- Juste un dernier magasiiiiiiin.
- Un dernier.
- Oui, juste un.
- Promis juré plus qu'un ?
- Promis juré !!

Tezuka remonta une nouvelle fois ses lunettes sur son nez et décida d'accepter.
Ses soeurs jettèrent donc leur dévolu sur une petit boutique de bijoux et d'accessoires où Tezuka se sentit particulièrement ridicule, vu qu'il était bien sûr le seul garçon à l'intérieur.
Il faillit rougir quand leur mère les rejoignit dans la boutique, ayant finit ses courses. Elle se contenta de s'approcher de lui et de lui sourire, attendant comme lui que Kako et Tampopo aient fini leurs achats.

- Kunimi-cha... euh, Kunimitsuuuuu, qu'est-ce que tu aimes ?
- ... j'ai le droit de répondre "rien" ?
- Non.

Tezuka jeta un regard peu intéressé sur le rayon.
Mais au final, un objet attira son oeil.

- ... ce collier.

Tampopo le saisit, plaçant sa main au niveau du menton de Tezuka de façon à voir si le collier lui irait.
Kako, la plus grande soeur, sembla étudier son petit frère avec beaucoup d'attention avant de délivrer un avis, alors que la mère de Tezuka semblait regarder d'un oeil amusé la situation.

- ... ça fait homosexuel.

Pas rougir.
Il ne devait pas rougir.
Non, il ne devait pas.
Il se rendit compte qu'il retenait son souffle et tâcha d'expirer le plus naturellement du monde, ce qui fut difficile.
Tampopo émit un petit rire alors que sa mère levait les yeux au ciel.

- Il le lui fauuuuuuuuuut !
- Tampopo !
- Mais maman, admets que ça lui irait bien !

La mère de Tezuka émit un petit soupir.

- Il te plaît, Kunimitsu ?
- Bah...

Tampopo lui avait laissé le collier dans les mains, et il le regarda de plus près.
Oui, il lui plaisait.
Il ne savait pas vraiment pourquoi, ce n'était qu'une petite pièce trapézoïdale au bout d'une chaîne, après tout... mais ça lui plaisait.

- ... oui.

Tampopo sembla exploser de bonheur alors que la mère de Tezuka faisait une petite mine renfrognée, attrapant le collier et mimiquant le geste de Tampopo un peu plus tôt, regardant comment il irait à Tezuka.

- ... c'est vrai que ça fait homosexuel...

Cette fois-ci, Tezuka se sentit rougir et ne put s'empêcher de remonter ses lunettes sur son nez pour une énième fois, tentant de cacher sa gêne.

- Moins que les épingles dans les cheveux, pourtant il en aurait besoin.

Tezuka décida que définitivement, il se passerait des arguments de Tampopo.

- Et puis, ça 'fait' homosexuel, mais ce n'est pas comme s'il l'était.

En fait, il se passerait aussi des arguments de Kako.
Non, en fait il allait tuer ses deux soeurs dès qu'ils seraient sortis de ce magasin.

- Tu es sûr que tu le veux, Kunimitsu ?

Qu'est-ce qu'il était censé répondre ?

- Bah... je l'aimerais bien.

Oui, c'était une bonne réponse.
Ca montrait bien qu'il pouvait s'en passer, mais que, bon, si sa mère voulait lui offrir il n'allait pas l'en empêcher.
Sa génitrice poussa un dernier soupir.

- Bon, je suppose que tu demandes tellement peu de choses que je peux bien te l'acheter...
- QUOOOIII ? Avec toutes les raquettes que papa lui offre ?? C'est injuste !
- Tampopo.
- Je peux pas avoir un collier aussi ?
- Non.

Au final, Tezuka réalisa que s'il avait insisté pour avoir ce collier, il ne l'aurait sûrement pas eu.

*bonus part - end*